Pickpockets

Si tu me demandes, de but en blanc, de quel côté je me trouve entre ceux qui respectent la loi et ceux qui pudiquement par exemple lui chient dans la bouche, je te dirais que je suis sage comme une image: alors ok ; je fume un peu de stupéfiants, je rends pas toujours les livres de bibliothèque, je télécharge des séries, je resquille le train et ok avouons-le, il peut m’arriver, sporadiquement, de carrave des trucs dans les grandes enseignes capitalistes mais c’est toujours des trucs supersentiels.

Ce que j’appelle les trucs supersentiels, ce sont tous ces produits dont tu n’as absolument pas besoin mais dont on t’a dit que t’en avais besoin pour te sentir vivante, normale, bien, tu vois le truc ?

Les lingettes Décolor’Stop, le maquillage, ce genre de conneries… Rien à foutre non mais qui est suffisamment riche, superficielle et conne pour claquer 15€ dans de l’Huile Extraordinaire Elsève de L’Oréal ? Pas moi. Moi, je suis juste suffisamment superficielle pour convenir que ce produit est absolument essentiel pour moi, et pour ma fille, qui a majoritairement hérité de ma nature de cheveux : ce gigantesque trou-noir crépu et frisé qui avale les insectes et les peluches.

J’aurais pu économiser sept lignes en te disant que je ne vole que le luxe mais faut croire que les mots sont gratuits et que j’ai toujours pas retrouvé mon esprit de synthèse, faut croire aussi que ça serait pas tout-à-fait vrai.

Ok je suis une grosse voleuse. 

Ok j’ai participé avec un groupe de copines à la faillite d’une enseigne Yves Rocher dans les années 90. C’est pas beau, je m’en vante pas. Je travaille là-dessus, toute seule, dans mon coin.

Et je fais des progrès chaque année, tiens, déjà je me sers plus de la poussette et par extension de mes enfants pour planquer des trucs. Ils sont way trop grands pour que je puisse encore me permettre d’être 100% moi-même avec eux, faut qu’ils évitent de savoir trop tôt sur quel genre de parents ils sont vraiment tombés. C’est important.

Anybref cette digression, à l’instar du Paris-Limoges, ne va nulle part et comme d’habitude, je sais plus du tout où je voulais en venir avec mes conneries….

Si !

Samedi 13 juillet 2013, 17h, Leclerc de province, VF, Pute, Grumeau, Culculine, population/m² : 56.

« Quelle idée de faire ses courses un samedi soir ? » tu me diras, bah justement c’est ce que je disais à Pute qui matait un groupe de jeunes filles bravaches dont la plus grande, filiforme, devait dépasser les 2m05.
VF : Sérieusement, pourquoi ? C’est la merde de faire les courses le samedi ! Si j’avais voulu me prendre autant de mains au cul, j’aurais passé plus de temps avec mon grand-père.
Pute : Oh bordel mate l’engin, elle est plus grande que Prolo…
VF : Je déteste faire les courses.
Pute : Tu dois avoir l’impression de baiser avec un phasme, regarde-la, putain !
VF : J’aime pas ma vie, là… maintenant. Tu devrais pas la prendre en photo, ça risque de l’énerver… Et elle te botterait le cul… Après mûre réflexion fais-toi plaisir.
Pute : Allez fais pas la gueule, viens, on va aux surgelés.
Grumeau : Maman, je peux avoir une masse d’arme ?
VF : Non.
Grumeau : Papa, je peux avoir une masse d’arme ?
VF : Non.
Grumeau : Mais je veux une masse d’armes pour fumer les malporcs !!!
VF : Non. Ça suffit, t’as déjà pas fait grand-chose pour mériter tes 3 paquets de babybel.
Grumeau : Maman, c’est où le rayon masse d’armes ?
VF : On ne dit pas « c’est où ? ». Où est, bon sang, « où est ».
Grumeau : Maman, où est le rayon masses d’armes ?
VF : Y’en a pas, tu m’énerves. Les masses d’armes, c’est interdit aux petits garçons qui embêtent leur maman, c’est que pour les sociopathes vierges qui traînent sur World of Warcraft.
Grumeau : C’est quoi ?
VF : Un jeu de rôle sur internet.
Grumeau : Cool, tu peux le télécharger ?
VF : NON.

