J’ai le sentiment qu’elle a toujours été là, la colère. Que je suis née avec. Je ne la maîtrise pas.

La violence aussi, on dirait qu’elle a toujours été là, à ceci près que je me persuade d’en maîtriser une partie, la physique. C’est un long travail absolument pas terminé.

Quand j’étais petite fille, j’étais violente. Quand j’étais adolescente, j’étais très violente. Moins maintenant mais elle est fait partie de moi ancrée profond. Avec la colère. Le mot c’est Vigne. C’est aussi noueux, tarabiscoté, bois rèche et vigoureux, feuilles lisses et pointues produit des fruits ovoïdes et sombres.

Les armoiries de la famille de ma mère représentent une grappe de raisin et une hache, la devise de la famille de ma mère, dont on se sait si c’est une légende est : « Je cogne quand j’ai bu. ».

Je me soupçonne d’être inconsciemment très obéissante.

Je te dis pas comme m’a marqué Steinbeck.

Je voudrais être sûre de pouvoir dominer toute ma violence mais je cogne dans les murs trop souvent, je trouve. La violence en moi, c’est péjoratif. Ma pire crainte de mère est de devenir maltraitante ou de leur transmettre ça. Ça choque de dire la peur qu’on a d’être violent avec son enfant et la colère que ça provoque. Je n’aime pas dire ça. Mais c’est vrai. Quand le père de mes enfants me trouve distante avec eux c’est de moi que je veux les protéger. Je ne me fais pas confiance. Il ne comprend pas. Ça me met en colère. Tout me met en colère. C’est une chose péjorative.

Et puis il y a la peur. Sans interruption des programmes, la peur, la trouille, la crainte, les miquettes, la frousse, les chocottes, les foies, les jetons, la souleur, la putain de panique.

Elles prennent toute la place en ce moment.

C’est pour les soulager toutes, je le crains, que je me saoule à coups de phrases.

« Pourquoi t’écris tout le temps? »

 

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