OK.

Bien, bien, bien.

C’est bizarre, je ne me sens presque plus chez moi, d’un coup. Y’A DU MONDE, dis donc.

Les habitués, laissez de la place aux nouveaux arrivants, ceux qui viennent en paix. Les autres, ma foi, qu’ils s’indignent un bon p’tit coup en commentaire (t’as vu même quand tu m’insultes, je ne censure pas, que ça s’appelle le droit d’écrire ce qu’on veut bordel) (Charité bien ordonnée et tout et tout) et qu’ils passent leur chemin.

(Ouais, faut croire que mon nouveau truc, c’est les parenthèses)

En parlant de charité bien ordonnée et surtout dans l’optique d’éviter le syndrome du Delon de Cavaillon, éviter le melon monumental parce que quelques personnes ont parlé de mon licenciement et surtout de la cause de ce dernier- je le rappelle « Bitcher sur les élèves, c’est mal, tout fictifs qu’ils soient dans le cadre du blog « – donc histoire de m’auto-remmettre à ma place, j’ai décidé de passer sous les Fourches Caudines et de te révéler mes plus grosses hontes personnelles.

Le genre de honte qui fait que tu vas sans doute moins me respecter mais tant pis. Pour la beauté du geste, je te donne mes gros dossiers. Maman, détourne tes yeux chastes s’il te plait.

 

Un jour, j’avais dix ans. J’étais moche, dodue et mal fagotée. J’avais pas d’amis parce que j’étais « bizarre » et que je racontais toujours des histoires. J’ai toujours aimé en raconter. Comme par exemple dire que ma soeur portait une perruque pour cacher qu’en fait elle était blonde. Si c’est pas débile. Non, moi-même, je ne sais pas ce que ça veut dire.

Quand j’étais petite, je racontais tellement de mensonges que lorsque mon père est mort, à l’école, personne ne m’a crue. Grosse Honte 1.

 

Un jour, j’avais onze ans. Je traînais avec une fille très sadique sur une Foire. Et là, maxi-grosse-envie de « poser culotte » comme on dit. La fille habitait à deux pas. Mais vraiment, deux pas. Elle n’a pas voulu me laisser pisser chez elle. Oui, ami lecteur, je me suis pissée dessus. La fille super sadique était très contente d’elle et m’a finalement laissée entrer chez elle pour me prêter de quoi me changer. Je t’ai dit qu’elle était très jolie et moi toute dodue mal finie? Bah je suis rentrée chez moi en leggings de laine vert pomme deux tailles trop petits. Grosse Honte 2.

 

Un jour, j’avais douze ans. J’avais décidé de me faire couper les cheveux très courts. Le problème étant que c’est à ce moment-là que mes cheveux se sont dits que en fait, bah tiens, ils allaient friser. On m’a appelée Caniche très longtemps. Grosse Honte 3. Tu comprends maintenant ma phobie du bavard.

 

Bon après, je suis devenue méga-bonnasse.

 

Un jour j’avais 16 ans, j’étais à une fête d’adultes et c’est là que j’ai du prendre l’une des plus grosses cuites ever. Je pars vomir tripes et boyaux aux toilettes. La pièce qui bouge et tout. Je m’appuie d’une main au chambranle pour assurer tout à la fois mon équilibre précaire et la fermeture de la porte. Je ferme la porte, y’a un truc qui coince, je force, ça coince toujours. Il s’est passé un long moment avant que mon cerveau ne me prévienne que ce qui coinçait comme ça, c’était juste mon pouce. Le lendemain, toujours bourrée, je m’évanouis devant le lycée. Grosse Honte 4.

 

Un jour, j’avais 17 ans. J’étais en vacances chez mon amoureux dans la maison de ses parents, pendant un mois. Mère très très rigide, Père Prix Goncourt. A cette époque-là, j’adorais un peu me mettre des murges qui défient l’entendement. On était de sortie mon amoureux et moi et ce soir-là, j’étais sans doute trop schlass pour me rendre compte de ce que je faisais. Je vidais leur cave, entrais dans le salon pour dire « Bonsoir! » et en profiter pour décoller le tissu mural, une bouteille dans chaque main. Et je me souviens, j’étais sûre qu’ils n’allaient pas remarquer. Bon, le lendemain j’étais à la porte. Grosse Honte 5.

 

Un jour, j’avais 19 ans. J’étais en voiture en train de me mélanger avec un mec. C’était la nuit, dans un coin tranquille. Pas si tranquille que ça si j’en crois les flics qui nous ont chopés et matés et fait sortir du véhicule à poils dans le froid de l’hiver. Grosse Honte 6.

 

Un jour, j’avais 25 ans. J’étais enceinte de Grumeau. En me levant de mon bureau je sens un truc froid et humide entre les jambes. Ventre à terre aux urgences, je pense avoir perdu les eaux. IL s’avère rapidement que non. La sage-femme prend mon futal et sent l’entrejambe. « Ah non, c’est très net! C’est de l’urine! Sentez… » et de hurler, porte ouverte à sa collègue « C’est bon, remballe l’écho, c’est une fuite urinaire!!! » « Quoi? » « Elle perd pas les eaux la ptite dame, c’est UNE FUITE URINAIRE!!!! » « AH ». J’ai pas besoin de préciser que la salle d’examen avec la porte ouverte se trouvait juste à côté de la salle d’attente et que j’entendais les gens se marrer comme des hyènes. Grosse Honte 7.

 

« Avoir honte de son immoralité, c’est un premier degré de l’échelle; arrivé en haut on aura honte aussi de sa propre moralité »

Friedrich Nietzsche

 

Je te tiens l’échelle?

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