Poppy and Daisy

Elle est chiante.

Elle est plus drôle que moi.

Elle est trop sensible et elle a un sale caractère.

Elle est bienveillante.

Elle est mère-poule.

Elle porte la joie de vivre comme une fleur à son corsage.

Elle envoie chier plus vite que son ombre et pourtant tout le monde l’aime.

Pour elle: « Le chèvre appelle le coca light qui appelle le chocolat qui appelle le chèvre qui appelle le coca light ».

Depuis mes débuts sur overblog, j’ai envie d’écrire un billet sur elle. Un billet juste sur elle qui est la personne que j’aime le plus au monde et oui, ça inclus la totalité des gens. Ça inclus mes propres enfants.

Ma soeur, c’est l’amour de ma vie.

Nous avons très peu d’écart d’âge, 15 mois. Deux facettes contraires, pile et face de la sexualité de nos parents.

Quand on était bébés, elle me prenait pour sa poupée et ma mère me retrouvait régulièrement à moitié à poil. Un peu plus tard, je lui présentais mon pied pour qu’elle en noue les lacets. On dormait dans la même chambre.

Quand on était toutes grumottes, on nous prenait pour des jumelles. Nos parents ont quitté l’appartement de la rue Spontini. Nous ne dormions plus dans la même chambre. On se lisait des histoires. On cherchait les souris cachées dans les albums des Triplées. On entendait jamais les foutues cloches à Pâques. On jouait à l’élastique avec l’aide d’un bouleau malade.

Quand on était adolescentes, on se foutait sur la gueule. Je la traitais d’intello, elle me traitait de tox gothique. Elle lisait Zola avec la dévotion du culte, je lisais Aldous Huxley en quête de réponses. On se parlait en répliques de films. Elle me griffait le visage, je réécrivais ses devoirs avec ses propres effaceurs. On faisait des parties de Street Fighter, de Gouls and Ghost, de Zelda, de Mario Bros et de Prince of Persia. J’ai vendu sa Nintendo et la quasi totalité de ses jeux pour m’acheter de l’herbe. Elle ne me l’a toujours pas pardonné. On se vouvoie.

Son bac et 17 ans en poche, elle a fuit cette satanée petite ville de province pour revenir aux sources, dans un clapier Porte de Vanves. Elle a fait ASSAS pendant que je cherchais la meilleure façon de ne plus rien sentir du tout. Je me sentais seule sans elle.

On s’est séparées le temps que j’aille mal. A 19 ans je l’ai rejointe. On était toujours ensemble.

Aujourd’hui nous sommes mères toutes les deux et par là-même un peu moins soeurs. Pile et Face de la Vierge Marie: elle est mère juive, je suis laxiste. Elle est inquiète, je suis progressiste.

Je suis son « petit concentré de trucs dégueulasses ».

C’est ma « parisienne de nez retroussé ».

Elle ne supporte pas mon égocentrisme. Je la trouve psychorigide.

Je n’aime pas ses fringues et elle n’aime pas mes fréquentations.

Pourquoi j’écris ça aujourd’hui 11 mars?

Parce que ma soeur est une pute vérolée qui quitte Paris aussi.

Toujours je voudrai qu’il n’y ait que Morgane, Paris et moi.

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