Le texte suivant est une oeuvre de fiction ainsi, toute ressemblance avec des personnes, des lieux ou des faits ayant existé dans la vraie vie genre par exemple hier ne saurait être qu’une coïncidence fortuite.

Il y a des jours comme ça où tu te dis que t’aurais mieux fait de carrément pas te lever du tout.

Pourtant, c’était censé être un lundi pépère à base de je ne fais rien et bien non, ça devait pas se passer comme ça, c’était écrit quelque part, il FALLAIT que ça soit une journée embarrassante. Peut-être fallait-il que j’entende « Tu vois quand je lis ton blog, j’me dis que c’est romancé mais en fait, non ! C’est INCROYABLE, cette scoumoune ! »

Tout a commencé sur un célèbre réseau social. J’étais en train de deviser avec une amie pute, appelons-la Ulla, et on se disait « Dis donc on se ferait pas un peu chier, par hasard ?». C’est là qu’Ulla m’a proposé de déjeuner avec elle à Madeleine. Sauf qu’il était déjà midi et que j’étais toujours à poil. Et que donc ça faisait short pour le train.

Après, je sais pas ce qu’il s’est passé, je me suis retrouvée trois heures plus tard à faire la queue chez Starbucks pour acheter des donuts, 5g de weed et deux joints obèses parfumant mon sillage, avant de rejoindre Ulla dans un parc. Est-ce parce qu’Ulla est mi-parano mi-rebelle qu’elle demande à ce qu’on se pose sur les marches de cette chapelle-là, tu sais, celle où on a pas droit de s’asseoir ?

Plus tard, planquées à la va comme j’te pousse, nous fumons en parlant rapports sexuels. Jusqu’ici tout est normal, la weed n’est pas mauvaise, le temps n’est pas mauvais, limite on se dit qu’on kiffe. Sauf que.

On se fait serrer par deux kisdés à vélo, comme des mioches. On est interpellées, quoi. Je pers un nouveau pucelage. On attend en rigolant et en se maudissant à tour de rôle qu’une voiture nous embarque, ça met trois plombes.

VF : C’est DEGUEULASSE, je venais JUSTE de pécho !

Flic Roux et Laid : Ah bah fallait fumer chez vous ! Le huitième, c’est la vitrine de Paris !

Quand les flics disent qu’ « on va procéder à la palpation » Ulla me regarde avec des yeux paniqués mais deux femmes sortent de la voiture pour nous fouiller. Ulla se demande si ça craint qu’elle ait déjà un casier judiciaire. (oui, prostitution). Dans la voiture, le flic au volant nous demande si on est majeures, on en aurait presque chialé de reconnaissance.

SARIJ du huitième arrondissement de Paris, un peu plus tard…

Ulla et moi sommes complètement faites et horrifiées par le spectacle qui s’offre à nos yeux de lapines mixomateuses. On arrive devant trois nouveaux flics visiblement très… comment dire ? Disons qu’ils auraient pas fait complètement tache dans un CAT. Tu vois, avec l’arrière du crâne un peu plat ? Bon. Imagine que t’as rien d’autre dans le ventre qu’une moitié de donut vu que t’étais trop défoncé(e) pour pas faire tomber l’autre moitié par terre et que tu te retrouves dans un commissariat. Deux minutes avant il faisait beau et tu parlais de cul et pouf-pouf, tu te retrouves à côté d’un roumain qui tente d’entrer en contact avec toi, visiblement à propos de ces menottes qui lui niquent le poignet. C’est moi qui suis à côté, si je me colle plus à cette catin d’Ulla, je lui grimpe dessus.

Les flics, ils sont tout contents d’avoir deux bonnasses avec eux. Qu’ils se la jouent lovers, même.

Après nous avoir demandé si nos noms de famille étaient compliqués à écrire et nous avoir demandé finalement de les écrire nous-même, ils nous demandent nos téléphones « Avec le numéro, haha ! ». On hallucine complètement. On est l’attraction number one de la pièce parce qu’apparemment, ça les fait frétiller de nous voir niaises de weed et pouffantes. Pendant ce temps, Florent Pagny geint dans un poste que « savoir aimer, rien que pour le geste, sans vouloir le reste ».

