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Tu sais que je vais continuer à te faire chier jusqu’à ce que je trouve du boulot?
C‘est moche alors je vais faire une pause.
J’ai une loose de tous les diables en ce moment. Une loose dans le genre monument, j‘ai l‘impression de m‘asseoir sur l‘Obélisque de la Concorde.
Ça avait pourtant l’air de commencer très bien suite à mon billet « La vie c’est comme une boîte de Quality Street » grâce au lien trop d’la balle de Mila.
Si tu te souviens bien, c’était une annonce pour un job de rédac’ pour « un projet éditorial féminin » sur laquelle je me suis ruée comme Pute sur une pizza 4 fromages. Je me suis ruée dessus mais c’est pas pour autant que j’y suis pas allée à la va comme j’te pousse. Au lieu du classique cévé + lettre de motiv’ de rigueur, je me suis fendue d’un mail dans le genre: « Salut, je fais ça, ça, ça et ça. Vous m’engagez tout de suite sinon je me pends ». Après ça, j’ai fait une sieste. Quand je dors je réponds pas au téléphone. Ou quand je décroche y’a de grandes chances pour que j’insulte avant de raccrocher. Bon. Deux heures de pionce plus tard, j’ai un message sur mon répondeur.
« Salut, on a bien reçu votre candidature, rappelez-moi au 01 … rapport à ce qu’on veut vous faire participer au projet. Bye. »
Je pense deux choses sur le moment:
1) Est-ce qu’un cunnilingus de remerciement sur la personne de Mila est un geste suffisamment révélateur de mon immense gratitude?
2) Merde, mais putain, j’ai pas de netbook. C’est quoi cette rédac’ de merde qu’a même pas un netbook???
Après discussion avec la chef de projet qui m‘explique qu‘il s‘agit d‘un nouveau magazine dans lequel interviennent des vraies filles comme moi qui sont pas pro mais qui savent se marrer et moi grosse naïve j‘y crois à mort, nous convenons que je lui envoie des pitchs dans différentes rubriques pour qu’elle les soumette au comité de rédaction. Je lui envoie, ça lui plait, j’attends le verdict. La semaine la plus longue de ma vie …
Le vendredi je reçois dans ma boîte mail: « Nan mais en fait je suis désolée, au lieu de blogueuses-vrais-gens comme vous, le boss change de cap et confie ces rubriques à des professionnelles. Mais que diriez-vous d’un sujet complètement débile comme interviewer le chien d’une célébrité ? Oui vous avez bien lu!  Faites du drôle sur trois questions réponses en incluant l’actualité de la célébrité en question. »
D’abord, je pleure et je me demande si je vais pas lui juste lui répondre « Que le Diable emporte votre boss et l‘encule sauvagement dans la mangrove». Après, je me force à me rappeler que c’est pas avec ce genre de réaction pré-pubère et orgueilleuse que je vais croûter et je me mets au boulot sans une once de conviction, vu la qualité du sujet imposé. Sujet imposé comme il se doit à tous les comme-moi qui se sont fait jarter des rubriques. J’ai laborieusement pondu 450 mots que j’ai soumis à l’appréciation du Velu et de Frida. Le premier m’a confirmé en substance que c’était de la merde. La deuxième était plus optimiste. J’envoie après avoir pris en considération un certain nombre de leurs critiques. Ça lui plait, deux jours plus tard, ça a l‘air à peu près dans la poche. Je dois les rencontrer dans leurs bureaux. Le vendredi, dans ma boîte mail: « Non mais en fait désolée, ça manque de rythme, on se dirige vers quelqu’un d’autre. ».
J’ai cinq ans sur un manège et j’arrive pas à attraper la queue du Mickey.
Aujourd’hui, j’avais un entretien d’embauche pour un poste d’assistant d ‘éducation dans une école élémentaire de zep qui s‘appelle Arc en Ciel . Non mais who the fuck am I kidding?
Vu le nombre alarmant de mensonges débités en une demi-heure tels que « Oui, j’adore les enfants, d’ailleurs j’ai longtemps fait du bénévolat pour l’aide aux devoirs et les enfants sont l’avenir et c’est trop gratifiant », je pense pas non plus que j’aurais ce boulot.

Tout ça pour te dire que j’en ai ras-le-bol d’être une bouffonne et que je reviendrai quand j’aurais un truc sympa à raconter. C’est-à-dire, dedieu, je sais foutrement pas quand.

Sur ce, take care et love sur ton corps.

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