Lecteur,
Comme tu le sais, j’habite dans une petite ville de province. Et dans cette petite ville de province, le weekend, ya pas grand-chose d’autre à faire qu’un billard au Pool ou un karaoké au Paris-Plage… De la merde, autant dire. Je te rassure, on a quand même un cinoche mais si tu veux voir des trucs autres que toutes les grosses productions hollywoodiennes, tu vas être déçu parce qu’il n’y a pas…
Ils ont joué Into the Wild, à peu près deux mois après sa sortie officielle, quand y’avait aucune comédie mièvre ou film catastrophe à passer, et en français… Moi qui voulais vraiment voir Antichrist de l‘inénarrable Lars Von Trier, je savais que je pouvais me brosser…
C’est pour ça que je ne t’en parle que maintenant, d’Antichrist, parce que je ne l’ai vu qu’hier soir, et que, peu me chaut, si tu veux de la vraie actu, t’as qu’à aller , ou , ils le font de toute façon bien mieux que moi. Bon. Je disais donc que j’avais vachement envie de voir Antichrist et j’aurais pu le voir plus tôt (grâce à un truc qui commence par down et qui fini par loads, dont je suis très très friande) mais un nouveau problème s’opposait au visionnage du-dit produit cinématographique dans des temps respectables.
Pute voulait le voir aussi et : 1) Il ne comprend pas l’anglais. 2) Il aime pas avoir des trucs à lire, ça le perturbe, donc fallait que je trouve le film en français et pas comme je l’aurais souhaité, en vostfr. Oui, j’en ai bien, des malheurs. Quelle ne fut donc pas ma surprise hier, quand je suis tombée sur un torrent french dvdrip. Pour ceux qui ne l’ont pas vu: ATTENTION JE VAIS EN RACONTER¨PAS MAL, SPOILER, comme on dit. En même temps je me dit que si t’avais voulu le voir, tu l’aurais vu depuis belle lurette.
Alors c’est l’histoire d’un couple (Charlotte Gainsbourg/ William Defoe) dans l’état de Washington dont le petit garçon meure comme une merde écrasée dans la neige avec son nounours parce que ses parents étaient en train de baiser comme des brutes et qu’ils étaient donc trop occupés pour remarquer leur bambin sur le rebord de la fenêtre ouverte sur une nuit enneigée et que le gamin, qui voulait montrer la neige à nounours, il a fini par faire ziiiip et il s‘est viandé quelques étages plus bas. Cette phrase est bien trop longue… ça c’est le prologue…
Alors bien sûr, Charlotte pète un câble et son thérapeute de mari, William, il se met en tête que c’est pas en prenant des p’tites pilules que ça va s’arranger, que le deuil il faut l’affronter et que donc c’est lui qui va l’aider à s’en sortir. Alors, Lars Von Trier, il est toujours très fort pour te faire des plans sur l’eau glauque des fleurs dans un vase où ya plein de cochonneries en suspens pour te dire que le deuil: c’est toute la douleur et les toutes les choses et les idées en suspens et que c’est vachement angoissant…
Bon.
Après des discussions interminables sur la « faute », la « culpabilité » où pendant ce temps il explique à sa femme que ça va pas être coton et qu’elle va morfler (soit dit en passant, on dirait bien qu’il n’est lui-même que très peu concerné par la mort du môme) et qu’après la douleur « morale » y’aura la douleur « physique » avec tout son attirail de crises d’angoisses en tout genre, ils décident d’élaborer ensemble la pyramide de la peur pour pouvoir nommer la peur, et qu’elle fasse alors moins peur, la peur. Toi aussi tu trouves que c’est rien que de la psycho de comptoir? Finalement, Charlotte crache le morceau et dit que c’est Eden qui lui fait peur. Eden, c’est une cabane à eux en pleine forêt qu’elle est angoissante et que Lars il a bien pigé que c’est en fait l’inconscient et que donc le message c’est j’irai pas dormir dans sa caboche, à Charlotte. Oui, c’est un film à message.
