Perso, j’ai toujours eu deux vrais gros problèmes dans la vie → la concordance des temps et gérer mes émotions. Ouais, ouais, je sais, ça te troue les miches mais c’est la stricte vérité. Et je parle de l’émotion au sens large. Émotions du latin motio action de mouvoir, mouvement et dont la définition est disputée par les différentes écoles des Redresseurs de Sens; qui sont pour moi la peur, la colère, la tristesse, la joie, l’envie, le dégoût, la satiété, la frustration et patin-couffin.
Ça a commencé à me poser problème tout de suite. Ma daronne se plaisait à me raconter son impuissance face à la putain de terreur que m’inspiraient les mouches de ce bout de ferme que nous louions l’été à Romilly-la-Puthenaye, ou l’embryon de crainte face à la putain de colère qui pouvait me prendre quand il était question de s’aventurer à toucher à mes Polly Pocket.
J’ai du mal à gérer mes émotions. La preuve, j’adore Francis Cabrel.
J’ai des réactions parfois inappropriées aux circonstances, soit qu’elles soient extrêmes (je t’avais prévenu) ou qu’elles soient source de confusion pour la personne qui les reçoit et pour ma pomme, obviously, c’est un peu toujours la MERDE.
À l’école je t’explique même pas comment ça m’a posé problème. Enfin si, sinon aucun intérêt.
Je me souviens d’une visite de la médecine scolaire en CP et de la surprise du médecin devant mon corps couvert de bleus. Le truc c’est que je venais d’apprendre à faire du vélo, j’avais passé l’intégralité du weekend précédent à me vautrer dans les groseilles à maquereau, je revois encore mes jambes et mes bras dans le bain le soir, soldat à terre et fière de toutes mes contusions.
Le médecin les a bien évidemment regardées avec beaucoup de méfiance. Il me regarde avec circonspection quand je lui dis, gros pou, que j’ai appris toute seule à faire du vélo. Il insiste, il ne me croit pas. Du coup qu’est-ce que je fais? Hyper normal, je me mets à chialer comme un veau. Le médecin en conclue qu’on me fouette tous les soirs avec des dictionnaires et qu’on prend ma peau pour du bacon. Non, j’ai appris à faire du vélo. Je n’ai pas eu peur. Je l’ai fait toute seule. Pourquoi il vient me faire chier mes parents et moi? Et pourquoi j’ai pas une tête à apprendre toute seule? Et pourquoi il me dit pas bravo, ce connard, comme Mme Coinon?
J’étais en CM2 quand j’ai perdu mon père. Je me souviens d’être très vite retournée en classe. Peut-être un peu trop tôt selon moi mais définitivement WAY TOO EARLY au goût de mon institutrice qui décida que je dérangeais et que l’élève Vieux Félin serait mieux dehors dans la cour que dedans à terroriser toute la classe. Je passais mon temps à avoir des fous-rires. Je suis en classe → je me souviens que mon père est mort → je convulse de LOL → je chiale ma race → je convulse de LOL → je chiale ma race → je convulse de LOL .
Avec le recul, I totally get it…
Trois mois plus tard, un concours présidé par Émir Kusturica est organisé dans les écoles du département autour de Jonathan Livingston le goéland. Mon école présente une nouvelle que j’ai écrite en gardant la même structure narrative que pour le piaf et dans laquelle je plagie mot pour mot Michel Sardou sans que ça dérange personne. Mon école gagne ex aequo avec Gasny qui était automatiquement premier en acceptant de recevoir de la cérémonie. Je ressens alors une vraie pure joie et puis aussi un truc chaud couler le long de mes jambes: mon urine.
Quand je suis content je vomis, disait Simon Jérémie, la vedette du film Red is Dead, moi je me pisse dessus. Dieu préserve j’étais en robe pour faire joli et Dieu préserve j’ai caché mon slip dans le car du retour. Ni vi ni connu j’t'embrouille. Mais quand même. Tu comprends.
