Hier, j’avais un entretien d’embauche à Paris.

Hier, j’avais un entretien d’embauche à Paris dans mon ancien quartier.

A onze heures que c’était, le truc.

Après, je devais voir Le Velu parce quand je viens à Paris, j’aime bien faire d’une pierre deux coups.

J’avais bien tout prévu, mon laptop pour écrire et mater des trucs, mon icône protectrice du métro, et mes médicaments protecteurs du métro…

t chouTout se passe bien, j’ai genre plein de temps devant moi avant que mon train n’arrive. J’appelle donc la bonne âme qui m’avait filé le plan pour discuter des ajustements de dernière minute et je ne capte pas pourquoi elle me dit « à tout de suite ».

Tout se passe bien il est 10h20. J’ai rdv à 11h00

A 10h53, le train part. Je suis hyper détendue et je me dis qu’après tout j’aurai peut-être pas besoin de me droguer pour passer l’épreuve du métro. Mon laptop sorti, j’hésite entre mater le dernier épisode de How I Met Your Mother et commencer à pondre les 60 fiches voyage que j’ai accepté de rendre pour le 3 février. Pendant que je pense aux avantages et aux inconvénients d’accepter des contrats à la va comme j’te pousse, le train arrive en gare de Paris. Diable, cette matinée est interminable, je regarde l’heure : 11h37. Je fronce un sourcil, je re-regarde l’heure, 11h38. Et c’est là que je capte que j’ai tout doucement une heure de retard sur mon planning.

Donc je me suis plantée de train et même si j’ai regardé l’heure à peu près tout le temps, je viens seulement de capter que j’aurais dû prendre celui de 9h53 et pas celui de 10h53. Là, tu te doutes bien que j’ai envie de me terrer quelque part pour ne jamais ressortir de ma vie. Je rappelle ma bonne âme « Salut, c’est la merde, je sais pas comment j’ai fait mais je vais avoir une heure de retard !!! ». Où je cours comme une dératée dans la gare, où je manque de me casser la gueule dans les escaliers de la sortie, où je manque de me faire renverser rue d’Amsterdam, où je bouscule tout le monde boulevard Haussmann et où je re-manque de me casser la gueule dans les escaliers du métro Saint-Augustin.

Arrivée dans la rame après un vol plané, je pose mon cul über flippé car il y a de meilleures façons de faire bonne impression que d’arriver avec une heure de retard. A deux stations de Charonne, j’en peux plus du prédicateur derrière moi qui hurle qu’on va tous crever d’ici le 21 décembre 2012 et que ce sera bien fait pour nos sales gueules de mécréants, je prends un calmant.

Riche idée attendu que le temps que ça fasse effet, je serai juste défoncée pendant l’entretien. Où je cours comme une dératée boulevard Voltaire, où je manque de me faire renverser rue de Charonne… J’arrive et ma bonne âme me regarde avec compassion avant d’appeler celle qui me fera passer l’entretien…

Je peux pas dire ce que c’est comme taf hormis que c’est un boulot d’appoint parce que la nana m’a fait promettre : « Moi ça me dérange pas que vous écriviez des conneries mais PAS SUR NOUS ». Bref, j’ai craché en plus alors vraiment je peux pas.

Donc après avoir eu une heure de retard pour mon entretien, j’avais ensuite une heure de retard pour mon meeting au sommet avec Le Velu. On est allés déjeuner dans l’ancien restaurant dans lequel je travaillais avant d’abandonner Paris pour Grumeau dans mon ventre.

Certains d’entre vous se souviendront de Charlotte et Didier et leur huit mômes et aussi de Eddy, l’apprenti. Pour ceux qui ne voient absolument pas de quoi je parle, il s’agit d’un couple de cathos qui m’ont embauchée et torturée pendant un an avec leurs suggestions du moment et leurs 36 sortes de liqueur pour accompagner le kir. Un devoir de mémoire de tous les instants et beaucoup de crampes à la langue, d’engueulades et de harcèlement sexuel.

J’ai donc eu l’occasion de me prendre un coup de vieux épouvantable à la vue de leur mômes qui étaient devenus de vraies personnes. J’ai pu observer que Didier avait nombre de cheveux blancs supplémentaires et que le cul Charlotte était passé de la taille bourdon à la taille Reine de ruche.

Ensuite j’ai emmené Le Velu dans un pèlerinage de mon passé : « J’ai bossé là » « Et là » « J’ai habité là » et « J’ai bossé aussi ici, ici, ici et là » et « après j’habitais là » mais ça n’a pas eu l’air de l’émouvoir. Il s’en branlait sévère pour être tout-à-fait franche.

Dans le train du retour, j’étais saoulée de souvenirs et de perspectives. C’est là que j’ai entendu parler un groupe de quatres meufs qui, vu la façon dont elles s’étaient installées, allaient probablement jusqu’à Rouen, ou la Mecque, je suis pas sûre. Elles parlaient monstrueusement fort à propos de VDM. Et je ne sais par quel truchement, j’ai commencé à entendre « que le Diable l’emporte et l’encule sauvagement dans la mangrove ».

J’ai donc écouté avec beaucoup plus d’attention :

Fille 1 : Mais ouais vous savez, cette blogueuse là, Vieux Félin.

J’en crois pas mes oreilles, j’ai l’impression d’être frappée du syndrome Clark Kent. Mes chevilles enflent déjà.

Fille 2 : Ah ouais j’adore son blog ! Elle est décapante!

Ma tête ressemble à un ballon de baudruche et mon égo entonne l’hymne national.

Fille 3 : Et tellement anti-conformiste avec ses mômes et son mec ! Pute! Je surkiffe ! Je la lis tous les jours !

Fille 4 : Mouais, moi je suis sûre qu’en vrai, c’est une grosse connasse. Je suis sûre qu’elle est moche en plus…

Fille 1, 2 et 3 : Hihihihihihihihi ! Mais tellement, quoi!

 

VIE DE MERDE.

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