20h17, « qu’est-ce qu’il BRANLE, bordel de merde ? » me disais-je en mettant l’eau des pâtes à bouillir. Aussi, attrapais-je mon téléphone pour la troisième fois en une heure et appelais Pute, histoire de le géo-localiser.
Pute : Allô ?
VF :  C’est quoi ton film d’horreur préféré, Sidney ?
Pute : Ma vie avec toi. Qu’est-ce que tu veux ?
VF : Je suis chez toi, je vais buter TOUTE ta famille… Et je vais fumer ton herbe…
Pute : Tu fais tellement mal les voix de tueurs, c’est navrant.
VF : QU’EST-CE QUE TU FAIS, PUTAIN ?
Pute : Bah écoute, voyons voir, je sais pas… Y’a de ça vingt minutes, y’a une connasse qui m’a appelé pour que je lui rapporte des clopes et du Coca Zéro alors au pif, je dirais que je sors du tabac.
VF : Et là, tu rentres ?
Pute : Je sais pas, la fuite me tente aussi, c’est dur de choisir…
VF : Ouais, je sais… Sinon, pendant que j’y pense, les enfants ont appris un nouveau mot. Enfin, deux pour être précise. Et les deux en même temps, dis donc. Attends,  je mets le haut-parleur…
Grumeau : C’est toi, ta gueule, t’es pas ma soeur !
Culculine : Ta gueule, Grumeau !
Pute : Charmant.
VF : Donc tu comprends… ça serait bien que tu rentres avant que j’en vienne à faire un truc regrettable comme les foutre à la porte de la maison. T’as un quart d’heure.
En entendant le bruit de l’ascenseur à 21h03, j’ai précipité mes mômes sur le palier « Vous inquiétez pas, c’est Maman qui fait une blague à Papa » et j’ai fermé la porte derrière eux. L’œil collé au judas, j’attendais de voir Pute sortir de l’ascenseur et  me demandais si la pancarte écrite à la hâte : « C’EST TA FAUTE, C’EST TA TRES GRANDE FAUTE » scotchée au pyjama de mon fils était suffisamment lisible et moralisatrice. L’ascenseur s’est ouvert sur un Pute exsangue et couvert de copeaux, as d’habitude.
Pute : Mais qu’est-ce que vous faîtes là, vous ?
Grumeau : C’est Maman qui fait une blague.
Pute : C’est Maman qui est complètement folle, surtout.

La douce musique de son énorme poing cognant contre la porte.

Pute : Ouvre.
VF : Tu me donnes quoi ?
Pute : Je te laisse vivre. Allez, grouille !
VF : Non.
Pute : Je m’en fous, j’ai les clefs.
VF : Oh no, you do not.
Pute : Sa race !
VF : Elles sont dans ma main, tes clefs. C’est très embêtant, cette manie de les oublier tout le temps, tu trouves pas ?
Grumeau : Maman, je peux dire « sa trace » ?
VF :Non.
Grumeau : Sa trace !
Pute : Ne dis pas ça ! En plus tu le dis même pas correctement.
Grumeau : SA… RACE…
Pute : Mais ça suffit, toi ! Bon qu’est-ce que tu veux ?
VF : Je veux un million de dollars et des sushis. Et tu couches les enfants. Et je fume ton herbe.
Pute : Tant pis, je me casse. SEUL.
VF : Fuck… Bon, nouvelle proposition : Tu les couches et je fume ton herbe.
Pute : Mais je gagne quoi, là-dedans ?
VF : Toute ma sympathie, ce qui revient à… Effectivement, rien. Alors ?
Pute : …
VF : Mhmm… Mon Dieu, tu veux que je lèche ta feuille, petit pétard, hein? J’te lèche bien? T’aimes ça que je te roule… Qu’est-ce que tu dis, petit pétard ? Mais ouais, je vais te fumer, violemment… Je vais te fumer comme on t’a jamais fumé…
Grumeau : Qu’est-ce qu’elle dit, Maman ?
Pute : Des horreurs. Comme si t’avais eu le temps de rouler, me prends pas pour un débile.
VF : …
Pute : VF ?
VF : …
Pute : T’es, de loin, la pire raclure que je connaisse. Tu sais que tes enfants sont traumatisés, là ?
VF : Tout baigne, les mômes ?
Culculine : Oui !
Grumeau : Ouais c’est marrant, il est tout rouge Papa.
VF : Je sais bien, mon fils, je le vois ! Alors ?
Pute : Alors je vais te passer dans le broyeur et comme ça, ça fera des copeaux de toi.
VF : Mauvaise réponse…
Pute : Hey… VF !!! Putain…
Grumeau : On dit pas putain !
Culculine : Puta.
VF: Presque, ma puce !
Pute : Ouvre, je les couche. C’est bon.
VF : Tu jures ?
Pute : Ouais.
VF : Bah alors va y jure.
Pute : Je jure que je couche les mômes et que je ne te tue pas tout-de-suite après.
VF : Jure sur la tête de ta mère.
Pute : Je jure jamais sur la tête de personne.
VF : T’as juré sur la tête de ton chien, pourtant. Et il est mort…
Pute : Tu es horrible…
VF : J’entends pas jurer…
Pute : Je jure sur la tête de ma mère.
VF : « Que je couche les mômes »
Pute : Que je couche les mômes.
VF : « Et que je commande des sushis. »
Pute : CREVE LA GUEULE OUVERTE. Je suis déjà sympa de t’avoir acheté des clopes, sale pauvre !
VF : …
Pute : Tu veux me faire chialer de rage, c’est ça ?

Après y’a notre voisine, Madame L ., qui est sortie sur le palier pour voir de quoi il retournait.
Madame L. : Il y a un  problème ?
Pute : Non, tout va bien. Ma compagne cherche les clefs.
Madame L. : Vous me rassurez parce que je m’inquiétais avec tous ces gros mots. Vous voulez entrer boire un p’tit verre de porto ?
Pute : Euh, ça ira, merci ! Bonne soirée !

J’ai finalement ouvert la porte et Pute s’est acquitté de sa dette.

Pute : Tu pouvais pas me dire simplement que les enfants voulaient que je les couche ?!?
VF : J’ai déjà essayé ces trois derniers soirs et t’as pas pour autant semblé y accorder de l’importance.
Pute : Grumeau m’a dit que je lui manquais.
VF : Je sais, il me l’a dit aussi. T’as du feu ?
Pute : Hey !
VF : Qui roule bamboule…
Pute : Maintenant qu’ils sont couchés…
VF : Ouais… ?
Pute : J’peux te dire un truc ?
VF : Be my guest…
Pute : Tu es vraiment… VRAIMENT.
VF : Ouais ?
Pute : Une espèce de pute de ta race maudite de mi-youpine de MERDE !

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