Je sais pas toi, mais en ce moment, j’ai la petite culotte qui fait de la vapeur.
Je te charrie, tu vois pourquoi c’est impossible?

Je ne porte jamais de culotte.

Et même que ça c’est mon statut Facebook depuis mardi. Y’a des gens qui ont liké. Les gens sont sales…

Bref.

Tout le monde a son avis sur les causes de cette excitation générale, à qui de la chaleur, à qui du vuvuzela, à qui du mal-être ambiant, à qui du c’est comme d’habitude. J’ai tendance à croire que c’est un condensé des quatre. Parce que tu vois, là, présentement, je n’ai aucune idée, mais alors absolument aucune idée de ce que je vais pouvoir te raconter. Ça donne envie de me lire, hein? Ouais bah que veux-tu… je sais pas encore, ce que je sais par contre, c’est que j’ai envie de parler de sexe.

Et de bidet. Va savoir pourquoi.

Le parallèle entre les deux ne me tentant pas du tout, tu vas oublier que j’ai mentionné les bidets.

Je sais pas toi, fillette, mais moi, j’ai parfois comme envie de hurler
« Y’a pas assez de bites ici pour me baiser à la hauteur de mes ambitions !!! » à la figure d’une tripotée de rugbymen sortant des douches. Mais je le fais pas, parce que, bon, ça craint. Alors à la place, quand j’ai pas ce qu’il faut sous la main, je commence un article sans vraiment savoir de quoi ça va parler. Et puis je lis mes commentaires (merci d’ailleurs à tous ceux qui ont collaboré au fait que je me sente moins seule devant mon écran) et je relis un commentaire de nana.
Et BAM! J’ai trouvé de quoi j’allais te parler, à savoir la fois où je suis tombée sur un gars qui avait un micro-pénis. Même que je spoile, je faisais à peu près cette tête-là.

Tu noteras que ce souvenir ne m’excite pas particulièrement donc ça fera diversion.

C’était en 1997, j’avais 15 ans, le poil brillant et la cuisse alerte. J’avais aussi une bande de copines qui n’en étaient pas. Si tu pars du principe que l’adolescente est une ennemie pour l’adolescente, tu comprendras qu’on se prêtait nos fringues sans qu’il soit question de nous les rendre, il en allait de même pour les mecs.

A l’époque, ce qui faisait fureur c’était le Schott. A l’époque, ce qui faisait fureur, c’était Matthieu Flamme.
Pourquoi ce gars qui était déjà majeur en 1997 trainait-il autour des bombes à retardement hormonales que nous étions, mes fausses copines et moi? Question purement rhétorique.
C’est Kat’ qui l’a eu en premier. Kat’ c’était la pire, niveau connasserie. Elle s’embarrassait pas de savoir si t’étais là ou pas pour bitcher sur ta gueule. Et c’était toujours elle qui voulait faire DJ Spinderella quand on jouait à être les membres de Salt’nPeppa. Une connasse, je te dis.
Elle a pas couché avec lui rapport à ce qu’il lui a acheté une paire d’Air Max AVANT de la faire sauter au wok (rookie mistake). De toute façon, elle était pas très chaude pour se séparer de sa pastille. Donc, elle a eu ses pompes et elle l’a gentiment envoyé se faire téter.

Après c’est moi qui l’ai eu. Il était beau gosse, Matthieu Flamme, il sentait bon le Brut de Fabergé et il conduisait une 206. Moi j’en avais rien à branler de ses Air Max, je voulais juste passer au wok. Un jour il m’a raccompagnée chez moi en voiture. On a traîné un peu, j’étais assise sur ses genoux. Il m’a dit « Je bande, tu sens? » J’ai dit « Attends voir… Euuuuh… non. » Il a dit « C’est normal, j’ai une petite bite mais je sais m’en servir » J’ai rien dit parce qu’une fois de plus, comme d’à peu près tout à cette période, je m’en branlais complètement. Le lendemain, il m’a appelée pour que je vienne « mater un film » chez lui. J’y suis allée, ventre à terre comme on dit.