Donc quand au téléphone DL m’explique par A + B en quoi le dernier pitch que je lui ai envoyé et que je crois être une pure merveille ne convient pas, au lieu de lui faire comprendre que je ne suis pas triste mais que j’ai peur de ne pas y arriver, je me mets bien classiquement à lui morver dans les feuilles: top crédibilité. Je me dis que je vais encore passer pour une débile mentale.
- Mais tu sais, il y a des scénaristes pro, des gens dont c’est le travail depuis vingt-ans, qui sont comme toi et qui rament et qui n’ont pas encore trouvé.
- Dans quel monde c’est censé me rassurer, cette information?
- Je sais pas sur quelle planète tu vis mais sur la mienne, c’est la réalité, triste ou pas.
- Fait chier putain MERDE.
- Le plus difficile, c’est toujours de laisser tomber ses idées.
- C’est le mot de la fin, tu crois?
- Aucune idée. Après tout, c’est toi qui écris.
Puisque j’écris, je propose un verbe.
Larmire
Je larmis
Tu larmis
Il/elle larmit
Nous larmions
Vous larmiez
Ils/elles larmient
Et puis si le vélo ne s’oublie pas j’espère qu’écrire s’apprend, maybe avec du sel, de l’eau et du sang.


Combien de chutes avant d’arriver à pédaler sans les mains ? Perso je n’y arrive toujours pas et je conchie ceux qui me dépassent en sifflotant, les bras croisés d’une manière faussement nonchalante.
Remonte en selle, enlève-moi ces petites roues et fonce. Et si vraiment ça fait trop mal quand tu tombes, mets des protège-genoux.
Je t’aime.
Qu’est-ce qui te prends? On a changé tes anti-douleurs?
Je t’aime.
Et je sais pas… Haie contre gamine de six ans, c’est la haie qui gagne en tout cas.
Je dis que tu es capable d’enfiler le maillot jaune, même s’il faut se faire pécho au contrôle anti-dopage.
Toujours à pondre des pitchs ?
Madré des dios, t’es motivée.
Hier j’ai découvert que Direct 8 avait honteusement piqué mon pitch de sketchs.
Ya 2 ans je reluquais sur un concept de "caméra café" version Pôle emploi, la Poste, etc.
Enfoirés, c’est super mal joué/tourné/réalisé en plus.
Putain je hais la télé.
Gamin de 34 contre la Haie-ne, c’est kikigagne…
Quand tu sais que chaque chose imaginable dans le monde se produit, c’est pas insensé de penser que vous soyez plusieurs sur une même idée. Quant à la qualité du rendu, il s’agit de Direct 8, pas des masses de budget, donc le résultat en pâtit vraiment quand de surcroit les chaînes imposent leur idée de ce que les gens veulent voir (de la merde, ils sont les premiers au courant), le fédérateur familial de 7 à 77 ans, ça donne du popo mou, dans environ 81.25% des cas recensés.
"If you can think of it…"
http://3.bp.blogspot.com/_TUTapt-co9A/Sao6HXFdhnI/AAAAAAAAALw/vDw-fuv65og/s1600/PornOfIt.jpg
VF j’ai de l’amour dans mon sang à cette lecture. Admiration jusqu’au Kirghizistan pour tes mots. Et je larmis en coeur avec toi, mais de joie que tu existes.
Genre.
On se connait?
Non, justement.
Que la force gyroscopique soit avec toi jeune padawan !
Espérons que DL connait son job. A part ça, lire "Gasny" me met un sacré putain de coup de vieux. Ça me rappelle mes étés de gosse à faire des conneries avec les cousins à Authevernes, Gamaches, Gisors, et Gasny donc. Pfiou.
Aaaah Gasny, son château d’eau, son Intermarché, son héroïne et son Nicolas Rey…
Romilly-la-Puthenaye (ça ne s’invente pas, hein)
Orthographe efficacement plus suggestive.
C’est pas que je te souhaite spécialement d’en chier avant d’y arriver, loin de là… Mais en même temps, pour être honnête, si tu nous avais annoncé que HOP t’avais touché au but comme ça, trop facile, du 1er coup, je crois que je t’aurais un petit peu détestée très fort.
