Femmes, c’est le printemps et il est de coutume de passer sérieusement à la casserole. Sitôt nos jupes et jambes sorties, nos fleurs aux balcons, ces « regardez-moi comment je suis trop bonne » en pavanant du derche comme la dernière des dernières, les burnés ne se sentent plus de joie. Mais qu’advient-il de nous si d’aventure la journée à battre bitume et open spaces nichons et jambes dehors en pavanant du cul comme la dernière des dernières nous avait non seulement épuisées mais aussi rassurées quant à notre potentiel érectible et dans cette optique réjouissante, qu’advient-il si monsieur affiche malgré tout le désir de nous mettre un coup dans la motte ? Alors que là, à brûle pourpoint, on a plus du tout envie ? Ce petit précis d’évitement à l’usage des baisses de libido ou des flemmes pour toutes celles, et elles sont nombreuses, qui ne sont pas encore capables de se fendre d ‘un ferme mais affectueux « J’ai pas envie, range ton braquemart ou je te colle une mornifle »

Le printemps, donc.

Je dis ça parce que je suis directement concernée, en fait.

Faut que je te dise que Pute, dès qu’il voit un rayon de soleil, ça devient le genre de gars à traiter au bromure. Par exemple, ce soir, il rentre :

« Mmm t’es bonne, tu veux pas que je te mette des trucs dans le cul, un peu ? »

Tu noteras que s’il ne dit pas « Mmm t’es bonne, tu veux pas que je te la mette dans le cul ? » c’est uniquement parce que j’ai réussi à ménager mon ultime chantage au mariage : « Pas de Mauboussin, pas de popotin », oui c’est nul mais ça rime. Oui c’est nul aussi à différents niveaux. Rigole mais en attendant, je suis peinarde.

Bref, donc, comment réagir me direz-vous, face aux avances subtiles et charmeuses de ton mec ?

La jouer grosse Tepu.

Aucune garantie que ça fonctionne, il y en a que ça excite encore plus. Mais bizarrement, c’est pas du tout le trip de Pute. Prendre une mine très sérieuse et répondre : « Combien tu me donnes ? ». Là, Pute tente de me rouler avec des chèques Kadéos mais non, j’insiste. A ce moment-là, il est à la fois énervé et passablement dégoûté par ma petite personne. J’insiste encore et Pute demande donc combien je veux. Là, je demande une somme rocambolesque.

« Je veux un million de dollars. ».

La jouer Sciences et Vie de la Terre.

Après qu’il se soit fendu la gueule cinq minutes, il va revoir à la baisse ses ambitions et te proposer une partie de jambes en l’air tout ce qu’il y a de plus bourgeois. Attendu que tu n’as toujours pas envie tu peux tout-à-fait, sans crainte, opposer que tu ovules, que ta pilule doit être changée donc tu l’as arrêtée et que les préservatifs sont périmés et/ou irritants. Tu peux aussi objecter que tu as tes ourses mais m’est avis que ton régulier s’en tamponne (not on purpose) au bout d’un certain temps ensemble. Si c’est le cas, parle-lui de la consistance de ces caillots qui te donnent tant de crampes.

« Tu vois Bob l’éponge ? »

La jouer Toute en Germes.

Si ton mec, à l’image du mien et comme la plupart de ces braves bêtes, est un phobique du germe, tu as de la chance. Quand il reverra une fois de plus à la baisse ses ambitions fleuries à ton endroit en quémandant une modeste flûte et si par chance et encore une fois comme Pute, ton mec n’écoute qu’environ 10% de ce que tu lui dis, tu pourras parfaitement sortir le buzzkill ultime :

«  Tu sais, ces antibio contre mes troubles urinaires ? Bah ils m’ont filé une mycose buccale, c’est la merde, non ? Regarde » Si monsieur est aventurier tu peux pousser plus loin mais pour cela il faut avoir renoncé à toute forme de moralité et toute notion de gêne. Tu appelles sa maman pour bénédiction : « Est-ce que votre fils est sensible aux mycoses ? Nan parce que j’en ai une dans la bouche et il veut quand même une fellation, alors je voulais vous demander conseil quoi. Hin, hin… Ah Oui… Bah c’est bien ce que je disais mais vous le connaissez, hein. »

Si tout se passe bien, tu seras tranquille pour un petit trimestre.

Allez pour finir, j’suis pas rate, pot-pourri des buzzkills :

  • Se déshabiller et serrer à mort les fesses, demander si on a beaucoup de cellulite, déclencher la dispute.
  • Lui dire que c’est le bon moment pour faire un enfant, on ovule en plus, c’est bath, déclencher la dispute.
  • Lui expliquer par le menu en quoi une femme saurait mieux nous satisfaire physiquement et émotionnellement alors que lui, gros bâtard, n’y comprend que dalle, déclencher la dispute.
  • Vomir, déclencher la dispute.
  • Lui demander si on a les seins qui tombent et lui démontrer preuve à l’appui que oui, cf la technique infaillible de Jeunes et Jolies qui consiste à coincer un crayon sous son nibard, déclencher la dispute.
  • Le demander en mariage, déclencher la dispute.
  • Aller sur www.poesiesetcitationsdamour.com et lui réciter ça :

    A Mon Magicien Du Bonheur

    Ce soleil dans ma vie,
    C’est à toi que je le dois.
    Tu as fait de ma vie
    Un rêve merveilleux
    Que je vis dès que j’entends ta voix,
    Dès que tu m’emprisonnes
    Par la douceur de tes baisers,
    Par ta tendresse.
    Avant toi, je n’ai connu que les larmes
    Et les détresses
    Mais, jour après jour, tout doucement,
    Tu as transpercé mon coeur,
    Pansé les plaies du passé
    Et montré le chemin du bonheur.
    Au coeur de l’hiver,
    Tu as fait de ma vie un oasis en plein désert,
    Fait jaillir la couleur du futur,
    Mis une telle lueur sur mon trottoir
    Et un tel feu dans notre histoire
    Que j’ai encore du mal à y croire…

    Merci mon Magicien
    Pour tant de bonheur
    Je n’y croyais plus…

     

Si en plus tu peux faire la moule avec ton menton, c’est gagné. À moins que ton mec ne soit en réalité Patrick Fiori, y’a de grandes chances pour qu’il débande aussi sec.

 

Je suis d’accord, tous ces conseils sont plus cons les uns que les autres mais en même temps, tu m’as déjà vue donner de bons conseils ?

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