Arrivés en caisse, j’ai regardé Pute qui regardait exprès en l’air pour pas avoir à payer, j’ai voulu sortir mon portefeuille et c’est là que je me suis rendu compte qu’il était plus là.

Fuck.
Shit.
Fuck.

Je retourne ma besace sur laquelle apparemment y’a écrit « SERS-TOI, MON FRERE », Pute regarde la caissière et lui ricane que « y’a tellement de poches, dans ce sac, on pourrait chier d’dans. » mais on dirait qu’elle n’a jamais vu la performance de Marie-Anne Chazel dans Les Visiteurs parce qu’elle ne rit pas. Je ne ris pas non plus, remarque.

Chat-Bite

VF : C’est quoi cette monumentale MERDE ?
Pute : Prends les clés et va voir si il est pas tombé dans le camion.
VF : MAIS JE L’AI PAS SORTI DE MON SAC.

Quelques secondes plus tard, j’agresse l’Employée de la Caisse Centrale*. Bien sûr, je n’ai pas vu mon fils qui a jugé opportun, du haut de ses cinq ans, de suivre sa mère partout où elle aille.

VF : C’est quoi cette saloperie de magasin où on se fait faire les poches ?
ECC* : Comment ?
VF : Sortez les vidéosurveillances.
Grumeau : Sinon on te tue à la hache.
VF : Qu’est-ce que tu fais là, ça va pas ? Retourne avec ton père. Non mais reste-là, reviens,  tu serais foutu de te perdre, ça serait bien dans le ton de cette PUTAIN de journée de MERDE.
ECC : Vous pouvez arrêter de jurer ?
VF : J’ai perdu mon portefeuille, sauf que je l’ai pas sorti de mon sac, donc à moins qu’il ait sauté tout seul, il est pas déraisonnable de penser que je me le suis fait barboter chez vous.
ECC : Ben je peux rien faire pour vous, Madame, refaites un tour du magasin.
VF : Vous avez entendu la partie où je dis que je l’ai pas sorti de mon sac ?
ECC : C’est sûrement un pickpocket alors, il y en a beaucoup le samedi, faut éviter de faire ses courses les jours de grande affluence…

C’est à ce moment précis que Pute, l’homme qui choisit bien son timing, a choisi de réapparaître.
Pute : Odile, je vous avais pourtant bien dit qu’avec la recrudescence il ne fallait pas laisser votre sac à terre ! Regardez, il est vide !
VF : Ok,  tu arrêtes avec les répliques de films, putain !!!
Grumeau : Ils sont où les fléaux s’il vous plait, Madame ?
ECC : J’appelle le vigile, il saura peut-être quoi faire.
VF : Très drôle. Starfellah, putain, y’avait le post-it que tu m’as écrit quand je suis partie en cure. Je crois que je vais vomir.
Pute: Relax c’est un post-it pas MA carte vitale, MA carte de mutuelle…
VF: T’es vraiment un sale égoïste qui pense qu’à sa gueule, c’était la seule preuve… Et je suis pas débile comme fille, je range pas toutes mes affaires au même endroit.
Pute: Y’avait écrit quoi sur le post-it?
VF: Je sais plus exactement, une connerie genre  » L’amour ne se compte pas en blablabla, tu es le mien pour l’éternité »
Pute: Sérieux?
VF: Sur la tête des enfant.
Culculine: Hey!
VF: pardon. J’y tenais vachement, t’avais pas fait de fautes d’orthographe.
Pute: Fucking karma.
Grumeau : Maman, tu peux commander une masse d’arme sur internet ? Je voudrais un fléau.
VF : …
Grumeau : Steuplay
VF : Si tu continues, oui.
Grumeau : OUAIS !

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