Et si t’avais pas peur, si toute cette histoire ne levait aucune émotion chez toi, je crois aussi que je ne miserais pas un kopeck sur tes chances d’y arriver. Ou tout du moins, je me foutrais royalement des tribulations de cette meuf über blasée.
Mais juste, dans ce futur plus ou moins proche où DL t’appellera pour t’annoncer que cette fois c’est le bon, que ton pitch vaut la peine qu’on mise dessus, j’espère sincèrement pour toi que tu seras en robe ce jour là…
(sourire)
"j’espère qu’écrire s’apprend, maybe avec du sel, de l’eau et du sang"….. et un peu d’alcool peut être..
http://www.planetesante.ch/Mag-sante/Ma-sante-au-quotidien/L-alcool-permet-il-de-mieux-ecrire
Pardon mais BULLSHIT.
Je pense effectivement qu’il y a une corrélation entre troubles psychiatriques et écriture. Que tous les artistes ont une fracture qu’ils soignent ou blessent avec leur art.
Ok les drogues désinhibent mais je peux t’assurer que bourrée, ou décalquée à quoi que ce soit, j’écris de la merde. Même si on est d’accord sur le moment je crois que c’est Ulysses.
C’est parce que t’aimes Francis Cabrel que tu parles de troubles psychiatriques?!?
(pour le reste j’acquiesce, l’écriture est une Odyssée..)
C’est le point commun entre alcoolisme et écriture en tout cas. Nan Francis Cabrel, c’est juste qu’il est comme moi, il a BEAUCOUP de mal à gérer ses émotions.
Que ceux qui pensent que Francis s’est fait violer enfant lèvent le doigt:
"Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire, j’entends…
Quelqu’un a touché le verrou (…)
Dans les premiers moments j’ai cru qu’il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule"
Si tu avances pendant que je recule…
la chambre noire c’est le "toril", l’espèce de box dans lequel on enferme les taureaux avant le début de la corrida… je pense pas que ça ait un quelconque lien avec de la pédophilie, mais bon je connais pas Francis intimement..
Pardon, j’ai trompé, c’est pas le toril, c’est le chiqueros (merci Wikpédia!)
Dans les deux cas il s’agit quand même d’avoir mal au cul.
puis
Houuu la vilaine
(merde va vraiment falloir que je refrain les drunkposts, pardon pardon)
L’écriture c’est coudre ou découdre une plaie. Choisis-là soigneusement et prends des épingles à nourrice ou bien tire sur le fil de suture.
Si pas de plaie ouverte, choisis une cicatrice fraîche et gratte la croute à vif. Parfois faut y aller profond…
Quelque-chose me dit que plaies et cicatrices, ce n’est pas ce qui te manque.
Winston Churchill avait promis des choses au moment crucial.
Courage VF.
J’aime bien ce verbe mais après réflexion je propose une autre conjugaison et même une autre orthografe:
Larmir
Présent de l’indicatif
Je larmois
Tu larmois
Il/Elle larmoit
Nous larmoyons
Vous larmoyez
Ils/Elles larmoient
Mais restent pas mal de temps à définir.
Ca pourrait donner :
Nous larmoyâmes une éfébure puis elle se reprit, se raidit, et nous nous réconciliâmes aux sons d’une vagination amoureuse.
(Booba style)
Ah… ça me rappelle un truc que j’avais écrit à une femme de ma vie… je me cite :
"c’est ptet ça qu’on appelle grandir, enlever le voile sur le Blanc terni de la vie et sur le Noir délavé…force est de constater qu’on l’enlève plus facilement à la paille de fer qu’à la chamoisine…"
un "3615 my life" sous couleur de message compatissant.
Amitiés
Je crois que pour déceler certains troubles psychiatriques de l’ordre de la bipolarité, on devrait ajouter "aimez vous les chansons de Francis Cabrel?" aux questionnaires de diagnostic.