Coucou sale gueux,

Nom de Dieu, ça fait des mois que je me retiens de poster sur ma belle-mère, une sombre histoire à base de prendre de l’eau pour en couper son vin, une sombre histoire de calmage de jeu entre elle et moi. Seulement voilà, elle oint ma tête d’huile et ma coupe déborde. Ça te dit quelque chose ? Ouais j’ai pompé la Bible. Je sais. Quand je te dis que ça va pas.

Bref, ma belle-mère cette espèce de grosse branque fielleuse, dont les sécrétions sont si acides qu’elles bouffent en partie ses culottes, ma belle-mère qui m’a récemment dit «  de toutes façons j’ai jamais pu te blairer, espèce de traînée », cette belle-mère-là m’a donné en trois heures de temps l’envie de me recroqueviller sur moi-même pour me balancer d’avant en arrière avec un rythme de métronome ambiance j’ai regardé la mort en face.

Contexte ? Une nuit de deux heures, retour en train à 6h00 en pleine gueule de beuh, à enchaîner avec deux bas-âges qui pètent le feu, autant te dire que la journée s’annonçait sous le signe du gros challenge personnel. Autant te dire qu’à 11h30 tapantes, ils étaient l’un et l’autre devant leur déjeuner, pendant que je les coatchais à mort à grands renforts de « Alleeeeeez, alleeeeeez, on se MAGNE, c’est l’heure de la SIESTE. ». Dans le genre tellement envie d’aller m’écrouler sur mon plume que laisse tomber le repas de ouf que j’ai servi à Grumeau : Trois knackis et une Danette, dans la même assiette. Est-ce que j’ai honte ? Mmmmmmmhhh un peu. J’avais beaucoup trop sommeil pour partir en campagne pour les petits pois, la compote et le cabillaud. Et aussi je fais jamais semblant d’être ce que je ne suis pas : une mère qui se fait chier la bite non-stop. À fond, je dépasse pas 70.

Donc à 13h, je suis très très tranquillement en train de baver sur le canapé quand Grumeau fait mine de foutre un pied dans le salon. Sur quoi je l’ai réexpédié dans son lit avec l’interdiction d’en bouger tant qu’il entendrait Maman ronfler comme un sonneur. Tu te doutes bien que ça n’a pas marché. Pendant que Grumeau m’expliquait pourquoi il ne pouvait pas aller dans son lit « tu comprends Maman, sur mon lit, y’a un bateau et sur le bateau, y’a des loups qui mangent des mouches qui ont des cheveux longs comme les tiens et j’ai peur des mouches et de tes cheveux, alors si je pouvais ne pas dormir et regarder Dora l’Exploratrice, ça serait quand même plutôt bath », c’est alors que je m’apprêtais à lui répondre « Brosse-toi, je suis dips sur Lost » que la sonnette a retenti.

La porte s’est ouverte sur une belle-mère accoutrée comme l’as de pique, une belle-mère inattendue avec dans le fond de l’oeil cet éclat inquiétant qui n’a qu’une seule raison de se trouver là : la perspective de me faire chier jusqu’à ébullition. Mais comme j’avais crevardement dans l’idée de lui refourguer mes mômes deux heures en fin de journée, je me suis crue capable d’endurer son incruste.

Il s’agissait pour elle de me conduire chez un marchand de jouets pour acheter les cadeaux de Noël des enfants. *Coucou on est en mai !*

Bref, la truie s’enquiert de ma situation professionnelle. « Blablabla alors je fais ça en ce moment mais peut-être aussi après je vais faire ça blablabla grosse opportunité blablabla. ». Sur quoi cette pute me sort une vanne pourrie à base de « je te verrais trop secrétaire de Strauss-Khan ». On est ensemble depuis 15 minutes, première insulte, je dis bonne moyenne. Arrivée dans cette boutique de jouets en bois, gros dilemme. Elle veut acheter une cuisinière à ma fille pour ses deux ans. Pire, elle veut que je participe à l’achat de cette cuisinière, comme si le balais et la serpillère du mois dernier n’avaient pas suffit à faire passer le message à cette môme de même pas 17 mois : Tu seras une grosse boniche, ma fille. Nous sommes restées une heure dans cette boutique aussi, je te la fais courte :

VF : Je vous avais dit, c’est mort pour la cuisinière, achetez-la si vous voulez, j’m’en cogne, elle ne passera jamais la porte de chez moi.

