Chère VF,

Puis-je t’exposer mes problèmes afin que tu en fasses peut-être un Courrier de les Coeurs ? J’ai 32 ans et j’ai beaucoup de peine à jouir avec mon mec. C’est pas qu’il est nul au lit, le problème c’est que si je ne fantasme pas sur des trucs hardcores, rien ne vient. Je lui en ai parlé et il veut qu’on réalise mes fantasmes maintenant. Questions : Fausse bonne idée ? Et si je le choque avec mes trucs hardcores ? Et si c’était pire après ? Je ne sais pas quoi faire, je suis partagée entre l’envie d’essayer ces trucs avec lui et la gêne de lui avouer à quoi je pense quand il me fait l’amour : je sollicite donc tes conseils ainsi que ceux des GC (géniaux commentateurs) pour arriver à faire le tri.

Merci à vous tous!

Fanny.

Chère Fanny,

J’attendais depuis un moment de pouvoir parler de ça, justement. Les fantasmes. Premièrement, ton problème n’en est pas vraiment un. Il n’est pas nécessaire d’être la dernière des baiseuses cérébrales pour avoir besoin de la béquille imaginaire. Il me semble normal de faire participer son imagination quand on baise sans que ça remette en cause la technique de ton jules ou la santé de ta sexualité, que j’imagine toutes deux très bonnes. Si tu savais à quoi je pense parfois, t’en dormirais plus la nuit mais ça ne me pose ni complexe, ni gêne. Je ne me dis pas « Tiens, mais pas du tout en train de penser à Pute, là », la plupart du temps je me dis « Oh! C’est intéressant… ». Et ça n’est pas parce que tu imagines des scènes, des situations ou même d’autres personnes que tu donnes dans la mesquine private party. Le but d’un rapport sexuel étant avant tout – soyons francs – de prendre son pied, je ne vois pas pourquoi se priver d’un outil aussi redoutablement efficace que l’imagination au service des choses sales. Donc chill out et pense à ce que tu veux.

Pieux mensonge

Quant au fait de partager ou non ses fantasmes avec la personne qui nous culbute régulièrement, je suis plus mitigée. Avec Pute, au bout de sept ans de vie commune, nous sommes nous aussi passés par la case « réalisation de trucs déments ». Il a voulu savoir ce que je cachais derrière mon crâne, j’ai dit « tu ne veux pas savoir », il a insisté. Je lui ai raconté certaines choses complètement basiques et réalisables après un arrêt dans n’importe quel sexshop de France et de Navarre.  Pourquoi je n’ai pas partagé avec le père de mes enfants plus qu’un plug et un costume de sluty maid? Parce que je n’en avais pas besoin et aussi parce que ces fantasmes-là me sont précieux et que je n’ai pas spécialement envie de les pervertir en les déplaçant dans le réel. Toutefois, il m’est arrivé de lâcher des morceaux de rêves à des amants, dans le cadre de relations exclusivement basées sur le sexe. Parce que ça me plaisait de les partager à ce moment-là et parce que ces fantasmes, sortis de leur contexte, c’est-à-dire avoués sans que l’autre ne me connaisse réellement, ne sont que des pièces éparses d’un puzzle impossible à reconstituer. Donc prise de risques zéro. Je compartimente les choses.

Les monstres

C’est le problème des fantasmes, ils en disent long sur tes monstres. Personnellement, je n’aime pas qu’on en sache trop sur moi, étonnant pour une blogueuse égotique… Pour m’amuser, je préfère jouer avec les fantasmes de mon partenaire qui sont généralement très soft. Donc c’est un peu le principe du « cap si t’es cap », essaie peut-être de connaître ceux de ton mec avant de te lancer dans le grand récit de tes turpitudes. Je sais que ça peut sonner couard mais ça ne l’est pas tant que ça. Le problème c’est que tu peux vraiment le choquer, ton mec. Les femmes sont tellement plus hardcore que les hommes, finalement ! Je dis tâte le terrain.

Voilà, Fanny, je te laisse aux soins des géniaux commentateurs, qui pour la plupart font la gueule, mais j’espère que pour t’aider et donner leur avis, ils feront un effort.

Kiss sur la moule et peace out.

 

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