VF : Par contre, c’est bien gentil tout ça mais vous pouvez pas changer de radio ?

Flic Vieux (imaginez Victor Lanoux dans le rôle du débile léger) Quoi, ça vous plait pas la variété ?

VF : Bah c’est-à-dire que c’est déjà tellement glauque chez vous que c’est de la gourmandise, un peu, tout de même.

Flic Asiatique avec Crâne Très Plat : C’est quoi que vous avez fumé ?

Ulla : De l’herbe.

FACTP : Ah non mais ça, fallait fumer chez vous ! Ah bah le huitième, c’est la vitrine de Paris, il y a des agents partout !

Plus tard, on attend, comme des connes devant les flics qui font les coqs et qui parlent fort.

FV : Alors je vais vous expliquer ce qu’il va se passer…

Ulla : On se casse quand ?

VF : Ouais parce que déjà que j’ai perdu 5 GRAMMES DE WEED, faudrait voir à pas nous niquer la journée.

Ulla : Ouais et moi, je bosse, merde!

FV : Je vous explique…

VF : On veut une audition différée rapport qu’on veut se casser le plus vite possible.

FV : Là, on attend.

Ulla : J’ai faim putain.

VF : Tu veux un donut ?

FV : Les agents qui vous ont appréhendées sont en train d’écrire un rapport (il joint le geste à la parole en nous mimant des mains qui tapent sur le clavier) et après il le montre à un monsieur qui décide…

Ulla : Oh ouais, vas-y, juste un bout.

FV : soit de vous mettre en GAV, soit de vous auditionner…

VF : Putain, ces moments de solitude qu’on expérimente dans les commissariats.

Ulla : Bless their heart.

FV : soit de vous accorder une audition différée comme vous voulez. Sauf que là, on attend.

C’est à peu près là que tout le monde a regardé par la fenêtre, rapport qu’il y avait un toxicomane russe qui s’apprêtait à faire une entrée fracassante. Rond comme une queue de pelle, bouffi de Subutex, il s’écroule à côté du roumain qui se rapproche un peu plus de moi pour le fuir. L’odeur qu’a pénétré mes narines, là, ça m’a rappelé quand t’écrases un chat sans faire exprès et qu’il remonte dans le moteur, imagine ça dans une super cinq en plein soleil et respire mais vie à ce moment-là.

Ça fait environ trois jours qu’on est dans cette pièce horrible, il est clair que dans l’esprit de tous les mâles présents, il est en train de se passer des choses très sales nous mettant en scène, Ulla et moi. Sauf peut-être le toxico russe qui est occupé à essuyer la sueur qui baigne son visage sur son jean. Un gros type avec les jambes en X, comme le fait finement remarquer Ulla, qu’a l’outrecuidance peu commune de porter un jean slim en élasthane, sort de GAV et remet lentement ses lacets. Les flics qui ont amené le russe discutent avec les trois débiles légers avant de quitter la pièce. Celui qui lui enlève les menottes me regarde par en dessous, bah c’était crypté dans ses yeux.

Deux ans plus tard, il y a un nouveau flic qui entre et qui dit mon nom.

F: On va vous auditionner.

VF : Non putain on veut une audition différée.

F: De toute façon, suivez-moi.

Il m’a emmenée à travers escaliers et couloirs. Quand je suis ressortie, Le tox russe dormait sur le banc et le roumain parlait tout seul . Ce que j’ai dû faire pour nous obtenir cette audition différée, je ne veux pas en parler. Ça me permet d’exercer une espèce d’influence sur cette catin d’Ulla sans qui rien de tout ça ne serait arrivé.

You owe me, you blondie bitch.

La prochaine fois, je te raconterai comment après, je me suis rendue compte que j’avais perdu mes papiers dont mon abonnement SNCF pile quand le contrôleur me demande mon billet et comment grâce à une vieille qui resquillait, j’ai pu me barrer en loucedé, rentrer chez moi et pleurer sur ce lundi de merde.

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