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Si comme moi, t’es du genre à te servir de ton corps avec enthousiasme, t’as vite fait de te retrouver avec une tripotée d’ex amants/amoureux/coups d’un soir et parfois, certains ressurgissent de l’ombre pour se rappeler à ton bon souvenir. L’été comme par hasard, quand t’as le corps qui crie famine et que tu te frotterais volontiers sur ton ficus. Dans le meilleur des cas, t’es ami avec l’ex. J’en ai qu’un seul, ex comme ça et c’est sans doute parce qu’on l’a fait qu’une fois, le grand moment de gêne qu’on a partagé ensemble est devenu le ciment d’une amitié indéfectible. Aussi suis-je toujours guillerette quand il se rappelle à mon bon souvenir. Dans le moyen cas, c’est l’ex qui peut pas passer à autre chose (que celui qui ne l’a jamais été se colle une tarte dans la gueule) et là logique, tu fracasses ton phone tel sur un mur parce que bordel ça fait quarante-huit mois maintenant, faudrait voir à s’en remettre.

Et dans le pire des cas, c’est une personne particulièrement agitée qui te réveille en pleine nuit.

Quand je reconnais pas un numéro de téléphone, en particulier à quatre heures du mat´, j’ai tendance à ne pas répondre. Mais c’est pas grave parce qu’il a rappelé trois fois en deux minutes pour s’assurer que j’étais bien réveillée maintenant.

- PUTAIN ALLÔ !?!
– Salut. Je te dérange?
– Sur une échelle de 1 à 10 je dirais que j’ai autre chose à foutre que de répondre au téléphone. Qui est-ce ?
– C’est Thomas, ma catin!
– Thomas comment?
– Vieux, tu me fais marcher… C’est pas cool. Tu connais combien de Thomas qui ont ton téléphone et qui t’appellent catin?
– Deux, le premier c’est un connard coké jusqu’à l’os et le deuxième il est mort fauché par un train Corail.
– Bah Vieux! Thomas Bertier… Ça fait longtemps mais quand même!
– Je ne connais pas de Thomas Bertier, mon petit chat, alors je vais raccrocher, d’accord ?
– C’est pas possible que tu te souviennes pas, le moulin près d’Estampe qui était magnifique.
– …
– Tu te souviens pas?

Te dire que je me souviens pas du Moulin ce serait mentir, j’ai juste aucun souvenir d’avoir eu des relations sexuelles là-bas.

- Écoute, Thomas Bertier, tout ça a l’air atrocement sympathique mais encore une fois, ça ne me dit rien. Alors maintenant on va se dire vaya con díos, ok d’ac?
– T’as un petit tatouage à côté de la chatte.
– Comme 23% des attention whores nées en 1982, c’est pas une preuve.
– Sans déconner tu te souviens pas?
– Est-ce que c’est l’impression que je donne depuis qu’on a entamé cette conversation? En 2002? Putain aucun souvenir.
– Ouais juin.
– C’est des conneries.
– Pas du tout, la preuve t’as aussi les doigts tordus depuis que tu te les es cassés gamine et puis BEAUCOUP de sourcils.
– Putain c’est vrai. Mais comment on se connait?
– Bah on s’est secoués comme des pitbulls pendant 72h. Tu te souviens même pas du moulin?
– Si mais je me souviens pas m’être envoyé qui que ce soit là-bas et puis je n’y suis restée qu’une nuit pas plus.
– C’est super vexant.
– Tu peux me dire pourquoi tu surgis comme ça des oubliettes de ma mémoire onze ans après. Pourquoi tu m’appelles, d’abord?
– Pour prendre des nouvelles…
– Onze ans après? J’y crois dur comme fer.
– En vrai je voulais savoir si tu voulais qu’on se revoit.
– Ah ok. Bah dans la mesure où je me souviens pas de toi, c’est pas gagné.
– Tu deviens quoi?
– Ben euh… J’ai toujours les cheveux longs. Mais tu veux pas m’expliquer ce qu’on a fait concrètement pour se retrouver à poil?
– C’est toi qui m’a sauté dessus et après tu m’as traîné dans un coin sombre et tu m’as fait un truc avec un…
– Collier de perles?
– Exactement, tu vois que tu te souviens!
– Non à mon grand désarroi, c’est juste un truc habituel chez moi, apparemment.
– Après, on a pris des psilos et on a baisé trois jours. Tu m’as jamais rappelé et après je suis parti en Thaïlande de toutes façons.
– Putain, je vais vomir.
– T’es dispo sinon en ce moment?
– Pas spécialement, non. J’ai un mec, deux enfants, et bientôt une crise d’angoisse.
– Ah c’est bien. Moi j’ai des guppies.
– Oui donc je vais te laisser…
– Tu voudrais pas me sucer, dis?
– WHAT?!?
– Je suis en bas de chez toi.

L’attention whore a vu SCREAM.

- De chez moi?
– Ouais.
– Et c’est où chez moi, gros malade?
– 128 boulevard de Charonne. C’est quoi ton nom, je sonne.
– Tu le connais pas?
– Non j’ai que le prénom.
– Ah ah ah, dans ton cul, j’habite plus là ! Non mais sérieusement va emmerder quelqu’un d’autre.
– Pas grave, j’ai le tel de ta colocataire, elle va me le dire.
– Ouais, ouais, fais ça, la dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, elle tournait au crack donc je dirais que tes chances sont bonnes.
– Peut-être qu’elle me sucera elle, au moins.
– Ben peut-être, va savoir. Je vais te laisser, d’accord…
– Elle a pas changé de numéro? C’est bien le 06.09.15 …

J’ai raccroché. Pute me regardait avec des yeux en accents circonflexes.

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- Sérieusement, combien il y en a, pour que tu te souviennes même pas de tes coucheries?
– Pense à un chiffre, enlève 125, et t’auras une réponse rassurante.
– T’as pensé à ce que tu diras à ta fille plus tard?
– Quand on aime on compte pas, quand on aime pas on oublie.

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