Il ne me reste même pas 48h de répit.
Tu te souviens quand je me plaignais de ne pas avoir de boulot? Comme quoi j’étais à deux doigts de commettre un truc irréparable comme vendre mon corps tellement j’étais financièrement en chiasse? Tu te souviens?
Bon, bah je suis toujours dans une merde pécuniaire noire sauf que j’ai plus du tout envie de bosser pour gagner ma vie. Surtout quand m’apparait la perspective de me fader une bande d’ingrats-slash-cailleras-slash-petits-cons-qu’en-ont-rien-à-branler-des-études-vas-y-fais-pas-ta-pute-madame pour la très très modique somme d’un smic alors que je pourrais tellement rester chez moi à baver des trucs sur le ouèbe. Même que ça serait un genre de rêve éveillé.
Donc même pas 48h avant de revêtir mon costume d’Assistante d’Education. Que j’ai jamais vu les élèves, que je connais à peine mes horaires et que je vais être catapultée là-dedans à la va comme j’te pousse. Mais si l’on en croit ma supérieure, j’aurais du deviner que je devais venir me présenter aux monstres sanguinaires, que ç’aurait été un genre d’initiative de bon aloi. Moi, si tu me demandes pas, je ne fais pas.

Donc je l’ai « déçue mais c’est pas grave ».

Après, y’a eu la fois où j’ai été un peu ointe de honte.
Le matin, je prends une ruelle pour aller chez CLD et dans cette ruelle, y’a toujours plein de connards pour faire chier leur clebs sans ramasser alors qu’il y a des sacs et des poubelles partout prévus à cet effet.

Donc je pousse tranquillement la somme de toute mes migraines j’ai nommé Grumeau et Culculine quand devant moi je vois une femme ignorer l’énorme chose fumante qui vient de sortir du cul de son chien. J’évalue le parcours pour éviter la chose: difficile de passer sans rouler dedans. Donc, civique comme je le suis, je hurle:

«  Non mais allez-y hein! Et chez vous, vous chiez par terre aussi? CONNASSE !!! »
Madame se retourne et je me rends compte que je viens de pourrir joyeusement ma supérieure, la coordonatrice de l’atelier, celle avec qui je vais passer mes 35h hebdo.

S: Non mais ça va pas b… Vieux Félin?
VF: …
S: Vous insultez toujours les gens de cette façon?
VF: Moi? Non… Je suis civique, je préfère éviter de coller de la merde sur les roues de ma poussette, c’est plus clean.
S: Je vois… C’est n’est pas une raison pour m’insulter.
VF: Je ne savais pas que c’était vous.
S: Même !
VF: Mais vous n’allez pas ramasser?
S: Bah si, maintenant.
VF: Merci. On se voit jeudi, alors?

Bon, elle a pas répondu mais elle avait l’air vexé alors ça se tient…

Aujourd’hui, je prépare mon kit pour affronter le dur:

1) Mon dictaphone: pour choper des infos sur les uns et les autres qui me serviront à partager pour mieux régner. Que je vais tricoter des intrigues pour les distraire du truc qu’est sans doute un peu leur violon d’Ingres: FAIRE CHIER LA NOUVELLE.
2) Des anxiolytiques: Pas pour moi. Juste pour les droguer au cas où, à l’heure du déjeuner où je le rappelle: je dois les emmener du point A au point Bouffe toute seule et superviser le truc. Donc, j’ai envie de dire: drogues, quoi.
3) Un peu d’herbe de Pute: Pour ceux qui seront sages et ceux qui diront « Sérieux, Madame, vous êtes bonne quand même »
4) Une photo de Pute, celle où il est torse nu avec une tronçonneuse dans chaque main et où il a l’air méchant. Que tu la regardes, que t’as pas envie de le rencontrer. Pour ceux qui diront un peu trop « Sérieux, vous êtes bonne, Madame »
5) Un appareil photo: la base de tout bon chantage. Lequel de ces ados aurait envie d’avoir un profil public sur Gayvox?
6) Ma raquette tue-mouches qui envoie de très légères décharges électriques. Celle qui marche super bien sur les oreilles.
7) Tout mon courage.

Ça va bien se passer…

Non?

Publicités