Blog.

BLOG.

C’est un bon début pour un article. J’ai AUCUNE idée de quoi je vais te parler: non pas que je n’ai rien à confesser, loin s’en faut, mais plutôt me semblé-je rouillée après le silence qui a régné quelques temps en ces lieux. Et encore une fois, c’est pas que j’ai volontairement arrêté, c’est juste que j’y arrivais pas.

J’avais comme qui dirait égaré ma routine, mon mojo, mon fluide et ces autres métaphores sexuelles évoquant principalement la masturbation et par extension le bloguisme, qui est à la cordiale et nécessaire branlette ce que Lennie est à George dans Des Souris et des Hommes, un acolyte certes débile et inquiétant mais définitivement sympathique.

Peut-être que si je l’écris plein de fois ça va venir: blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog, blog.

Non.

Peut-être que si j’écris directement depuis la plateforme WordPress sans passer par mon traitement de texte, ça va créer un genre d’intimité de bon aloi et les mots vont alors fuser sur la page comme autant de coupables pollutions nocturnes.

Nope.

Bon. Quand ça veut pas…

En fait, je sais quand ça a commencé cette histoire de panne. C’était un jour d’octobre 2011 où j’avais pourtant rien demandé. Je regardais mes différentes boîtes mail de fille qui aime compartimenter son courrier, ce qui donne lieu plus souvent que désiré à des expressions perplexes et constipées décrivant mon grand désarroi quand d’aventure il m’arrive d’oublier le mot de passe de ma sixième boîte de réception. Un illustre inconnu m’y avait laissé un mail duquel s’échappaient les mots « projet » « émission » et « j’adore c’que vous faîtes ».

J’ai répondu un truc très nonchalant du genre « Mouais, j’sais pas. faut voir, quoi… C’est quoi le plan? »

Le plan c’était un projet d’émission et dans ce projet, il y avait des gens qui voulaient travailler avec moi. Moi non plus, je voyais pas bien pourquoi. Ils me l’ont dit: ça te dirait d’être chroniqueuse?

Euh…

Je sais pas…

GRAVE SA MERE.

J’ai fait comme si j’étais chroniqueuse, j’ai écrit une chronique. Et puis un jour ils m’ont dit: « Viens au Palais des Congrès, on va tourner un teaser avec tous les chroniqueurs. Ah et puis, pour le fun, tu feras la moitié de ta chronique un peu à poil.  » Moi quand tu me demandes de me mettre à poil, par principe je dis oui. MAIS quand je me suis retrouvée au maquillage et que la productrice m’a montré la minuscule pièce de tissu dans laquelle j’étais censée déclamer ma chronique, d’un seul coup j’ai eu douze ans et tous mes complexes. Non mais c’est pas grave, que je lui ai dit, sinon, je baisse juste un peu mon top on voit les épaules et ça sera marre, non? La productrice a opiné du chef pour pas me vexer. Jusqu’ici, j’étais à peu près à l’aise. Découverte d’une régie: c’est le BORDEL. Découverte du plateau, on va changer l’éclairage pour une ambiance plus hot. Ambiance plus hot qui s’est révélée être une variante sur le thème « je suis mineure et je suis pute dans un bordel de Bornéo ». Tout le monde est adorable, dans cinq minutes je serai une star du PAF et puis l’ingé-son m’a tendu une oreillette.

J’ai vomi un peu. Mais ça s’est pas vu parce que c’est reparti directement dans mon estomac.

Dans l’oreillette, j’entendais l’équipe en régie qui me disait que tout allait bien et que lorsque que j’entendrai « Quand tu veux. » bah je pourrai y aller.

Imagine une pièce de 30m², une lumière rose/rouge et des ombres en feuillage, un pupitre à la stabilité aléatoire et cinq hommes avec des caméras et d’autres trucs techniques, imagine une petite boule dure dans ton oreille avec une mini antenne qui dépasse et une voix qui te dit « Quand tu veux ».

Je me lance, sourire:

« Messieurs,

Vous êtes infidèles. Personne n’a envie de savoir que vous êtes un enfoiré de la pire espèce et surtout pas votre femme. Aussi, il me paraît judicieux, plutôt que de lui apporter un énième bouquet rachitique de chez Monceau Fleurs pour la Saint-Valentin, plutôt que de lui refiler une mst ou un fer à repasser, cette année offrez utile, offrez-lui l’assurance de ne jamais vous voir tel que vous êtes. »

Là, on coupe parce que le cadreur ricane.

On reprend, je la refais plusieurs fois. Quand vient l’heure nue, la productrice s’amène sur le plateau pour baisser ce que j’étais en train d’essayer de remonter parce que mine de rien, c’est moi ou on commence à VRAIMENT voir mes nibs?

Bref. C’était un bon projet. Les principaux intéressés ont tout fait pour le mener à bien et révolutionner le service publique avec une émission qui déchire du périnée. Dommage que ça ne suffise pas de faire du bon boulot. Comme beaucoup de projets de la sorte, de bons projets, même si chacun fait de son mieux, ça ne marche pas.

Tout ça pour dire qu’après cette expérience, je ne savais plus trop où j’en étais. J’en avais marre de foirer des trucs, donner le meilleur de soi-même et faire face à un échec. Je crois que je ne sais toujours pas où j’en suis. Surtout je ne sais plus ce que je suis. Je voudrais bien redevenir Vieux Félin qui tient un blog où elle raconte sa vie, un blog qui ne lui sert pas de vitrine pro, un blog qui servirait juste à ce qu’il servait avant: faire passer la pilule.

Voilà pour les nouvelles.

En lieu et place d’un article digne de ce nom avec un vrai sujet, un début et une fin et histoire de me remettre dans le bain, je vais juste lâcher des trucs au petit bonheur la chance.

Comme ce gif, qui m’interpelle particulièrement ces temps-ci:

Ou celui-ci, que je trouve étrangement beau:

Ou encore ça, ma passion coupable pour Pat Bateman:

Et les super héros:

Et quelques considérations au débotté pour la prochaine fois.

Et maybe Koh-Lanta.

Stay tuned.

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