Mon p’tit poulet,

Là, je m’adresse particulièrement aux lecteurs masculins et maqués et je m’en vais leur délivrer les astuces de Pute. Tiens, je vais en faire une rubrique d’ailleurs.
Mais aussi et toujours, je m’adresse aux femmes, afin qu’elles entrevoient la chance de ne pas vivre avec un Pute. Ne me remerciez pas, je fais ça parce que je vous aime beaucoup, même toi qui revient tout le temps en tapant « pipe vieux sous la douche » dans Google.

Avec Pute, on a mis au point un jeu, sans le vouloir, qui consiste à pousser l’autre à bout pour voir combien de temps il tient avant de balancer au choix: une télécommande, un verre, une chaussette sale, une télévision ou même Grumeau (aérodynamique en Diable) à la tête de l’adversaire.
Outre la fonction indéniablement ludique du processus de cassage de burnes, il est tout aussi indéniable qu’il revêt un caractère sacrément utile.

Pute ne sait que trop bien utiliser ce petit stratagème pour arriver à ses fins, quelles qu’elles soient.
Je dois dire que Pute bosse comme un âne et que le weekend venant, on lui en rajoute souvent une couche, il n’a donc, pour sa défense, que très peu de temps libre. Autant dire ce qui est, quand il a deux heures à tuer un dimanche, c’est certainement pas avec votre obligée qu’il a envie de les passer.
Moi, ça me blesse profondément dans mon moi de femme enceinte névrosée et susceptible.
Pute ne veut pas passer deux heures avec une nana larmoyante et partiellement aveugle qui mate How I met your mother à fond, parce qu‘en plus d‘être un peu taupe, elle est aussi dure de la feuille.
Pute veut aller s’ébrouer en forêt avec son chien et un Blunt. C’est ça son truc du dimanche. J’t’ai dit souvent que c’est un homme des bois.
Donc quand Pute veut s’éclipser en finesse sans pour autant subir les négociations interminables où reviennent systématiquement sur le tapis la question du mariage et l’achat d’une bague, il passe directement au jeu.
Ça commence comme ça: Pute décide de mettre de la musique. Armless, isn’t it? Bah non, parce qu’il met ça:

Et qu’avec lui les paroles deviennent ça: mé-ko kou-tou-cou, sa-ké-di, bliga-dié saba-li, mé-co wo-wow, wo-yo-yoï!!!  Et qu’il commence à se désaper en tournant du cul, tout en me balançant ses fringues au visage.
Puis, Pute entame la Danse de la Pluie qui consiste à shaker violement son booty de gauche à droite, les bras en l’air comme s’il voulait repousser le ciel à mains nues.
Là, je suis juste un peu irritée, parce que le reggae, c’est uniquement l’été quand je suis ivre morte. Le reste de l’année, je ne peux pas, c’est simplement au dessus de mes forces.
Pour commencer à balancer du lourd, Pute ne me parle plus qu’avec ce qu’il croit être l’accent africain, mais qui se révèle plus proche du patois languedocien et ponctue chaque phrase par « didon, hein! »
A partir de là, mes phrases comptent plus d’insultes que de sujet-verbe-complément et je commence doucement à entrevoir l’idée que je serais foutrement plus peinarde s’il voulait bien se barrer très très vite et très très loin.
Mais Pute ne s’arrête jamais en si bon chemin, il faut qu’il m’ait vraiment poussée à bout, que je hurle, que je pleure et que je le supplie de ne plus jamais passer la porte de notre appartement.
Pour se faire, et soit dit en passant toujours à poil, Pute pousse le vice jusqu’à mettre du rap. Ces dernières semaines c’est ça. Regarde bien la choré du black, il fait la même. Et bien sûr il chante.

A ce moment, je crois que la raison va bientôt me quitter et que je vais faire quelque chose d’irréparable, un truc du genre annuler l’abonnement à la chaîne porno ou déchirer l’intégralité de sa collec de bédés.
Et enfin pour m’achever, il se plante devant moi et me gifle le nez avec ses parties honteuses. Nan, c’est même pas une blague.
Pute est très courageux, Pute ne craint pas que je m’en prenne à elles, rappelons que Pute se douche à l’eau froide.

A cet instant, où je me débats pour qu’il arrête de me la poser sur le front, je capitule et je supplie des « BARRE-TOI STEUPLE, QUITTE-MOI ET REFAIS TA VIE, je veux plus jamais revoir ta gueule de con de ta race la pute de ta mère la chienne de pute de toi. On est bien d’accord, ça ne veut strictement rien dire.

Voilà, lecteur masculin et maqué, voilà comment fait un homme, un vrai, un poilu, pour pouvoir jouir des bonheurs simples d’un dimanche en forêt, avec son chien et un Blunt.

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