Dans le noir, tes mains rencontrent les fesses de Stéphanie. Tu les malaxes puissamment, tu les écartes. Trop, d’ailleurs. Tu écartes toujours trop les fesses, ça fait très mal, on dirait que tu veux rallonger sa raie jusqu’aux vertèbres mais tu ne le sais pas parce que Stéphanie ne dit rien.
Dans le noir, tes mains rencontrent les seins de Stéphanie. Tu les malaxes puissamment. Trop, d’ailleurs. Tu malaxes toujours trop puissamment les seins, ça donne l’impression de passer une mammographie et ça fait mal, les mammographies. Mais tu ne le sais pas parce que Stéphanie reste muette.
Dans le noir, tes doigts rencontrent le sexe accueillant de Stéphanie, tu lui enfonces majeur et annulaire sans autre forme de procès et tu remues de toutes tes forces comme dans les films, jusqu’à sentir ce truc un peu dur, qui n’est pas le point G de Stéphanie mais le col de son utérus. Je ne te blâme pas, la différence est subtile. Enfin, non. Mais je ne te blâme pas. Son corps se crispe, tu te dis « gagné » alors que fail, Stéphanie voit sûrement sa vie défiler devant ses yeux.
Le corps de Stéphanie devient maintenant aussi mou qu’une poupée de chiffon, c’est l’heure de lui coller les genoux derrière les oreilles et de la culbuter avec conviction et patriotisme. Elle marmonne des bruits bizarres que tu interprètes comme étant du plaisir pourtant, Stéphanie n’est pas ivre de stupre, elle est juste tombée dans les pommes. Mais tu ne le sais pas, parce que Stéphanie ne dit rien alors naïvement tu penses être le coup du siècle.
Stéphanie ne dit jamais rien pendant l’amour. Les sons de Stéphanie se résument à « Mhmm » Pffmeh », « Arrrghvaz » ou alors « Vouuf » quand elle est vraiment contente.
Le corps peut mentir, les soupirs aussi. Un corps se crispe davantage sous l’effet de la douleur que sous celui du plaisir, quant aux « sons » censés prouver tout le bien que t’es en train de lui faire, rappelle-toi l’époque où, depuis ton lit d’enfant aux draps fusée, tu pensais que Papa faisait mal Maman. T’avais peut-être pas tout-à-fait tort, non?
Cette introduction imagée pour parler de façon toute pratique à ceux qui n’aiment pas les bavardes. Je me demande pourquoi certains hommes débandent sec au son d’un encourageant « Prends-moi à la hussarde! ». J’aimerais les comprendre : est-ce par pudeur (le mot pudique pour dire complexe) ? Occupés à se regarder faire, à s’imaginer être ailleurs, vus voire filmés, serait-il possible qu’un innocent « Mets-la moi toute, sale fils de pute! » soit irrecevable, justement parce que la pornographie de la mise en scène s’en trouve dévoilée et partagée ? J’aimerais qu’on en débatte follement, pourquoi certains et certaines se refusent à laisser autre chose qu’un « oui » sortir de leur bouche ? Et qu’en est-il des femmes qui restent muettes ? POURQUOI ?
Moi, je joins souvent la parole au geste. Je suis une fille du Verbe, j’aime exprimer toutes sortes de choses pendant le sexe et ce, pour différentes raisons.
Parce qu’une belle question telle que : « T’aimes la baiser, ta petite pute douce? » peut difficilement se placer autrement qu’avec une bite jusqu’à la garde, je trouve simplement le moment opportun afin d’obtenir une réponse satisfaisante.
Parce que j’aime qu’on me parle, qu’on me demande, qu’on m’ordonne et qu’on me donne des mots d’amour. Parce que j’aime entendre « petite chienne » à l’impératif. La parole me rend docile, obéissante et malléable.
Parce qu’il est important d’encourager son cheval et pas seulement avec un « oui ». Un « tu me baises bien » n’a jamais tué personne. La communication passe moins bien après coup aussi, c’est en communiquant pendant qu’on peut espérer faire entrer dans la tête de son partenaire que ce petit combo langue et frottement à l’accueil nous rend cinglées. Que celles et ceux qui ne voient pas de quoi je parle imaginent combien il est courtois de bien s’essuyer les pieds sur le paillasson avant d’entrer complètement. Ouais, y’a un endroit rugueux à l’entrée aussi chez nous. Bah frotte là. Juste là. Après tu peux me shaker le fin fond sans me faire miauler de souffrance.
Parce que j’aime apprendre des choses. Aussi, je suis toujours ravie qu’on m’explique comment bien faire. Si on me montre, j’applaudis.
Parce que j’aime bien faire des expériences de ouf comme lire Le Cantique des Cantiques à mon amant musulman slash pratiquant pendant qu’il opère son tout premier cunnilingus. RIP mon boytoy.
Parce que c’est amusant.
Parce qu’on se taira suffisamment quand on sera morts.
Alors bien sûr il est nécessaire d’avoir un minimum d’intimité pour en venir aux déclarations enflammées et aux « Putain, je vais gerber tellement c’est bon ».
Mais ça peut commencer ici…
Parlons-en. Et vive le Verbe.

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