Nan mais je te vois venir. Là, pour l’instant tu te dis que c’est cool de faire chier ta mère et je te comprends, crois-moi. Sincèrement, je m’inquiète pour ton avenir. T’as à peine un an et laisse-moi te dire que tu files déjà un mauvais coton. C’est pas comme si c’était une suprise, je te l’accorde.

Bah, oui. Ton père avait dit que tu serai chiante. Je me souviens dans la chambre, à la maternité. Je venais juste de remonter de la salle de réveil et on ne t’avait pas encore amenée. Et bah ton père a dit: « Tu verras, elle sera chiante. ». Il l’a répété très souvent dans les mois qui suivirent disant à qui voulait l’entendre que j’allais en chier grave avec toi et que ça ne serait que justice. Je te défendais. Je disais que non, pas possible, ma fille chiante? Elle est parfaite!


Depuis quelques semaines, vu ton attitude incessemment provocatrice et insolente, j’ai du réviser ma copie. Force est de constater que ton père a le « don ». Et qu’il n’est plus nécessaire pour moi de jouer Sa Majesté Offusqué en la dièse chaque fois qu’il aborde l’évidence: à savoir ton comportement déplorable. Je ne dis pas que tu me déçois parce que tu es la juste fille de ta mère. Mais c’est ça, le problème, vois-tu?

Et arrête!

Arrête!

ARRÊTE !

Tu vois, c’est de ça dont je parle! Ta manie de me crier dessus tout le temps avec tes sourcils en accents circonflexes et tes billes inquisitrices. Sais-tu qu’il n’y a pas si longtemps on aurait fait un petit gigot de toi? Estime-toi heureuse d’être née dans une époque où le laxisme est le maître mot de la parentalité.

Nan parce que c’est quoi ton problème? Que je sois plus mince que tu ne l’es? C’est normal que tu sois chubby, t’es un bébé, bordel.

Nan mais pleure pas. Je voulais pas dire gigot. Viande maigre, ça te va? Gefiltefish?

PLEURE PAS !

Il va falloir assumer le fait que je sois bonne. Mais je ne serai pas une menace pour toi, c’est toi qui le sera. En plus, je veux dire, faudrait qu’il t’arrive quelque chose de grave qui te casserait le visage pour que tu ne sois pas aussi jolie que moi. Et si tu promets d’assumer la sexyness de ta maman, je te promets en retour de ne jamais me taper un de tes camarades. Deal?

ARRÊTE DE CRIER BON SANG!

Je te remets dans ton parc si tu continues. C’est dommage parce que j’avais une super histoire à te raconter. Enfin, « super » n’est le terme adéquat mais ludique et instructive, ça mange pas de pain.

Je disais donc que tu es la juste fille de ta mère mais que attention, faudrait voir à ne pas essayer de me ressembler.

Culculine?

CULCULINE?

Tu sais que ce château Barbapapa sera toujours là quand j’aurais fini, le minimum serait que tu m’écoutes.

Lâche-le.

Donne à Maman !

DONNE !

Bon tu cries encore une fois, ma petite, et Maman va se mettre en colère et crier waaaaay plus fort que toi, ok? Moi si je crie, tes cheveux s’envolent, pigé?

Bon. Où j’en étais, putain?

Ouais.

J’ai bien peur, petite Culculine, que tu ne sois sur le chemin très sombre et rocailleux du « J’veux être Maman en pire ». Il faut vraiment que tu te construises en opposition par rapport à l’image que je te renvoie. Une opposition chouette serait que tu fasses une scolarité brillante et que tu restes éloignée des drogues, de l’alcool et du sexe. Parce que c’est pas une bonne idée de me punir en devenant pire que moi. C’est vraiment pas une bonne idée. D’une parce que c’est très épuisant. De deux parce que c’est dangereux et que mon rôle à moi, c’est de te protéger de tout ça. En plus, je ne sais même pas si c’est humainement possible de faire pire que ta propre mère. Moi, je l’ai fait « Pire que ma mère » et laisse-moi te dire que Grand-Mère était déjà gratinée comme meuf.

Donc voilà, je vais te raconter ce qui va t’arriver si tu continue sur le chemin sombre et rocailleux du « Je veux être Maman en pire »

Arrête de crier et rappelle-toi que je fais ça pour ton bien, uniquement.

Merde, où sont mes barbies? On va faire ça avec des poupées, comme chez le thérapeute, tu te souviens?

D’accord. Il était une fois…

Une petite fille qui aurait pu devenir une femme chouette et brillante avec une carrière über-prometteuse à base de beaucoup de zéro. Mais cette petite fille, dépassée et furieuse de l’image que lui renvoyait sa pute de mère, a préféré se mettre en quatre pour faire de sa propre vie un chemin de croix.

Elle aurait pu se trouver un gentil garçon qui l’aurait aimée d’amour pour toute la vie ever after mais non. Melle Cruchonne (appelons-la comme ça) s’est mis en tête qu’il fallait choquer Maman (BON COURAGE) Au lieu de suivre des études brillantes, Melle Cruchonne est partie à la Capitale pour devenir « actrice ».

Elle a d’abord posé nue…

Mais ça n’a pas choqué Maman qui l’avait déjà fait. Donc Melle Cruchonne décide de passer à la vitesse supérieure.

Elle reçoit très vite un Hot d’Or pour ses super prestations bukkake.

A force de fréquenter l’industrie du sexe, Melle Cruchonne tombe dans la drogue.

Et continue à tourner de mauvais films avec ce producteur vieux beau qu’elle finira par épouser lors d’une noce sur le thème « nature »

Suite à une chirurgie esthétique ratée, Melle Cruchonne, fraîchement larguée, s’enferme chez elle et passe la totalité de son temps de veille à bouffer des tartines de gras. C’est donc naturellement qu’elle prend un peu de poids.

Mais grâce à son médecin préféré qui lui prescrit de la drogue, Melle Cruchonne redevient vite bonne as du bon pain. Malheureusement, rien ne peut rendre à Melle Cruchonne son sourire d’antan. Elle reste amère et triste. Elle imagine donc comment elle pourrait en beauté finir.

Mais elle décide que non. Le suicide c’est halam. Et ça ferait pleurer le papa et la maman de Melle Cruchonne. Alors Melle Cruchonne décide de récupérer son ex-producteur. Elle s’y prend de la seule façon qu’elle connaisse.

Elle recommence à tourner.

Mais elle est toujours triste Mele Cruchonne, surtout quand elle ne remporte pas le Hot d’Or. A bout de nerf, épuisée par cette vie de débauche, elle commet l’irréparrable.

Tu vois Culculine, Melle Cruchonne aurait pu devenir ça:

Mais à cause de son entêtement à haïr sa mère, elle est devenue ça:

Ainsi se termine l’histoire de Melle Cruchonne.

Ouais, c’est triste.

T’as compris, alors?

ARRÊTE DE CRIER !

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