Faut souligner que l’été précédent, elle y était seule avec son fils pour finir sa thèse sur les Gynocides (toutes les tortures infligées aux femmes au fil des siècles par les hommes qui croyaient que c’étaient des êtres malins) mais qu’elle l’a jamais fini, sa thèse… Ils décident d’aller à Eden pour affronter la peur. S’ensuit plein de plans dans la forêt très angoissante et même que tu te dis que c’est beau comme un clip de Nick Cave et il se passe tout de suite des trucs bizarres comme William Defoe qui se réveille le matin avec une main pleine de tiques, va savoir pourquoi et comment il a mis sa main à la fenêtre alors qu’il dormait du sommeil du thérapeute juste.
Une autre fois, il se balade dans la forêt angoissante et il tombe sur une biche.
Pendant cette scène, j’avais vachement envie que William dise à la biche « Tu feras gaffe, t’as un faon mort qui te sort du cul » mais il dit rien, il est juste estomaqué par la cruelle beauté de la nature qui n’est autre que la cervelle psychotique de son aimée. La nature, c’est malin, la nature, c’est la malignité de la femme qu’est le mal personnifié. Oui, ce film c’est un peu un huit-clos entre le bien et le mal…
Charlotte, elle a très peur, et quand elle a peur comme ça, elle saute tout de suite au paf de son thérapeute de mari qui dit non, on couche pas avec son thérapeute. Pute s’est senti obligé d’intervenir: « Un bon coup dans la motte, ça va la calmer, gros connard égotique! » Parfois, il la baise quand même, quand il ne voit pas un renard en train de se dévorer lui-même qui lui proclame « C’est le chaos »
Mais quand il la baise pas, Charlotte elle s’énerve. Parfois, elle s’excise avec une paire de ciseaux et parfois elle lui envoie une bûche sur les parties et quand William se réveille, il a une meuleuse dans le tibia gauche. Tout ça est bien sûr visuellement à gerber, parce qu’on ne t’épargne aucun détail.
Il faut souligner que William a découvert la thèse de sa femme au grenier de la cabane angoissante de la forêt angoissante, avec des photos du moutard et des illustrations qui font froid dans le dos. Sur les photos, il se rend compte que sa femme, elle mettait tout le temps au môme la chaussure gauche au pied droit et inversement, ce qui explique pourquoi les légistes ont dit que les pieds du môme étaient très déformés. Ce qui explique pourquoi il se doute bien que la nature de femme est foutrement détraquée.
Donc, William se réveille avec comme une grosse douleur dans la jambe gauche, normal avec une meuleuse, me diras-tu. Et il se casse, il part se cacher dans un terrier pendant que sa femme s’époumone «  Où est-ce que t’es connard??? » Dans le terrier, ya un corbeau (le dernier de trois mendiants biche/renard/corbeau, une constellation maléfique… de que j’ai compris) et William essaie de le buter avec une pierre parce qu’à coasser comme ça, il ameute la cinglée aux alentour du terrier. Charlotte le découvre et le tatane à coups de pelle. On croit, là, que William est mort enterré vivant, mais que nenni, c’est solide, un thérapeute.
Charlotte l’aide à rentrer à la cabane et William l’étrangle. Lars pousse la crédibilité jusqu’à lui mettre plein de pétéchis dans les yeux exorbités. On apprend alors que sa femme est très très maléfique parce qu’elle avait vu son fils monter sur le rebord de la fenêtre ce soir-là. On la voit regarder les trois soldats (du diable, de l’apocalypse?) tomber par terre quand le petit est monté sur la table. On la voit prendre son pied quand son fils tombe du rebord.
Pute, Charlotte, PUUUUUTE !!!

Les femmes ne sont-elles pas des êtres dégueulasses?

Merci, Lars.

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