Lecteur,

Comme j’ai pris quelque chose comme une année de rtt sur ce blog, ya comme qui dirait plein de choses que je ne t’ai pas raconté.
Je ne t’ai pas raconté que ma sœur, ma fusion, s’est mariée, ouais ouais, avec son petit camarade de classe qu’elle avait perdu de vue pendant j’dirais 10 ans et tout ça, grâce à la magie d’internet, grâce au concurrent direct de mythique et autres conneries miséreuses, j’ai nommé le très célèbre Copains d’avant. Ça s’est passé putain de vite, ils se sont revus en avril 2008 et ont plié l’histoire à la mairie de Vernon le 28 mars dernier. Je dois ajouter que le mari en question est juif, donc que ça a fait comme un grand bonheur du côté de ma famille-de-l’Orient-de-Créteil. Ce qui fait sans doute maintenant qu’à leurs yeux, je suis moins juive que ma sœur.

Je ne t’ai pas raconté que pour se marrer, avec mon beauf, on s’est fait tatouer le poignet ensemble et que ya l’un de nous deux qui l’a franchement regretté (moi, bien sûr. Les tatouages, faut savoir s‘arrêter à temps, maintenant j‘ai juste une touche de bikeuse) J’ai bien évidement trop honte de mon poignet pour te montrer l’horreur en photo, saches juste qu’il est question d’étoiles et de rune. Ahem…

Je ne t’ai pas non plus raconté comment ma p’tite pute et moi on a failli acheter une maison, rapport à nos marmots, au chien. C’était une maison vachement bandante visuellement parlant, elle appartient à une espèce de ferrailleur complètement barge qui collectionne les portes d’églises et les os de baleine. (A deux pas, pour le côté couleurs locales, tu peux trouver un camp de gitans vachement bien organisé.) Et la maison, elle est complètement à l’image de ce qu’il a dans la tête, un imbroglio… que dis-je… un salmigondis doux-dingue. Donc quand j’ai vu la maison, j’ai tout de suite appelé ma p’tite pute pour qu’il vienne ne pas en croire ses yeux lui aussi. Bon. Il en a pas cru ses yeux et a commencé à débiter des conneries comme « Où c’est qu’on signe, Dedieu!!! » ou encore « Nan, m’en fout, on l’achète ! » quand je lui exposais le problème principal, celui du financement.  Bref il était en mode Je dream alone.
Vas-y qu’on a fait une proposition d’achat et surtout vas-y qu’on se rétracte comme des brutes quand la connasse du CIF a essayé nous refourguer un prêt sur 30 piges qui nous coûtait au total la modique, très modique somme de 504 000€…
On a un moment pensé à aller trouver l’agent immobilier (qui lui-même nous y avait envoyé) après s’être mutuellement écrit sur le front « met-la nous bien fort s’il te plait », lui enduire le poing de lubrifiant Rebecca Rills et lui proposer nos fondements préalablement ouverts et puis finalement on s’est dit que non. Le plus important étant que nous n’ayons pas fait cette immense connerie qui nous aurait définitivement englué dans la case « Casés, deux enfants, crédit sur la baraque ». On est toujours credit free since 2003.

Je ne t’ai pas raconté comment je fomente notre mariage et comment je fais pour que Monsieur daigne m’offrir une Mauboussin, mais ça, c’est toujours ma célèbre technique d’intimidation passive, que tu peux retrouver ici. Alors je ne sais pas trop quand ça va vraiment arriver mais je table sur l’été prochain, si tout se passe comme je le manigance.

Je ne t’ai pas finalement pas raconté comment je me suis faite encloquée, encore.
Comme je te le disais plus tôt: c’était complètement involontaire. Ça, c’est la faute du mariage de ma sœur. Je t’explique. Après les péripéties pas très formidables qui me sont arrivées dans la région dite sus-pubienne, j’avais aucune envie de remettre ça avec la grossesse. De plus, les médecins, ils m’avaient gentiment dit que c’était plus trop censé arriver. Et de toutes les façons, de ce côté-là, c’était portes closes. Compare notre vie sexuelle de l’époque à celle Grégory Lemarchal aujourd’hui.
Bon. Mais quand même, après le mariage, on s’est paresseusement dit qu’il fallait bien célébrer la vie et tout, donc on a eu un genre de rapport, qui ne ressemblait que très vaguement à du sexe et crois-moi si tu le veux mais on a réussi à se reproduire.
Je ne saurais te dire à quel point c’était inattendu.
Quelques jours plus tard, ne voyant pas mon cadeau mensuel arriver (comme le disent si pudiquement les fabricants de tampons) j’ai fait un test, comme ça, à la va comme j’te pousse.
J’étais donc aux « commodités » quand mon beauf m’appelle pour je ne quoi, je répond distraitement au téléphone pendant que sous mes yeux ébahis apparaissent deux traits roses. J’ai même pas cherché à abréger la conversation tant j’arrivais pas à imprimer le message. Après avoir raccroché sur les politesses d’usage, j’ai retrouvé les deux hommes de ma vie au salon. La p’tite pute me regardait, inquiet
«- Putain Chu, t’es toute blanche !
– Ta gueule.
Lazare, qui jouait tranquille dans son parc, lève les yeux vers sa génitrice avec comme du questionnement sur le visage.
– Toi aussi, tais-toi.
– Mais Chu, il a rien fait! Qu’est-ce que t’as bordel?
– Ce que j’ai ? Ce que j’ai? J’vais t’le dire espèce de foutriquet » et je lui plante mon test de grossesse à deux centimètres du nez.
«  – Oh non, putain, pas encore!
– Bah si, champion du monde! J’en ai marre, hein (j’étais plus blanche, j’étais tomate). Avec tes conneries, il se sera encore foutu au mauvais endroit !!! Je te préviens Christophe, si c’est ça, c’est toi qui passe sur le billard !!!
– Hein?
– Tu m’as très bien compris et si tu le fais pas, j’te stérilise au sécateur, pigé ! » Heureusement que ma fille a eu la bonne idée de se mettre là où il fallait.
Après je me suis calmée et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps gravide.
A priori, ce ne sera jamais fait pour nous, les annonces amourachées et liquidiennes, où la madame et le monsieur ils sont tous les deux très contents d’être enceintes et où ils pleurent même de joie.
Vous voyez le genre de couple dont je parle? Celui quand tu vas les voir, ils t’ouvrent la porte à deux avec un sourire béat.
Nous, à chaque fois, on s’engueule. On pourra jamais vraiment raconter à nos marmots comment ça s’est passé quand on a su. Faudra mentir ou ils se retrouveront automatiquement sur un divan de psy.

De nouveau en cloque et plus flippée que jamais.
Y’a pas à dire, on a la vie qu’on mérite…

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