Je viens de jeter un coup d’œil à mon blog, comme ça, en passant. Et vous savez quoi, chers lecteurs? Pardon, je rectifie. Tu sais quoi cher lecteur? Toi qu’est le dernier à traîner tes guêtres ici tellement ça fait putain de temps que j’ai rien posté? Sais-tu, toi qui contre vents et marées vient chaque jour dans le secret espoir que ma constipation digitale ait miraculeusement pris fin on ne sait comment, sais-tu ce que je me suis dit dans ma caboche mal foutue?
Je me suis dit: « Putain, ça fait mal de voir les ruines de mon ancienne vie de bloggeuse, regardez-moi le bordel que c’est ici !!! » Et puis cette réflexion a doucement fait son chemin dans mon esprit et cette réflexion a mué et s’est changée en: « Tiens tiens, je reprendrais bien mon blog en main… histoire de me dégourdir les phalanges et de me dégrossir l’oignon »  Me voici donc, armée d’un tout nouveau pack premium, un peu désorientée par le bordel de mon visuel et sans l’ombre d’une idée de comment refoutre un peu d’ordre dans tout ça. Tu remarqueras cher lecteur que ma syntaxe toute particulière n’a point changé, je sais que tu aimes mes phrases.
Parce que c’est te dire que ça fait des mois que je n’ai pas touché à mon admin’, donc je ne sais plus, vois-tu, comment on fait pour prendre ses doigts et ranger tout ça. Que les Dieux de l’ère Internet me viennent en aide…
Laisse-moi quand même te raconter ce qu’il s’est passé dans ma vie pendant tout ce temps, avant que tu ne te barres dégoûté en te disant que « Non, finalement, elle est nulle cette meuf » voire pire.
Il s’est passé que j’ai eu comme qui dirait des soucis d’ordre affectifs et émotionnels. Je vais pas rentrer dans les détails scabreux même si je sais que tu n’attends que ça, je vais juste te dire après être passée par la case « hospitalisation« , la case « almost dead » et finalement la case « pas morte mais un peu quand même au fond de son coeur »  bah j’ai eu besoin de ranger un peu tout le bordel à l’intérieur de moi, de me refaire une santé, un peu comme mon blog d’ailleurs… sous peu.
Rassure-toi maintenant je pète la forme: j’ai vidé les bouteilles, jeté les mouchoirs et c’est reparti à la va comme j’te pousse. Tu te doutes donc qu’il y a eu moult de ces heures sombres où l’alcool aidant, j’ai fait des trucs dont je suis mortifiée aujourd’hui et j’en suis arrivée à la conclusion que: Non, pas d’alcool pour moi, pétasse que je suis…
De toutes façons le fait est que je ne peux physiquement plus en consommer sans mettre en danger quelqu’un d’autre… Ma Fille, en l’occurrence.
Tu te marres sous cape, oui, je suis encore en cloque et non, ça n’est pas mon fond de commerce. Le fait est qu’avec la moitié seulement de mon service-moutard et un tétard égaré de l’Armoire Normande (elle va bien, merci), on a quand même réussi, sans le vouloir à faire un deuxième nous. J’insisterai jamais trop sur la dimension involontaire de l’histoire. Voilà, je suis donc enceinte de maintenant 4 mois, ma fille (je t’expliquerai plus tard comment je sais que c’est une fille, vais pas griller toutes mes cartouches aujourd’hui) est attendue pour le 1er janvier 2010.
Ya autre chose, je … attention, tiens-toi bien… travaille. Ouais, sans déconner. Ça faisait juste 20 mois que c’était pas arrivé et comment te dire… C’est formidable.
Tu veux savoir ce que je fais dans la vie maintenant? Je vais te le dire: je ne suis pas caissière, ni serveuse, je ne suis pas fonctionnaire, ni garde d’enfants (grand Dieu, non).
Je suis télévendeuse, exactement tu as bien lu, mon job, c’est de venir te faire chier pendant que tu (au choix): travailles, bouffes, dors, pour te proposer des produits d’entretien et de papeterie au bénéfice d’une association qui favorise la réinsertion des personnes handicapées.
Les appels se passent à peu près de la sorte et là, faut que tu imagines une voix d’animatrice de téléphone rose:
– Bonjouuuur, Monsieur Boufette ? (disons que Mr Boufette est maçon dans l’Oise)
– Oui
– Bonjour, Melle Adam à l’appareil
– Mademoiselle qui?
– Adam, comme Adam et Eve…
– Bonjour Mademoiselle.
– Oui (hihihi) bonjour. Je représente l’association Les Libellules Bleues, est-ce que vous nous connaissez déjàààààà? (je timbre ma voix de façon à ce qu’elle s’éteigne doucement, comme une lumière qu’on tamise)
– Non
– Très bien, je vais vous expliquer brièvement la raison de mon appel. L’association que je représente favorise la réinsertion des personnes autistes et trisomiques et une fois par an (mon cul ouais) nous sollicitons la générosité des professionnels en leur proposant des produits tels que des sacs à gravats, des sacs poubelles de différents litrages ainsi que des ramettes de papier et des boîtes d’enveloppes (liste non-exhaustive, je cible). Sachez, Mr Boufette, que nous ne demandons jamais d’argent par téléphone, si j’avais la chance que vous fassiez un geste avec moi aujourd’hui, le règlement ne serait pas attendu avant la fin du mois d’octobre. Ma question est: pouvons-nous nous attendre à un soutien exceptionnel de votre part cette année?
– Pourquoi pas… vous vivez seule?
– Oui, Mr Boufette, et j’adore mon travail, j’aime entendre de belles voix d’hommes (là, il bande)
– Hein hein hein
– Utilisez-vous des sacs à gravats Mr Boufette?
– Oui, souvent.
– C’est extraordinaire ça Mr Boufette, j’en vend ! Nos sacs à gravats ont une épaisseur de 140µ, dimension 600×870 et sont conditionnés par lot de quatre rouleaux pour un soutien formidable de 381€ HT.
– C’est drôlement cher ça.
– Vous êtes intelligent Mr Boufette, vous savez pertinemment que nos prix sont justifiés par l’organisation que nécessite nos CAT.
– Bien entendu, je connais tout ça, moi. D’ailleurs ce n’est pas si cher finalement…
– Vous avez entièrement raison Mr Boufette, ça n‘est pas si cher. Pouvons-nous partir sur une commande de ce type? Rendez-vous compte que le montant de la commande permet d’offrir 7 demie journées de travail à notre atelier! Quel magnifique geste de cœur!
– D’accord.
– Mr Boufette, votre générosité vous honore, bien, je vais me concentrer car vous me troublez, Mr Boufette… Je vais maintenant vous parler de notre papeterie.
Voilà comment on peut facilement ajouter des ramettes de papier à une commande de sacs à gravats. Voilà comment putassièrement je gagne ma vie.
Crois-tu que je me fais souvent envoyer paître? Non, peut-être 1 fois tous les 100 appels. Attention, ça ne veut pas dire que je vends à chque fois, surtout quand je tombe sur l’épouse de Mr Boufette qui n’a pas vu l’ombre de la queue de son mari depuis la fin des années 80. Les épouses, je les agresse un peu, ça marche mieux comme ça.
Bon, je ne suis pas à proprement parlé fière de ce que je fais mais HEY! J’ai bientôt quatre bouches à nourrir et en plus un déménagement sur les bras mais ça je t’en parlerai la prochaine fois.
Au nom des Libellules Bleue, je te remercie, Lecteur.
Vaya con dios.

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