En début de semaine dernière, je te rameutais pour rien avec de la publicité mensongère qui n’était que le compte-rendu de ma fibroscopie mais comme je ne suis toujours pas une garce, je me suis dit qu’aujourd’hui  - dans l’optique de passer un lundi aux couleurs plus chatoyantes que le cul d’un chat au soleil – la moindre des choses, ce serait que je te parle de sperme.

Ça n’est que tout récemment que je me suis vraiment rendue compte qu’on était pas toutes égales face au sperme. Par exemple, j’étais très choquée d’apprendre que certaines de mes potes – dont le solfège n’est pourtant plus à démontrer, loin s’en faut – ne faisaient à leur(s) homme(s) que des finitions à la main. Pourquoi ne pas se laisser éjaculer dans la bouche, comme tout le monde ?
On me dit qu’on a peur de l’effet karcher, on me dit que le sperme, c’est pas bon, on me dit que c’est sale d’avaler ça.

À chacune, j’avais envie de répondre qu’elles vivaient dans l’erreur. Et que si le foutre avait un autre goût, admettons comme un genre de fontaine de Coca Zéro ou tout  simplement goût Valium, tu nous verrais toute la journée, moi la première, accrochées à la bite de quelqu’un et ainsi, les teubs flétriraient aussi sûrement que la croissance démographique.
Et on serait des genres de bonobos super endettés…

Non, pas Oh wait…

Sans aller jusqu’à croire que chaque femme avale ça comme la nana des yaourts Perle de Lait, je nous croyais – dans l’ensemble – beaucoup plus sperm-friendly. Quand je suce, j’ai pas envie de la sortir de ma bouche au dernier moment : c’est n’importe quoi…  Digne et choquée, je me drapais dans ma passion pour le foutre.

Triste constat qui n’avait pourtant pas l’heur de s’arrêter là.

Hier, j’étais tranquillement installée devant un p’tit boulard en demandant rien à personne. J’attendais le moment où quelqu’un allait se faire bouffer la chatte en critiquant silencieusement la technique de l’actrice qui s’en prenait plein les amygdales. C’est à ce genre de choses que je pensais. Que non seulement, elle s’y prenait comme un manche et qu’en plus elle avait l’air débile à se forcer à être « jolie ». Je pensais qu’ y’avait parfois un pont entre les bonnes pipes et ce qui est télégénique…

Et là, la fille t’attrapait ça du bout de ses ongles rectangulaires, sans perdre de l’œil la caméra, occupée à sourire comme la dernière des dauphines Miss France et je trouvais que la scène manquait cruellement de salive et de concentration. J’en suis venue à penser au facial lorsqu’elle s’est tendue, langue en avant, œil vide et que j’ai réalisé que j’avais attendu une hypothétique scène de bouffe-motte pour rien.

J’ai éteint. Je devrais trouver de meilleurs boulards…

Ma sœur dit la même chose du risotto,  mais je comprends pas cet engouement autour de l’éjaculation faciale. Du sperme, je m’en suis déjà collé un peu partout. Ventre, reins, fesses, seins, cheveux – et même un jour sur mon manteau dans une rame de la ligne 13, mais je pense pas que cette dernière compte vu que j’avais comme qui dirait pas vraiment donné mon accord à ce gros dégueulasse – mais néanmoins, je reste open quand il s’agit de sortir les pinceaux.

Pourtant, le facial, j’ai beau chercher, rien. Aucun amant ne m’en a jamais réclamé, je ne sais pas pourquoi.  Et puis il faut dire que l’occasion ne s’est jamais présentée, étant entendu que si on me tend une bite je la garde. BAM, je suis pucelle du facial cumshot.

Il était temps pour un rapide examen de conscience. Puis-je réellement hurler à l’outrage, critiquer les fellations d’une actrice et me draper dans ma passion du foutre si mes copines me confient qu’elles sont pas fana de la pipe quand moi-même je n’ai pas la prétention de connaître la sensation de se prendre une flaquée tiède sur les sourcils ?

Ce serait aller bien vite en besogne. (Oui, je parle comme Marcel Pagnol en ce moment.)
Je m’en suis donc ouverte à Pute, qui dormait, parce qu’il était tard genre trois heures du matin. Heureuses sont celles qui se ménagent encore des virginités à trente ans passés. Et qu’ont que ça foutre.

VF : Pute…
P : …
VF: Pute…
P: Hein ?
VF: PUTE.
P : …
VF : Pourquoi tu m’as jamais éjaculé au visage ?
P : Maman ?

J’ai allumé la lumière.

P : Putain mais ça va pas ?
VF : Tu m’as jamais éjaculé au visage, en presque dix ans. Ni personne d’ailleurs.
P : Ah bon ? T’es sûre ?
VF : Pourtant, t’aimes bien, non ? J’veux dire, t’en mates souvent en private party et pourtant tu m’as jamais demandé… Pourquoi ?
P : Parce que je te respecte.
VF : Non mais sérieux.
P : J’en sais rien… Je suis très content comme je suis.
VF : Genre, t’es content toi. Allez, fais-moi la Zone T, bébé.
P :…
VF : PUTE !
P : Hmm.. Ok mais vite fait.

La première fois que Pute arrive au bord de l’orgasme, je ne peux résister à la tentation de me la taper sur le front en louchant.

P: T’es sûre que tu veux pas faire ça classical? Tu me suces et tu craches sous mon oreiller?
VF: Aucun intérêt, je t’aurais jamais réveillé pour ça.
P: C’est bien ce que je pensais…
VF: Bon, on y retourne.

Pendant que je m’activais, industrieuse, je pensais quand même mine de rien à la tête qu’il était convenu de tirer en de pareilles circonstances, parce qu’à un moment donné il aura envie de jouir et là quelle tête je vais faire ? En plus on dit toujours que j’ai l’air fâché parce que je fronce beaucoup les sourcils… Je vais quand même pas sourire ? Je vais prendre l’air sale ? Ouais, je vais prendre l’air sale de la meuf un peu chtarbée et assoiffée de foutre… Je vais sourire, ouais, mais surtout faut garder l’air sale.

P : Je vais jouir…
VF: …
P: C’est quoi cette tête, mon Dieu?
VF: Kate Middleton…
P: …
VF: Tu bandes plus?

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