Et si c’était par la fin que tout commençait? (Mais oui, c’est ça, rêve)

Est-ce que certains d’entre vous ont lu, petits, la collection Folio Junior avec le désormais célèbre « Et si c’était par la fin que tout commençait? » On retournait le livre après avoir lu, dans un effort surhumain, cinq misérables pages des Malheurs de Sophie ou de l’Histoire du véritable Gribouille sous les yeux attendris d’une grand-mère ou d’une marraine trop radine pensait-on alors pour se fendre d’une gameboy ou d’un Polly Pocket… On retournait le livre donc pour faire les jeux, les quizz et finalement ça nous faisait une bonne partie de l’après-midi, et finalement on avait gagné au passage un contact avec la littérature, et finalement, que n’étions-nous médisants avec nos histoires de grand-mère radine. Je me souviens avec nostalgie du champs des possibles s’ouvrant alors que je retournais Charlie et la chocolaterie, encore toute ébobie (Ouh lavache la faute! ébaubie, z’auriez pas pu me le dire?) de saveurs secrètes et sucrées… N’allez pas croire que j’aime l’innocence…

Me voici venir avec mes gros sabots pour vous parler de fin mais avant ça, j’ai encore moult choses à vous raconter.

Je reviens de vacances, bronzée et prête à en découdre avec une nouvelle année de labeur au restaurant, très justement rebaptisé « La vache qui vèle » par mon compagnon. J’arrive même avec une bouteille de liquoreux pour Didier, bouteille provenant d’un ami de mon compagnon, nouvellement lancé dans la viticulture et à qui nous avions rendu visite cet été dans le Tarn, c’était… hips! vachement sympa… hips! comme vacances. Mais que vois-je en arrivant ou plutôt qui je ne vois pas et ce même si c’est sûrement loin d’être correct grammaticalement. Je ne vois pas Silly, je ne vois pas Eddy, je vois une cuisine vide, excepté Antoine, l’aîné des fils, la touche comme tout droit sorti de Ratatouille avec son costume flambant neuf d’apprenti. Je lance à mon patron un regard perdu dans les confins de l’incompréhension, ce dernier n’en a cure, attendu qu’il explore la machine à glaçons, allongé sur le sol du bar. Une flaque d’eau s’élargissant consciencieusement sous ses fesses si bien que l’on pourrait le croire étendu ivre mort sur le trottoir de la rue Planchat, comme il a coutûme de se trouver vers deux heures du matin. Charlotte entre paniquée: « Ludivine, on a pas de chef, c’est la merde, Silly a démissioné!!! » Je suis le petit coeur fendillé de Jack. Ca ne sera plus jamais pareil sans Silly et sans Eddy, partis parait-il au Plazza Athénée. Comment leur dire ce qui les attend? Je chasse de mon esprit l’image d’Eddy pétant sur les meringues du Plazza, chose qu’il ne manquera sûrement pas de faire, en bon fan de Brad Pitt.

Que n’ai-je de longues heures de solitude devant moi… Et bah pas tant que ça. Arrive finalement un chef, Boubakar, et d’emblée je le trouve antipathique. Arrogant, visiblement assez dégueulasse, la première chose que ce connard me demande est « T’es mariée??? » Toi je ne t’aime pas. Didier rigole, je lui demande pourquoi. Il répond « Vous ne serez pas perdue, c’est toujours l’Afrique en cuisine, mouarf mouarf mouarf ». Je commence à douter sérieusement de ma capacité à endurer une nouvelle année.

Quelques jours passent durant lesquel le chef envoya plusieurs fois des viandes avariées ainsi que divers insectes, du cafard à la mouche, dans l’assiette des clients. L’ambiance au restaurant est glaciale, je n’ai même plus l’occasion de me fendre un tant soit la gueule, tout est triste avec un goût de fin.

Le samedi 18 septembre 2007 aurait pu être un samedi ordinaire mais loin s’en faut. L’une de mes chattes, une siamoise neurasthénique, est en chaleur et a très visiblement l’intention, à défaut de se prendre un coup providentiel dans le frifri, de me pousser lentement mais sûrement au suicide. Dans un de ces éclairs de génie qui frappent souvent les périodes de crise, je me souviens qu’un de mes amis habitant mon quartier possède un chat fort viril. Je suis chez lui quelques minutes plus tard, Boubou ma chatte miaulant tout ce qu’elle sait dans son panier. Nous ne sommes pas beaux à voir mon ami et moi-même, tous deux ayant encore en tête nos débordements de la veille (la gueule de bois pour ceux qui n’ont pas pigé) et nos chats de s’ignorer royalement. Dimitri me parle, de bouquin ou de macramé je ne sais pas, je hoche la tête à ce qu’il dit cependant que je me mets à compter depuis quand j’aurais du voir venir mes « ourses ». Comment dire ça sans que ça ait l’air groose? Il se peut que mon visage changea brusquement de ton attendu que Dimitri me regarde bizarrement. « Ca va? On dirait que tu vas me vomir dessus… » Je dis: « Euh oui… euh… T’as pas faim? Moi j’ai faim, j’vais chercher des sandwichs ». Je file ventre à terre à la première pharmacie venue et prend quand même la peine de revenir avec des sandwichs. Dimitri m’attend dignement au salon me soutenant par la pensée et ne tarde pas à entendre un « Putain d’merde!!!! » en provenance des toilettes où je me suis réfugiée. Les chats s’ignorent toujours royalement. Dimitri, sarcastique, annonce: « Tu vois toute l’ironie de l’histoire? Tu viens pour que nos chats se reproduisent et c’est toi qui sort de là enceinte. »