Sa chambre était sombre et sentait le Nag Champa moisi. Ses draps sentaient le fauve et les pollutions nocturnes. Il a mis Fatal Weapon dans son lecteur VHS et on a fait semblant de le regarder un bon bout de temps, jusqu’à ce que Danny Glover sorte son célèbre « I’m too old for this shit. ». A ce moment-là, il avait une main dans mon soutif et une autre sur mon cul. Je lui ai dit que mes nibards, c’était pas de la pâte à pain mais il a pas compris le message. Et puis j’ai eu le malheur de mettre la pogne dans son slip.

Là, y’a eu comme un moment d’intense réflexion.

Dans mon souvenir, quand on mettait la main dans le slip d’un  garçon, on tombait sur un truc doux, chaud et si possible dur. Là, je suis tombée sur les poils. C’était Rambouillet dans son slob. Alors j’ai fouillé un peu et j’ai finalement trouvé un  truc qui ressemblait à un ptit doigt.

Je lui demandé si il voulait  faire Cric ou Crac. Euh oui la définition est de moi, dépêchez-vous parce que m’est avis qu’elle ne va pas faire long feu sur Wikipédia.

Récapitulons: J’avais 15 ans, j’étais passablement défoncée, j’avais super envie de passer à la casserole et BAM! je tombe sur un micro-pénis. Pas une petite bite, hein, un micro-pénis. Je n’en suis vraiment pas fière mais je n’ai pas pu assumer. Tout ce dont j’avais envie c’était de le serrer dans mes bras et de lui dire que c’était pas grave et que je m’en fichais et que je « l’aimais » (façon de parler, hein) exactement tel qu’il était. J’avais envie de me frotter quand même. Problème: j’avais 15 ans.

Bon, bah je me suis barrée en courant, tu te doutes bien.

Quand je suis arrivée chez ma môman, hors d’haleine, j’ai rien trouvé de mieux à faire que de le larguer sans autre forme de procès et surtout sans trop le mettre au courant.

Plusieurs jours après ma grosse fuite, un nombre impressionnant d’appels à mon domicile et deux lettres passionnées et pleines de points d’interrogation, je croise Matthieu Flamme à la sortie d’une boutique.

Il me tend un paquet en me disant  « Tiens, c’est pour toi » avec les yeux larmoyants.

C’était un pull Marsupilami.

J’ai dit « Non merci, c’est moche » et je suis repartie en direction du collège.

Je savais pas mais le gars il me suivait.

Devant le collège, c’était noir de gens. Et il s’est mis à hurler un truc du genre: « Vieux Félin, t’es vraiment qu’une grosse pute ». Ca sonne encore désespéré à mon oreille.

Je ne sais honnêtement plus ce que je lui ai répondu mais en tout cas il a pas du tout apprécié, il s’est mis à agripper mes poignets en hurlant « Pourquoi, pourquoi? tout en me secouant comme un prunier.

Le pauvre garçon avait pas vu que j’avais une clope à la main. J’aimais pas trop qu’on me hurle dans les oreilles ou qu’on me secoue tant que c’était pas tout nus dans un lit alors j’ai écrasé ma clope. .. entre son pouce… et son index… Et là Matthieu Flamme, il a vraiment pleuré.

Bah tu sais quoi, ça m’a déchiré le coeur de voir ça.

Après, il est sorti avec une autre de mes fausses copines. Je sais pas si elle a couché avec lui. Et encore ensuite il est sorti avec la dernière de mes fausses copines mais je crois pas que ça se soit bien passé parce qu’elle était gitane et qu’elle avait pas trop le droit de regarder un  gars en 206 dans les yeux. J’ai entendu dire qu’on l’avait vu courir un jour, coursé par toute la famille de la fille. Pauvre Matthieu Flamme. Aujourd’hui, vous en faites pas, il a des gosses.

Tout ça pour dire, outre le fait que 15 ans, c’est décidément pas un âge pour avoir une vie sexuelle normale, que si je rencontrais Matthieu Flamme aujourd’hui je ferais pas du tout pareil.

J’implore ton pardon, Matthieu Flamme.

A 15 ans, t’es vraiment qu’une grosse pute, à 28 aussi.

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