En ce moment, j’ai pas envie de parler. J’ai pas envie de te raconter ma vie mes enfants Pute et ma belle-mère. Note bien que ce n’est pas parce qu’il ne se passe rien. Simplement je suis pas généreuse, j’ai la candeur d’un tapin imbaisé depuis la chute du Mur et j’ai pas envie de donner quoique ce soit, hormis des tartes dans la gueule.

D’ailleurs, excuse my french mais va te faire enculer.

Ça, c’était pour mes nouvelles.

On a hier soir attiré mon attention sur l’article de Sophie Gourion pour Slate.fr et comme je fais souvent ce qu’on me dit quand je peux lire « sexe » au moins deux fois dans un thumbnail, j’ai gentiment halluciné à la lecture de son billet où j’apprends, consternée, qu’il existe désormais un marché florissant de la labioplastie, non plus réparatrice mais purement esthétique.

Esthétique…
Esthétique.
Excursus: Je ne vais pas faire ma sucrée en prétendant que ce qui m’intéresse vraiment chez moi-même c’est ma personnalité, le truc le plus précieux de ma personne : c’est mon sexe. Ma chatte, c’est ma religion. Aux questions cornéliennes comme « Tu préférerais être complètement conne tout en jouissant comme un castor OU hyper smart mais frigide ? » ou encore « Tu préférerais être née sans clitoris OU avec un anus au milieu du front ? » je répondrai toujours du côté du bonbon sans hésiter une seconde. Et je vois dans ce constat une logique assez implacable. Ma caboche m’a jamais fait grimper au rideau sans l’aide de ma chatte et j’ai de sérieux doutes quant au fait qu’être intelligent apporte joie, bonheur et sérénité, contrairement à l’orgasme. Quand des hommes s’en sont servi sans me demander la permission, quand ça a fait putain de mal et que je pouvais plus voir ma gueule dans un miroir, mon but premier a été de la soigner et de lui faire du bien. Je ne pouvais tout simplement pas supporter l’idée qu’une violence sexuelle me flingue de cette façon-là.

Donc je l’aime, ma chatte, j’en prends grand soin. C’est-à-dire qu’elle n’a et ne croisera jamais une esthéticienne et encore moins un chirurgien plastique, la seule chose qu’elle voit qui ne ressemble pas de près ou de loin à des doigts, à une langue ou à une bite, c’est un gynécologue.

Il y a quelques temps, pour une raison entièrement inconnue, je n’arrivais plus à jouir. Ça a duré plusieurs semaines. J’ai eu la trouille de ma vie parce que je ne ressentais plus rien, nipe, walou, peau d’balle. J’avais beau y mettre énormément de volonté et même, activité de plus en plus sporadique, m’astiquer comme une débile mentale, rien ne venait. Ça montait, ça montait et paf, mon degré d’excitation me rappelait mon dénuement total face aux identités remarquables et aux vecteurs, un néant. Et puis c’est récemment rentré dans l’ordre, je me suis remise à respirer.

Ces élucubrations pour en revenir à la labioplastie esthétique. Nos seins étaient trop petits, nos nez trop gros, nos culs trop gras désormais nos chattes sont moches? J’ai loupé le moment où un sexe a cessé d’être un outil de plaisir et de reproduction pour devenir un objet soumis aux barèmes du « beau » or what ? Le sexe n’est pas fait pour être joli me semble-t-il, c’est de la chair, du bruit, du moite et des odeurs.

J’en chialerais d’imaginer que c’est possible, que ce matraquage du lisse et du parfait vienne nous emmerder, nous complexer au plus miraculeux de nous-même. Je m’indigne méchamment de constater que des trépanées du bulbe iront sagement se faire charcuter les babines sous prétexte qu’on leur dit à quoi leur chatte devrait ressembler.

Si Sophie Gourion blâme en partie l’industrie du porn et plus largement les média d’être responsables de cette pure ignominie, je ne blâme quant à moi que celles qui s’y laissent prendre. Déresponsabiliser les principales intéressées à grands coups de c’est la faute à Voltaire me paraît aussi abscons qu’hypocrite. Des femmes qui seraient prêtes à mettre en péril leur plaisir (putain mais quid des râtés ? Je demande les pics, bordel!) pour se soumettre aux diktats risibles d’un « Ça au moins, c’est une belle chatte » n’ont que ce qu’elles méritent : payer pour attiser encore un peu plus leur sentiment d’insécurité face à leur reflet. Payer pour avoir mal au réveil. Payer pour laisser des professionnels de la mauvaise foi leur taillader babines et bon sens. Si ça ne tenait qu’à moi, je leur enlèverais le droit de vote. Et si certaines arrivent à gober qu’une chatte ne doit pas dépasser alors qu’elles se fassent et se laissent faire violence. Qu’elles laissent le fric peser plus lourd qu’elles.

La meilleure réponse à donner aux violences faites au sexe féminin – qu’elles soient physiques ou morales – c’est de jouir et jusqu’à preuve du contraire, bande de connasses, ça au moins c’est gratuit.

Quant à vous messieurs qui propagez l’idée qu’une belle chatte doit être plate et imberbe – juvénile donc logiquement asexuée – vous feriez mieux de faire du fric sur vos têtes de parfaits crétins quand vous-même vous jouissez.

Et que la bite vous tombe.

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