Mes rêves, ils sont parfois tellement nuls que ça me déprime une partie de la journée. Après c’est des coups à errer dans l’appartement comme une âme en peine et peut-être même des coups à ressortir mon intégrale de la Petite Maison dans la Prairie en dévédé. Tu sais, celle qu’est en forme de maison, avec toutes les saisons et même les téléfilms. Faudrait pas que ça arrive. LPMDLP, c’est la phase trois de la déprime sur l’échelle des dévédés. Parce que c’est ça, Pute, il le sait bien. Il peut te dire exactement mon niveau de déprime en fonction des séries que je regarde. Si je ressors l’intégrale de Six Feet Under, il se donne pas la peine de me demander si je vais bien. Il se dit juste que j’ai eu une grosse journée.
Si c’est F.RI.E.N.D.S, il me dit qu’il faut pas que je me laisse aller comme ça.
A La Petite Maison dans La Prairie, il s’inquiète… Du coup ça l’énerve et il se met à me hurler dessus dans son patois d‘élagueur.
Je te sens intéressé… C’est un mélange très spécial: y’a du turc, du normand et du manouche, avec l’accent portugais. C’est rapport au fait qu’il est normand et que ses collègues sont turc, portugais et manouche. Donc, quand je déprime, Pute m’engueule en turcouchemand, c’est spécial comme soutien.
Si c’est Sex and The City, il me supprime les télécommandes. Je sais pas si tu te rends bien compte de ce que ça lui fait: quatre connasses qui parlent chaussures, amour, sexe et autres conneries, en plus ils les trouvent toutes très laides et vision d’horreur, la mère de ses enfants vautrée dans son canap’ avec la bouche ouverte, un pot de pâte à tartiner dans une main et une canette de Coca Zéro dans l‘autre. Et là, tu notes l’un des paradoxes les plus féminins de l’histoire des gonzesses.
Bon.
En temps normal, je hais Sex and The City.
Quand ça va vraiment très mal, c’est devant, accroche-toi bien à ton clavier, Dawson’s Creek qu’il me retrouve le soir.

Là, il déclenche le plan Orsec. Il sort le dévédé, le casse en deux et le passe au four. Ensuite il me tire les cheveux ou il me pince la couenne dans l’optique, je suppute, de vérifier que je suis toujours vivante cérébralement parlant. Genre s’assurer que je peux toujours faire des phrases sensées à base de sujet + verbe + complément + insulte. Donc au moment où je te parle, j’ai plus que la saison 5 et la saison 6. Elles sont très subtilement cachées là où il n’ira jamais les chercher, derrière mes Bescherelle et mon Larousse Illustré.

Donc, je digresse, je digresse, cette nuit j’ai fait un cauchemar tout pourri sa race.
Dans mes rêves, y’a souvent John Fante. Cette fois-ci c’était staring Hugh Laurie. Oui, c’était un cauchemar. Avec Hugh Laurie, on se mettait une mine dans des toilettes de collectivité et y’avait toujours une femme de ménage brune (jamais la même gueule) nettoyant les gogues qui restaient invariablement dégueulasses. Hugh Laurie avait sa canne et il avait très mal à la jambe. Et puis on discutait du mythe de Sisyphe brillamment illustré par la technicienne de surface. Après je ne sais pas comment on se retrouvait sur les marches d’un monument très gris, sous une pluie froide qui nous rentraient sous les frusques. C’était genre en Inde. Avec Hugh Laurie, on tisait toujours comme des brutes sous la mousson. Mais il a été bipé par Wilson alors fallait qu’on bouge nos boules. Les marches, elles faisaient à peu près 1m50 de haut et étroites façon maison du Nord, c’était coton à descendre. Là, y’a une conne qui se fout de ma gueule. IRL je sais pas qui c’est mais dans mon cauchemar c’était l’équivalent de LA personne qui te fait chier toute ton enfance. J’étais décidée à lui foutre sur la gueule même si Hugh Laurie me disait « Don’t bother, Thirteen ». Je lui répondais « Cut me some slacks, you crippled ho’bo » et je me barrais avec Roro faire de la luge.
Sur les pistes de luge, je repère la connasse qui s’était foutu de ma gueule. Avec Roro sur la luge on la rattrape et je la tabasse. Je la mets en sang et Roro me signale qu’on a appelé les flics. Je me barre en courant pour me cacher et je me retrouve dans les toilettes de collectivité qui étaient en fait celles de mon école primaire. Y’a toujours la morue qui passe la serpillère. Hugh Laurie est là et me balance « Told you… ».
Je lui demandais de me cacher « Hide me you son of a motherless goat!!! » et il m’emmène dans la cour de l’école.
Là, arrivent 6 fourgons de gendarmes avec une seule personne par véhicule et je me demande à quoi bon. Un gendarme descend et me demande ma carte d’identité. J’y donne et il découpe la carte en trois horizontalement, il en jette un bout et recolle les deux autres parties. Il me la retend en me disant « Comme ça aussi, c’est légal ». Il avait découpé la partie avec mes yeux, ne restaient de mon visage que mon front, mon nez et ma bouche.
Ensuite il me dit « ferme les yeux, ouvre la bouche » et me glisse un bout de viande avec un truc qui craque au milieu. J’ouvre, les yeux, il m’avait fait bouffé son pouce, le con.
Pour finir y’a la Reine des gendarmes qui descend pour me mettre les pinces. C’était Delphine Pommier. Putain Delphine Pommier, la fille j’ai pas pensé à elle depuis des années et des années. Je la connaissais à peine, on était pas dans la même classe. Elle était très jolie et toute fine et avait l’air über sympa. Bref, qu’est-ce qu’elle fout dans mon rêve, Delphine Pommier? D’où c’est la Reine des Gendarmes? Bref.
Delphine Pommier me dit: « Au nom de la Loi, je t’arrête et fais pas ta star, enlève tes lunettes de soleil. »
Je me suis réveillée complètement déprimée. Ça c’est la faute à ma grosse rage de dents. Je sais que les rêves faut pas les raconter parce que ça fait chier tout le monde mais je souffre, c’est une raison suffisante.
Rage de dents + codéine = La Petite Maison dans La Prairie.

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