Je suis la totale abhération de Jack. Je pense à mon compagnon, je pense à ce que j’ai lu récemment, à savoir que les femmes tombent souvent enceinte en vacances, je pense au parking de l’Embellie sur la côte sauvage, le trois août dernier. Ca aurait pu être simple si l’auteur du délit n’était pas parti crapahuter au fin fond de la Bolivie, deux jours plus tôt.

Ca aurait aussi pu être un peu plus simple si je n’étais pas frappée chaque jour vers onze heures de nausées n’ayant rien à envier à L’Exorciste. Charlotte et Didier me félicitent même si je n’ai rien fait de particulier pour en arriver là, me bassinent avec des « Chaque naissance est un don du ciel » et me demandent ce qu’en pense le père. Le père n’en a rien pensé de particulier, il m’appelle après 26h d’avion pour m’entendre dire « Je suis enceinte », il a juste répété… en boucle « C’est pas possible, comment s’est arrivé, c’est pas possible… comment s’est arrivé, c’est pas possible, comment s’est arrivé??? » J’en déduis que le père est en état de choc. Didier dit « Vous lui avez dit??? Alors qu’il est en Amérique du sud??? Petite sotte il ne rentrera jamais… » « Et vos études? » demande Charlotte « Si vous ne les reprenez pas, je vous connais vous en voudrez toute votre vie à votre bébé ». J’ai envie de hurler.

Le jeudi suivant, alors que j’étais en train d’écrire la formule du jour, une nausée particulièrement abominable me cueille de plein fouet et autant vous dire qu’aucun d’entre vous n’aurait voulu voir l’état du restaurant dix minutes plus tard. Antoine est mort de rire, se fout ouvertement de ma gueule et entre deux haut-le-coeur j’arrive quand même à lui dire qu’il ne rigolera pas autant le jour où il devra annoncer son homosexualité à ses parents et que là par contre, moi je rigolerai. Il m’est absolument impossible de rester travailler, je suis prise de sueurs froides et ma vue se trouble, si bien que je demande ce que j’ai fait pour mériter ça. D’aucun dirait ce que je n’ai pas fait… bande de salauds

Le lendemain rebelotte, impossible d’aller bosser, je crains pour la suite des évènements. Et je fais bien car le lundi suivant, Charlotte m’annonce avec un sourire qu’elle peine à dissimuler « Vous êtes renvoyée, on ne peut pas se permettre de garder une serveuse qu’est pas foutue de venir un jour sur deux » Penser à représailles contre enculés de patrons… Là je vais la faire courte, parce que je vous sens un peu lassés, genre on en a rien à foutre, on veut des histoires de restaurant pas des lamentations de primipare. Je vous comprend. Je suis donc virée manu militari, mon compagnon qui est rentré entre temps prend les choses en main « Tu reprends tes études, on quitte Paris, qu’ils aillent tous se faire foutre » même si ce n’est pas exactement ce que j’avais prévu, effectivement je n’avais pas prévu de quitter mon quartier que j’adore pour me retrouver à 80km de là à la campagne. C’est donc la fin du blog à moins que… Je vais faire un sondage, votre avis est très important faites-m’en part please. A moins que vous ne vouliez:

Proposition 1 : Que je vous raconte l’histoire probable d’Eddy et Silly au Plazza Athénée, mais comprenez bien que ce sera de la fiction (mais je sais faire, hein)

Proposition 2 : Que je vous raconte ma grossesse, même moi d’avance ça m’ennuie (Allez pas penser que je ne suis pas contente c’est juste que tout le monde s’en cogne des histoires de grossesse)

Proposition 3: Que je vous raconte les tribulations d’une jeune femme reprenant ses études et tentant de passer le permis de conduire dans une petite ville de campagne hostile aux parisiennes

Propositions 4 : A vous de faire votre proposition.

Proposition 5 : Par pitié madame fermez ce blog.

Merci d’avance.

Baille

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