Hier, vous m’avez haut la main réclamé un billet cul et bien, en veux-tu en voilà de la babine fraîche et de la bite sémillante.

Le toy boy…

Qu’est-ce que c’est, nom de Dieu de merde? Si tu es une femme et que tu ne sais pas ce qu’est un toy boy alors ce billet t’est dédicacé.

Le toy boy, chère petite niaise, c’est le must have des 2000. Cette ère dans laquelle la femme reprend le pouvoir sur l’homme et le baise sauvagement contre un réverbère à la sortie du Pharaon, club phare de Meulan Les Mureaux. Cette ère durant laquelle la jouissance de la femme l’emporte sur celle de l’homme et fait de lui, à ses dépens, un moyen et non plus une fin. Cette ère joyeuse et exaltante où après avoir baisé ton homme contre un réverbère à la sortie du Pharaon, tu peux sans complexe t’essuyer les babines avec un billet de vingt avant de lui coller sur le front en signe d’adieu. Il est loin le temps où les hommes pouvaient encore feindre d’ignorer la divinité Clitoris, et s’il reste des retardataires, tu as le droit de les gifler.

Levez-vous fièrement, dignes filles d’Henry Miller. L’homme est un consommable qu’il faut exploiter à bon escient. Et le consommable le plus tendre, c’est le Toy Boy, chérie.

Le toy boy/ boy toy (homme jouet) est devenu indispensable. Il fait froid, ton mec te fait chier, t’as envie de passer tes mômes au mixer, t’es en chien pour tes partiels, t’as pas de taff, t’es pauvre, t’as trois kilos en trop: il te faut un toy boy. Et pas seulement pour te baiser, c’est réducteur, mais surtout pour en faire ta petite sluty maid personnelle. Pour pouvoir comme il se doit aborder et arborer un toy boy, il faut sans conteste avoir un fond de misandrie ou de cruauté. Car le secret d’une bonne relation toy boy/maîtresse, c’est le peu de considération apparente que tu lui porteras.

Il s’agit aussi d’un contrat, tacite ou déclaré à toi de voir, mais il est primordial que le toy boy pressente au moins sa condition de jouet. Tu serais étonnée de savoir combien ça les fascine et ça les rassure, de se sentir pris en main et manipulés.

Mieux que ces considérations balancées à la va comme j’te pousse, le plus simple est encore que je te raconte comment j’ai appris le toy boy deuxième langue.

Fraîchement larguée par un graphiste à vélo qui avait la voix cassée (oui, c’est de toi dont je parle), je me traîne dans mon bar préféré pour retrouver mon « pote cruel » (celui qu’est cruel, celui qui arrange ou sabote tes plans cul selon qu’il a envie ou pas de baiser dans la minute).

Et puis vas-y que je lui raconte mes malheurs:

VF: Larguée.

PC: Oh c’est con, je trouvais qu’il t’allait vachement bien.

VF: Moi aussi. On se fait une baise de dépit?

PC: Nan je suis bourré et j’ai pas franchement envie que tu penses à lui pendant.

VF: J’comprends.

J’écume le répertoire de mon Samsung à la recherche de quelqu’un qui ne s’en rendrait pas compte.

PC: Et lui?

VF: Nan il est pas terrible.

PC: Et lui?

VF: Oh nan, je lui ai trop fait de coups de pute.

PC: Bah justement, espèce de nigaude!

VF: Mais il va m’envoyer chier comme une malpropre, une fois dans la journée ça va bien.

PC: Je te parie l’addition que si tu lui écris exactement ce que je dis, il rapplique ventre à terre chez toi avant minuit.

VF: Mais c’est mort!

PC: C’est quoi les coups de pute en question?

VF: Je lui ai posé trois lapins d’affilée.

PC: D’accord, tu lui envoies « Si tu veux toujours de moi, c’est maintenant ou jamais. Rapplique. ».

Pendant qu’on attendait la réponse de mon futur toy boy, Pote Cruel a fait mon éducation:

« Ce que tu peux être brêle! Même si il t’a dit que ça allait bien de se foutre de sa gueule, il ne peut pas refuser un texto pareil. Basiquement un homme, célibataire ou non, c’est avant tout une bite. Une bite qui, malgré ce qu’en dit la tête, aime bien qu’on la commande un petit peu. En gros, comme toi ma chérie, traite-le comme une merde, il se trainera à tes pieds en demandant du rab. Il y a tellement peu de gonzesses qui se comportent en homme que ça devient exotique et priceless. *portable qui vibre: Serai chez toi à minuit * Maintenant tu fermes ta gueule et tu paies l’addition. »

Toy boy numéro 1 a tenu pas loin d’un an.

Un an à rappliquer au beau milieu de la nuit pour m’aider à m’endormir, un an à me consoler quand j’allais pas bien, un an à supporter mes pires fantasmes (Je vous vois venir en commentaires le plus soft étant qu’il me lèche [gros tabou chez lui] pendant que je lui lise la Bible de Jérusalem [il était musulman croyant], un an à s’en prendre un peu plein la gueule aussi. Le toy boy, tu le baises et tu le mets à la porte. Le toy boy, t’en fais ton chewtoy. Le toy boy, tu ne lui montres qu’avec parcimonie ton affection, ça le déroute encore plus.

J’en arrive à la règle primordiale du toy boy: en choisir un dont tu es sûre que tu n’en tomberas pas amoureuse.

Et là, tu vas me dire: « Mais c’est dégueulasse, pauvre homme! »

Je te dirai: « Ta gueule, tu sais pas de quoi tu parles »

Avec Toy boy numéro 1, on a discuté de notre relation après qu’il ait fuit Paris (je refuse de penser avoir eu une quelconque incidence dans son exode). Je lui ai demandé s’il m’en avait voulu de m’être servi de lui de la sorte avant d’avoir piétiné son petit coeur.

Sa réponse m’a laissée sur le cul. Selon lui, je lui avais appris à respecter les femmes. Non pas de les considérer comme l’égale des hommes mais comme des êtres supérieurs. Respect et crainte en gros.

Maintenant, rends service aux femmes, aux hommes, à toi-même: toi aussi, adopte un toy boy.

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