BM : Faut savoir ce que tu veux, tu m’avais dit que c’était ça que tu voulais !

VF : Non, j’ai fait la bêtise de vous confier que peut-être je lui achèterai une marchande et encore une fois « Coucou, on est en mai ».

BM : Mais j’ai déjà acheté la bouilloire, le micro-onde, la vaisselle et même des oeufs avec un batteur et un cul de poule. [À la vendeuse, la pauvre, pardon mademoiselle] Passez-moi les livres.

LV : Les livres ?

BM : Ouais, les livres là, vot’mère elle m’avait fait montrer les livres, là. Pour que je puisse faire montrer à ma belle-fille tout ce que j’ai déjà commandé pour Noël.

LV : Pardon ?

BM : Vous êtes idiote ou quoi ? LES LIVRES !

VF : Les catalogues ? (Sept années de pratiques, toujours pas sûre de comprendre ce qu’elle dit)

BM : Ben ouais les livres, quoi ! Vous êtes pas douée, vraiment, vous comprenez rien. Elle est pas là, vot’mère ? J’veux parler à vot’mère. Vous, vous y connaissez que dalle et vous allez perdre une très bonne cliente si vous continuez avec votre air de Sainte-Nitouche.

LV : PARDON ?

BM : A mon adresse : Mais elle est conne, celle-là !

J’articule un D E S O L E E muet, juste absolument pas la force d’expliquer à cette femme folle et terriblement chiante en quoi elle est folle et terriblement chiante.

La patronne arrive et prend le relais de celle qui n’est finalement pas sa fille. Conciliabule entre elles deux, j’en profite pour tenter une sortie discrète.

BM : Nan mais où tu vas, viens ! A’gade comme c’est beau, c’est du bois.

VF : C’est magnifique mais j’en ai rien à foutre, j’en veux pas.

BM : Et pourquoi que tu veux lui acheter une marchande et pas une cuisinière ? C’est pareil.

VF : Bah non, déjà ce truc fait aussi et surtout Théâtre de Marionnettes et si je dois lui faire passer un message c’est incontestablement « Utilise ton imagination » en gros, tout sauf « Fais la bouffe, le ménage et des gosses ». De plus, j’ai encore un peu plus de six mois avant Noël, autant vous avouer que vous me saoulez avec vos trucs de ménagères.

BM : C’est ça une femme ! Tu comprends rien parce que t’es pas une vraie mère.

VF : Si une vraie mère consiste à étouffer ses enfants et ne vivre que pour eux, si être une vraie mère c’est être vous, imbaisée depuis votre dernier orgasme, vous savez celui que vous avez eu en accouchant et finalement je trouve ça assez normal de pas vouloir prêter le dernier mec qui vous ait fait prendre votre pied, fut-il votre fils , si c’est être castratrice et obsessionnelle alors, congrats, vous avez parfaitement raison.

(Énervages et insulteries.)

BM : Et tout ce que j’ai acheté ? Y’en a pour 500€, tu me les rembourses quand ?

VF : Euuuuuuuuuh attendez… jamais ?

BM : Tu sais qu’il y a des mots pour les filles comme toi ? C’est putain.

Bon, J’hésitais plus vraiment à lui en coller une mais j’ai eu une autre idée. Je l’ai prise à part :

VF : En toute logique vous mourrez avant moi, convenez-en.

BM : …

VF : Je jure sur la tête de Charles Ingalls que si vous n’arrêtez pas de me faire chier je pisserai sur votre tombe, chaque jour, aussi longtemps qu’il me plaira. Sur ces bonnes paroles, je me casse. Les enfants, soyez sages avec Mamie.

Je sais pas c’que t’en penses, mais 70, je dis que c’est bath.

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