«  Hé, ne te moque pas de la masturbation, c’est faire l’amour avec quelqu’un que l’on aime ! » Woody Allen.

Je me souviens de cette scène dans un film gore qui s’appelle Dead End. Une famille modèle père mère fille fils en bagnole, qui n’arriveront jamais à destination. A un moment donné, je ne me souviens plus comment, la mère se rend compte qu’il lui manque une partie de la boîte crânienne et que son cerveau est à nu. Elle touche, la mère, elle peut pas s’empêcher. On la voit donc se tripoter l’hypothalamus, en pleine extase et ce, jusqu’à en crever pour de bon.
Bon.
Où est-ce que je voulais en venir?
Ouais.
La masturbation.
Je me souviens, quand j’étais petite, j’étais persuadée d’avoir trouvé un truc génial que personne ne connaissait. La première fois, quand j’ai senti l’orgasme imminent, j’ai eu une trouille de tous les diables. J’ai cru que j’allais crever, ouais. Après je me suis rendue compte que non et j’ai recommencé, recommencé et je passais ma vie dans la salle de bain. Pomme de douche, mon amie fidèle… [ça me fait penser que je n’ai toujours pas reçu ma pomme de douche disco pour orgasmes discos].
Des factures d’eau que tu te demandes ce qu’il se passe si ya pas une grosse fuite…
Ma mère ne m’en a jamais rien dit. J’imagine qu’elle savait très bien ce que je foutais toute la journée à prendre des bains mais elle n’a jamais abordé le sujet et grand bien lui a pris. J’ai jamais eu honte de ça. Ça m’a toujours paru extrêmement normal.
Bref, merci maman. T’inquiète pas, moi aussi ça me fait très bizarre d’écrire ça.
C’est pas le cas pour tout le monde.
Par exemple pour Pute.
Pute, il a une maman complètement castratrice qui déteste tous les hommes sauf le sien. Pas son mari, non, son fils. La mère de Pute, combien de fois elle l’a surpris en train de « se tirer sur la quique »? C’est genre incalculable.
Pauvre Pute. Depuis, Pute, il a honte de se branler.
En sept ans de vie commune, j’ai moult fois surpris Pute dans ses activités onanistiques et laisse-moi te dire que sur son visage se peignait une bonne grosse couche de mortification. J’ai essayé de le rassurer en lui disant que ça ne me faisait ni chaud ni froid, qu’il pouvait se faire autant de bien qu’il voulait ça me faisait toujours ça de moins ça me faisait plaisir pour lui. Au début, il a eu du mal mais maintenant il ne se gène plus, oulà, non. Je suis pas couchée depuis cinq minutes que le salon résonne déjà du beat sale des productions Marc Dorcel. Toujours est-il que sa honte j’en voulais pas, c’était pas une saine façon de réagir. J’aurais mieux fait de fermer ma gueule, mais bon, tant pis, au moins est-il euh… décomplexé.
Y’a de ça pas longtemps, il était je ne sais pour quelle raison assez furax contre moi. Et il avait décidé de se venger comme un connard. Comment crois-tu qu’il s’y est pris pour se venger? Bah il a attendu que je sois dans mon bain à deux doigts de l’orgasme pour Hop! Hop! faire une apparition dans la salle de bain en gueulant « Putain c’est pas toi qui paie l’eau, ça se voit!!! ». Peut-être il a cru que j’allais être morte de honte ou un truc comme ça. Je me suis mise à hurler des « Oui mais attend pour qui tu te prends, là? Dégage, t’as compris? Tu traces ta route, bâtard!!! » Il se doutait pas que j’allais me mettre en colère. Encore plus tard on en a rediscuté et il m’a dit qu’effectivement c’était pour me foutre la honte et qu’il était vert de s’être fait rabrouer et que du coup, c’est lui qui avait eu la honte. Depuis on a décidé d’un  commun accord que 1) il arrête d’avoir honte et 2) il ne vienne plus jamais m’emmerder quand je me fais du bien. Il a surtout entendu la 1)…
.
Fin de la parenthèse avec Pute.
Donc je disais qu’à l’époque où j’ai découvert la masturbation, j’ai dû me faire violence parce que si je ne m’étais pas imposé des limites, on m’aurait retrouvée avec la peau toute fripée sur les os et passablement débile. Mais je le faisais dès que j’en avais l’occasion.
Adolescente, je crois que j’ai fait une pause, trop occupée que j’étais à coucher avec tout ce qui tombait sous la main.
Plus tard, j’ai eu des « relations stables » et c’est là que j’ai pu reprendre le double-cliquage de souris. Le temps et l’expérience aidant, j’ai quelque peu délaissé ma pomme de douche au profit de jouets un peu plus hightech. Avant j’avais une passion pour Barbie maintenant dès qu’on parle sextoys quelque part, je suis sur le coup.
Les émotions que ça suscite, ses souvenirs, t’as pas idée…
Depuis, je suis incollable en jouets et j’en ai plein, un pour chaque genre de masturbation. Ça va du Rabbit pour quand j’ai juste deux minutes et demi devant moi.
De l’éponge quand je prend mon temps. Le petit modèle de vibro pour quand je suis timide et/ou en voyage. Le Viking pour les grosses faims. Je te les fais pas tous parce que même si ça se voit pas au premier abord, j’aime cultiver un certain mystère.
Ce qui me fait écrire ces lignes, c’est que j’ai plus le temps pour me masturber.
Je me dis tiens, je finis et je m’y mets et en fait non, j’peux pas parce que je suis dérangée par un coup de fil/ la voisine/le gardien/un fax/une visite impromptue/Grumeau qui a fini sa sieste.
Du coup je pense sérieusement aménager un « temps-branlette » et en avertir la totalité de mon entourage.
Je pense que je vais enregistrer un message spécial pour mes répondeurs à base de « désolée, on a beaucoup à se dire mon clitoris et moi, repassez plus tard. ».

J’aurais bien aimé finir ce post convenablement mais comme tu t’en doutes, maintenant, j’ai mieux à faire. En attendant, tu peux toujours me raconter comment toi, tu vis ta sexualité solitaire, hein. Ce genre de choses m’intéresse toujours. Et puis fais pas le/la timide. Bientôt sur ce blog, un concours pour gagner des jouets, alors si tu veux commencer à gagner des points, c’est maintenant.

Allez, salut.

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