Jennifer Aniston et Brad Pitt ou encore Jennifer Aniston et Vince Vaughn ou encore Jennifer Aniston et John Mayer ou encore Jennifer Aniston et Jennifer Aniston nous l’ont bien démontré: les ruptures, c’est casse-burnes. Ça traîne dans le meilleur des cas, ça fait physiquement mal dans les pires. Ça arrive à tout le monde au moins une fois. Chacun tient une fois dans sa vie le rôle du larguant et celui du largué, enfin j’espère.
Ça fait mal, la rupture. Même si on aime pas forcément. Ça fait mal d’être rejeté, notre égo pleure de ce qu‘on ne veut plus de nous, de ce qu‘on nous a remplacé, de ce qu‘on a viré comme cuti, que sais-je?

Mais ainsi va la vie et il faut savoir apprendre de ses râteaux salutaires qui nous font grandir un petit peu de l’âme, genre quoi.
Je ne sais plus quelle a été ma pire rupture mais une chose est sûre, chaque fois que j’ai du endosser le costume de la larguante, j’ai toujours été soit d’une pleutrerie tout bonnement étourdissante, soit au contraire un chouille trop téméraire.
Parce que oui, si l’homme est pleutre, la femme l’est aussi.
Alors nous aussi il peut nous arriver d’user de ces pathétiques « C’est pas toi, c’est moi », « Je sors d’une relation très longue et je ne me sens pas prête à recommencer », « Tu es trop bien pour moi, tu mérites mieux » ou encore « Mais oui, je te rappelle. » Je dis « nous » mais certainement pas moi.
Dans mon cas, toujours, je dis bien TOUJOURS, ça se finit en pas propre.
C’est parce que j’ai pas de race, ça.

Et en cette nuit de dimanche à lundi où mes enfants ont réussi l’exploit non négligeable de me filer un rhume, une angine et une gastro, le sommeil me fuit et je me vois encline à me retourner sur mon passé de larguante pathétique, pourquoi, je dis bien pourquoi ne pas t’en faire profiter un peu? Histoire que tu ne fasses jamais comme moi, par exemple.


Le premier que j’ai du larguer, c’était
L’Ado slash surfer slash guitariste. Ça faisait à peu près un an et demi qu’on était ensemble, enfin, aussi ensemble qu’on puisse l’être à treize et quinze ans et qu’on vit respectivement à Vernon et à Villejuif. Avec lui, j’ai du employer la technique du mensonge éhonté. Facile à placer quand on vit une relation longue distance compte tenu de la difficulté à prouver le mensonge. En fait, je l’ai quitté parce que j’avais rencontré un bidasse en Fiat Panda qui fumait du shit et qui me laissait parfois conduire la Fiat Panda, parfois même la Clio de ma daronne. Il venait me chercher au collège et ça avait trop de la gueule. Donc, au téléphone:
VF: Ado slash surfeur slash guitariste, j’ai une grave nouvelle à t’annoncer.
ASSSG: Qu’est-ce qui se passe mon amour? Tu trembles de la voix…
VF: On m’a diagnostiqué une maladie très rare et incurable. Je n’ai plus que six mois à vivre.
ASSSG: QuOOOOOi ??? Mais qu’est-ce que c’est? Oh mon Dieu !!!
VF: Euh… c’est une chlamydiae.
ASSSG: Oh mon Dieu!

VF: Je pars dans un ashram en Inde pour me tourner spirituellement sur mon judaïsme à tendance boudhistique. Nous ne nous reverrons jamais mais j’emportai avec moi le souvenir de notre été de passion à Cabourg et je mourrai enterrée avec ta plaque des Guns and Roses.
ASSSG: Oh mon Dieu!!!
VF: Adieu. Prie pour moi.
ASSSG: Oh mon Dieu!

Ensuite, il a bien fallu que je largue mon bidasse qui, reconnaissons-le, était d’une connerie alarmante. J’entrais au lycée et je rencontrais my highschool sweetheart, celui dont on tait le nom, celui qui ne se verra que mentionné tellement je l‘ai aimé comme une cinglée, celui que plutôt crever que d’en parler sur un blog. Pour larguer mon bidasse, à rebrousse-poil de la technique du mensonge éhonté, j’ai préféré celle de la Vérité Toute Nue. Donc, au lit…
VF: Bidasse en Fiat Panda, je te quitte.
BEFP: D’où tu me quittes, tu déconnes?
VF: Pas du tout. Je suis tout ce qu’il y a de plus sérieuse. D’une, tu es con comme un balais. De deux, tu écoutes Johnny Hallyday ET Cut Killer. De trois, t’es juste beaucoup trop beauf pour que je continue à te fréquenter. Et même si tu me fais des super cunis, y’a des choses que je ne peux pas cautionner sans vomir un peu dans ma bouche. De plus, je suis amoureuse d’un mec de ma classe.
BEFP: Tu dégages de mon plumard, connasse !
VF: Mais il est trois heures du mat’!
BEFP: Tu dé-gages!
VF: Allez, fais pas ta pute…
« J’BIM » c’est le bruit que ça a fait dans mon oreille quand il m’a giflée…
Après, il venait me faire flipper en entrant en loucedé au lycée pour m’espionner pendant mes cours en passant son pouce sur sa gorge quand je levais le nez vers lui. Ahem.

Avec my highschool sweetheart, ça s’est pas fait tout de suite rapport à ce que c’était un grand indécis. Je me suis vaguement tapé un de ses potes, autant par lassitude que par dépit. Je suis une fille formidable, non? Notre relation basée exclusivement sur des rapports sexuels fades et paresseux a duré exactement le temps des vacances de la Toussaint. Le problème, c’est que je lui ai jamais dit que c’était fini. Je te mens pas, sur ma vie, j’ai oublié de lui dire. Ainsi, une semaine après que j’aie enfin conclu avec MHSH:
Lui: Tu viens chez moi ce soir, ça fait longtemps qu’on s’est pas vus!
VF: Hein? Mais ça va pas bien, non! J’ai pas été assez claire? Qu’est-ce que tu comprends pas dans la phrase « Je te quitte je suis avec MHSH »?
Lui: QUOI? T’es avec mon meilleur ami? Mais depuis quand? Pourquoi tu ne m’as rien dit?
VF: Comment ça je t’ai rien dit?
Lui: …
VF: Je t’ai rien dit?
Lui: Bah non. Tu sais quoi? T’es… pfff… mais va mourir vieille pute!
VF: Désolée, vraiment. J’ai du le penser très fort mais euh… Désolée, hein…
Lui: Je te méprise.
VF: A mon corps défendant, sache que je suis atteinte d’une maladie extrêmement rare appelée chlamydiae qui altère considérablement la mémoire immédiate et donc c‘est pas pour me justifier mais…
Lui: Oh ta gueule!

Après… j’ai grandi. J’ai essayé de larguer avec plus de tact et de doigté mais parfois, les gens, ils t’en laissent pas le loisir. Surtout les filles. Comme cette gothique qui venait gratter des heures à la porte de mon appart en me laissant des cd de Norah Jones. Ou cette mormone qui m’a menacée de se jeter par la fenêtre, même que je lui ai envoyé les pompiers et que ses parents ont appris le truc et qu’elle a été limite répudiée à cause de ça. Mais va pas croire que j’ai jamais été larguée, ouh là non. Et pis j’te raconte même pas comment.
Pas tout de suite en tout cas.
Tu sais quoi? La prochaine fois que je suis malade et que j’arrive pas à dormir, t’en entendra parler.

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