Lecteur,

Sache que je ne suis aujourd’hui que désespoir et vacuité, déjà parce qu’on est dimanche et ensuite parce que au choix : j’ai TOUJOURS pas de taff, j’ai pris trois kilos, je rentre chez moi et je ne suis pas totalement satisfaite de mes nichons.  Bref, je suis pas du tout contente. Hier soir, j’étais chez ma soeur cette grosse teupu que le diable l’emporte et l’encule sauvagement dans la mangrove et c’était un peu la dernière fois où je squattais sa bz avant qu’elle ne fasse l’erreur ultime de quitter Paris pour emménager dans mon bled. Je devrais être contente ? Je devrais me réjouir que nos enfants aient la chance de grandir côte à côte ? Mon cul ouais. Parfaitement. D’OÙ ELLE SE CASSE ?

Genre mon exemple lui a pas suffit. Et comme il y a quatre ans, elle m’a fait une sèremi avant que je ne laisse mon appart pourri du 11ème, je m’applique donc à lui rendre la monnaie de sa pièce et à passer mes nerfs tout frustrés donc tu m’excuseras mais : PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, t’es qu’une PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE, PUTE. Avant de partir, pendant que je faisais un doigt discret à mon neveu, elle m’a dit « En fait, tu veux pas grandir ». Moi je dis que de la part de quelqu’un qui a chanté avec moi « Partir là-bas » d’un bout à l’autre pas plus tard que la veille, je trouve ça un tout petit peu déplacé mais passons.

Quand je suis sortie de chez elle, l’avenue des Ternes était ensoleillée et j’ai attendu mon taxi. J’ai eu tout le temps de réfléchir au fait que je détestais ma soeur et que si je la jouais fine, je pourrais peut-être m’incruster chez elle et y rester peinarde jusqu’à la fin de la prochaine trêve hivernale.

Quand le taxi est arrivé, je lui ai dit « Gare Saint-Lazare, s’il-vous-plaît » sur quoi le chauffeur a roté et j’ai pu à loisir apprécier la teneur de son dernier repas qui contenait à coup sûr des merguez, ainsi que l’avancée de son ulcère, prêt à péter, je dis. Après avoir hurlé sur les gens de son espèce et sur sa compagnie de merde et d’où d’abord y’a 10€ au compteur quand je gare mon boule dans ta caisse espèce de chien, je me suis rappelé qu’il fallait pas insulter les taxis parisiens. Finalement, on est tombés d’accord sur le fait que c’était pas si grave s’il n’avait pas la monnaie sur 20€ et que finalement aussi, 5€ de pourliche c’était pas SI dispendieux pour une chômeuse.

Quand je suis arrivée dans la gare, il y avait tous ces gens souriants ou stressés qui partaient en vacances, des gosses en veux-tu en voilà, des bagages et des japonais partout. Oui, ma région accueille une quantité phénoménale de japonais, d’anglais et de néerlandais d’avril à septembre et ça aussi j’aime pas. Avec Pute, on aime bien faire semblant de leur rouler dessus en criant « Barrez-vous, cons de mimes »  mais c’est un tout autre débat.

Quand je me suis posée dans le train, j’étais passablement furax en découvrant que la connasse de chez Starbucks m’avait mis des donuts blancs au lieu des donuts chocolat alors je les ai balancés loin par dessus mon siège en lâchant un retentissant « Putain de sa race! » mais sans toutefois regarder où ils avaient atterris. J’ai juste entendu un bruit de papier qu’on défroisse, au moins ces donuts ont-ils fait le bonheur de quelqu’un. Le train est parti sur ces entrefaits.

Quand le contrôleur est passé, il m’a demandé deux choses. La première, c’était pourquoi je fais le signe de la bête sur la photo de ma Carte Fréquence. La deuxième, c’était pourquoi mon billet n’était pas composté. Son costume était froissé, sa casquette de travers et il avait du blanc au coin des lèvres, genre un petit régal pour les yeux quoi. J’ai dit que un, le signe de la bête, c’était pour avoir l’air cool et que deux, si si, j’ai composté regardez bien mon brave. Il m’a dit qu’en plus j’étais assise en première et pas en seconde. J’ai dit que je voulais pas me mêler à la populace. Il a dit c’est pas une raison, ça vous fera 25€ d’amende. J’ai dit mange tes morts j’me suis fait sécher par un chauffeur de taxi à l’estomac tourmenté, j’ai plus un kopeck, même le petit roumain avec sa pétition j’y ai rien donné. Il a demandé mes papiers d’identité.

J’ai essayé de l’attendrir: « De toutes façons allez-y collez-moi une amende, j’m’en fous je vais me suicider aujourd’hui. » en chialant un peu. Il m’a demandé qu’est-ce qu’il vous arrive ma petite dame? J’ai dit que j’avais perdu l’amour de ma vie, voilà. Il a dit vous êtes jeune, faut pas pleurer, ça repousse. J’ai dit que vu sa trombine, c’était pas anormal qu’il pense que l’amour pousse sur les arbres et qu’il y a des espoirs à savoir entretenir. Il s’est énervé et a redemandé ma carte d’identité. J’ai dit qu’il m’avait pas lu mes droits et que c’était crevard de coller une amende à quelqu’un qui allait mourir aujourd’hui. Et que franchement, ça servait à rien, si il me collait l’amende je sautais sur la voie et il aurait ma mort sur la conscience et le train serait en retard.

Il a dit payez 25€ sinon c’est 30€ de frais de dossier en plus. Je lui ai dit que c’était dégoûtant sa bave séchée au coin des lèvres et que son âme sentait le bidet pas propre et encore d’autres trucs en rapport avec la chatte de sa mère. Les gens, ils ont commencé à regarder la scène avec intérêt. Le contrôleur était un peu rouge et très énervé. Il a dit Madame, vous me faîtes chier donnez-moi votre carte d’identité. J’ai dit que l’amour de ma vie, il était parti avec tout ce que j’avais et qu’en plus il m’avait frappée mais que ça se voyait pas, les blessures du coeur elles se voient jamais. Il a dit qu’il allait appeler les kisdés du train. J’ai dit tu bluffes y’a pas de kisdés dans les Paris-Dieppe.

Le contrôleur il s’est vachement énervé et il a choppé mon sac. Il a dit bougez pas sinon ça va mal aller. Il a dit que y’avait du bordel dans mon sac. Finalement il a trouvé mon portefeuille et a pu constater que j’avais pas un sous vaillant. J’ai dit c’est bon, vous me croyez? Faîtes pas votre pute, on oublie l’amende. Il a dit que nenni en sortant ma carte d’identité, que j’aurais pas dû parler de la chatte de sa mère. Que la technique des Jedï, ça marchait pas sur lui.

Il m’a rendu le tout en me disant de signer sur un boîtier électronique. J’ai dit plutôt coucher avec les boches. Là, y’a une vieille dame qui est passée dans l’allée avec du PQ coincé dans sa jupe. J’ai demandé au gars si c’était la journée « Emmenez vos parents au travail ».  Il m’aurait bien giflée mais c’était mon arrêt. Il a juste dit:

Sautez.

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