Bonjour tout le monde,

Cette entrée en matière n’est bien sûr pas à prendre au pied de la lettre, même si ça fait un bail que je ne t’ai pas écrit et que je ne me suis pas plainte de quelque chose, il reste toujours un bon nombre de personnes que j’envoie bien cordialement se faire foutre et à qui je ne souhaite pas spécialement moins en ce jour qu’une météorite sur le coin de la gueule.

Ça c’était pour le cas où tu demanderais si j’avais changé, dans le fond.

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Bon, ça fait combien de temps, là ? La dernière fois je crois que je te parlais d’un débile, ça doit bien faire deux mois.

Pendant que je suis en train de rassembler la somme de tout ce qu’il s’est passé depuis l’histoire du petit débile Gonzales – l’exposition Game of Thrones d’Amsterdam, la saison 3 de Game of Thrones, le gode trop gros El Bally Matador que j’ai mis 256 kg-calories rien qu’à sortir de ma boîte aux lettres, le vœu de chasteté prononcé suite à 18 années de bons et loyaux services en matière de trois-pièces* et aussi il est vrai, suite à l’essai de l’engin susmentionné – je me dis que chaque évènement aurait mérité un billet à part entière.

Le seul problème, c’est que je les ai pas écrits. Vu que je blogue plus trop.

C’est comme la littérature et mon désir d’y apporter contribution, finalement. On peut dire que j’ai renoncé à écrire un roman. Et si, par le plus grand des hasards, je n’étais pas auteur ? C’est la question que je me pose, vu que je suis pas foutue de finir une histoire.

Et est-ce qu’elle a réellement besoin de nombrilisme et de nouvelles fautes d’accord, la littérature ?
Je ne crois pas.

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Le sexe et l’ambition, j’ai fait une croix dessus parce que c’est hyper dangereux quand t’as le cœur tendre; tu peux finir par avoir des enfants et sombrer dans la cocaïne, ça rapporte que des emmerdes alors petit à petit, lessives de linge après lessive de murs, joint après plinthe, les questions que je me posais rapport à mes velléités littéraires trouvèrent leur réponse.

En temps normal, mon appart sent le furet et il fut une époque pas si lointaine où je faisais pousser des vers dans mon bac-à-légumes et c’est arrivé sans crier gare. Je m’installais à mon bureau, avec son bon gros tas de merde dessus, celui où t’as que le clavier qui dépasse, on oublie la souris, on l’a pas revue depuis le mois de janvier. Et là où d’ordinaire je me mettais à écrire en ignorant l’insalubrité de la pièce, j’ai commencé à me dire qu’à la place, je ferais mieux de faire une lessive pour les gosses et de nettoyer cette saloperie de cuisine.

Alors au lieu d’écrire, je me suis mise à faire le ménage, partout sauf sur ce bureau qui ne m’apportait plus qu’une amertume amère. J’ai trié les playmobils, les duplos des legos et des petits cailloux. J’ai relavé l’intégralité du textile de l’intégralité de mon foutu appartement, aspiré les sols jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucune poussières.

El Bally Matador et l’abstinence ?
J’astique le fridge, ça se voit pas ?

Amsterdam ?
No way, je repasse les bodies de Grumeau.

Game of Thrones ?
J’peux pas, je dois soulever les meubles pour voir si il y aurait pas des squames à ramasser.

PASSION  MENAGE, qu’on m’appelle.

Ce matin, je lisais Titiou Lecoq aux toilettes. J’avais repéré son dernier article sur Facebook et je sais pas toi mais vu que je ne supporte pas de rien avoir à lire dans ces moments-là, je l’avais comme qui dirait gardé sous le coude.

Ok SUE ME. Que celui ou celle qui n’a jamais fait ça me jette la première pierre. Il parait qu’aux chiottes, la nécessité de se « défaire » d’une partie de soi-même est très couramment associée au besoin d’ « absorber » quelque chose en échange.

Alors t’en as qui s’énervent avec leur unique jeu sur portable et qui assènent des « LA PUTAIN DE SA RACE DE MERDE », comme Pute ; t’en as qui chantent « Z’entends, z’entends, Z’EN-TENDS LA PIE QUI SAN-TEUH » comme Culculine et Grumeau ; moi je lis et je ferme ma gueule, comme la plupart des gens normaux.

Maintenant, j’imagine qu’il y a des gens qui doivent manger aux toilettes et je me dis qu’il faudrait peut-être leur venir en aide.

Tout ça pour dire que je tiens Titiou Lecoq en haute estime et que je la lis et pas toujours aux toilettes.
Là, elle parlait serpillère et vie d’artiste alors j’étais suspendue à mon iPad.

A la fin du billet, j’ai constaté deux choses : j’avais envie énormous de récurer son appartement, le mien étant trop propre pour pouvoir vraiment m’éclater avec la javel. Et deux, j’avais envie d’écrire un billet.

Un billet qui dirait par exemple: celui qui a dit que l’argent ne faisait pas le bonheur était complètement con. C’est pas énorme ce que m’a légué mon grand-père mais je me sens quand même vachement mieux en ayant acheté des fringues et des livres à mes enfants, des suspensions en forme de nuage pour le couloir de leurs chambres, en faisant un mois de cadeaux Game of Thrones à ma sœur et en m’achetant du Tumult, la nouvelle boisson Coca-Cola qu’est proprement imbuvable mais seulement les deux premières minutes et surtout, un nouvel ordinateur.

Vierge. Sans mes lettres, mes textes, mes billets de blogs et mes avortons de romans.

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J’ai briqué mon bureau, je l’ai mis au monde comme une grande, j’ai pris connaissance des conditions d’utilisations de Windows 8 aka Oh-my-God-it’s-Teletubbies-all-over-again, téléchargé la version d’essai de Microsoft Office et ouvert Word.

Et c’est comme ça qu’on tourne des pages, faut croire.

Voilà pour les nouvelles, sinon, je pars une semaine dans une bergerie en Ardèche. Merci Papy.
Et vous, ça va ?

* Quand j’ai eu 27 ans, je me suis rendue compte que j’avais passé un cap, appelons-le Horny : j’avais passé plus de la moitié de ma vie dépucelée et j’ai eu comme un regret. Ça n’a rien à voir avec ce que je disais mais je tenais à ce que ça soit dit quelque part.

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