C’est dans l’air du temps de cette putain de rentrée, on veut tous un peu changer de cap.

A qui de se marier, à qui de se suicider à grands coups de morphine, à qui de chercher un boulot qui donnera enfin un sens à une pauvre vie faite de tâtonnements aussi malheureux que variés, à qui de tout jouer à l’Euromillion et de tout perdre. J’ai conscience d’être votre petit rayon de soleil, de rien, c’est plaisir.

Force est de constater que Les Jours de Nos Vies (j’essaie d’attirer un public plus large sur mon blog, marrez-vous mais j’en ai ma claque des « elles bèse son père » et autres « blog fille enceinte baise des animals) nous laissent souvent un goût amer dans la bouche. Je suis sûre que vous, qui lisez ceci à l’abri de vot’bureau, recelez nombre d’inavouables misères. Vous passez vos soirées seuls à mater de vieilles redif’ d’Olive et Tom en vous goinfrant de céréales pendant que votre chat pisse sur le sol de votre salle de bain, précisément là où se trouve votre tee-shirt sale, vous regardez votre moitié jouer à faire parler sa bite et par la même occasion péter comme un vieux chien, ou bien vous errez de zinc en zinc à la recherche d’une âme bonne et simple. N’importe qui vous dirait que vous craignez un max, moi la première. Mais charité bien ordonnée commence par soi-même: moi aussi, je crains, dans mon genre.

Alors on rivalise à coup de bilan de compétence, formation professionnelle et autres léchages de croupion, tout ça pour se sentir un peu moins naze et un peu plus près de ce que notre égo surdimensionné nous pousse à être: beaux, jeunes et entreprenants et successfull.

Que n’ai-je écouté cette petite voix dans ma tête le jour de l’éclipse 1999, cette fois où j’étais sous ecsta sans le savoir, cette petite voix qui me jurait que mon destin était de ceux qui se paient cash et qui m’enjoignait à rejoindre le front des putes de luxe? Ce à quoi, du fond du fossé dans lequel je me trouvais, j’avais répondu « tu te touches, moi je serai écrivain » Voilà comment, bêtement, on passe à côté de son destin.

Donc en ce moment, comme vous mes agneaux, je cherche, je cherche, ce que je pourrais foutre de ma pauvre vie. Soyons honnête, c’est pas maintenant que je vais devenir pute de luxe. Et j’ai comme dans l’idée que le monde du livre se passe très très bien d’une autre tarée hystérique. J’ai plus trop envie de passer mes journées à servir des suggestions du moment, suggestion qui sont d’ailleurs passées par la case sol-crade avant de passer dans la case assiette-propre.

J’ai pas envie de répondre au téléphone. J’ai pas envie de faire des comptes. J’ai pas envie de faire du sport. J’ai pas envie de magasiner. J’veux pas faire des inventaires. J’veux pas serrer des mains. J’veux pas enseigner. J’veux pas faire le ménage chez les autres. J’veux pas écouter des connards déblatérer sur mon sofa. Je ne serai jamais G.O. Je ne serai jamais caissière. Je ne serai jamais ministre. Je ne serai jamais conseillère d’éducation.

J’ai conscience de me fermer pas mal de portes.

Dans l’idéal, j’aurais aimé être critique gastronomique. Ou vedette (si, c’est un job). Ou animatrice radio. J’aurais aimé ouvrir un bar-librairie. Bref, absolument rien de ce que j’ai pu faire jusqu’à présent comme boulot.

Je sais que c’est pareil pour vous et dans un sens ça me rassure de ne pas être la seule à  avoir raté le coche. Comme j’aimerai pouvoir compter toutes ses carrières étouffées dans l’oeuf, tous ceux qui sans le savoir, auraient fait de formidables putes de luxes

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