Hier Pute m’a dit que j’étais l’illustration parfaite de la meuf qui n’en fout pas une rame. Sauf qu’il l’a pas dit  comme ça, il l’a dit avec ses mots à lui.

VF : Pute, va me chercher un coca steuplay…
P : Tu sais l’épisode des Simpsons dans lequel Homer dépense tout le budget de la ville en devenant Chef des éboueurs ?
VF : Quelqu’un d’autre peut pas le faire ?
P : Ouais.
VF : SO uncool. Allez, fais pas ta putain, va me chercher un coca steuplay.
P : Fuck you.

Je suis d’une paresse obèse. Je vis une liaison torride avec mon canapé et mon paquet de feuilles.
Je suis adepte du plus tard, je suis fan des siestes, je suis une fieffée branleuse.

Mais pourtant je déteste la vacuité et j’ai le mois de juin qui s’étire comme ça comme un chat devant moi. Tout le mois de juin à vivre avant un verdict important sur mon travail des dernières semaines. Moi qui ai cette nécessité, ce besoin impérieux de ne rien faire quelques heures par jour sous peine de me mettre à dépérir nerveusement, aujourd’hui je me demande comment meubler ces trente jours.

Je déteste le vide. Il faut toujours que je le remplisse : avec du sexe, avec de la bouffe, avec de l’alcool il y a longtemps, avec d’autres trucs aussi mais c’est terminé, avec des médicaments, avec le bruit de mes ongles sur un clavier.

Je crois que j’ai perdu mon goût de l’ennui. Je crois que j’ai maybe tué la branleuse en moi.

Hier, jour 1 : J’ouvre un œil. Deux constats simultanés : mes ulcères sont toujours dans la place et j’ai besoin de projets.

Je me dis que je devrais me remettre à mon roman mais quand je le relis, je l’aime moins qu’avant. J’ai changé depuis que je l’ai écrit et que je l’ai jamais terminé. Et puis, mon lecteur n’est plus là. Je relis les deux précédents romans jamais achevés. Le recueil de poèmes. Mes nouvelles érotiques et mes nouvelles drôles. Une fille m’a dit de me mettre à tout autre chose. Un nouveau texte. Laisser celui d’avant si il agonise depuis un an.

La première idée qui me vient à l’esprit c’est un serial killer qui se ferait passer pour un médecin social. Il irait d’IME en CAT pour faire des « petits vaccins » aux pensionnaires et il serait fou amoureux d’une éducatrice victime du syndrome de Münchhausen.

P : Mais c’est complètement nazi, ton truc, connasse !
VF : Ouais mais c’est drôle.
P : Ouais mais non.
VF : Attends, j’suis pas…
P : …
VF : Retire tout-de-suite c’que t’as dit !

Il a aucun goût en matière d’histoires, ce mec. Elle est au poil et le « Dr » Raymond Mulet est un personnage charismatique et très attachant.

J’essaie d’écrire l’histoire du Dr Raymond Mulet et de son éducatrice et de tous les petits innocents qu’il buterait.

Ça me prend quelques heures et Pute veut pas lire le résultat, attendu que Pute s’en fout intensément de ce que j’écris, je me dis qu’il doit bien y avoir un  truc qu’on partage quand même.

Ah ouais, les enfants.

Ensuite j’ai demandé à Pute de me décrire sa femme idéale.

P : Euh… Elle aurait un long nez tu vois, elle serait… gérante.
VF : Gérante de quoi ?
P : Bah attends, j’ai déjà trouvé gérante laisse-moi deux secondes de réflexion.
VF : Physique ?
P : 1m70/62kg, 95A.
VF : C’est impossible, tu veux dire 90C.
P : Non, non 95A.
VF : Pute, ma pâquerette, 95 c’est le tour de poitrine, c’est-à-dire la largeur du dos et A c’est la profondeur du bonnet. Ta femme idéale est culturiste ou alors elle glisse des demak’up dans son soutif avant de filer au bois de Boulogne.
P : Sérieux ? Bon sinon elle serait gérante d’une concession automobile.
VF : Niiiice.
P : Elle serait sympa. Elle  serait roots, un peu comme Prolo. Et toi ?
VF : Bah moi il serait très grand, un peu comme Prolo.
P : Salope.
VF : Il serait franco-iranien ou franco-libanais. Journaliste. Ou metteur en scène. Il aurait un énorme sexe et surtout, il serait blindé de pognon.
P : Pas comme Prolo. T’as remarqué comme on a pas du tout fini avec la bonne personne ?
VF : I know…
P : Tu m’aimes ?
VF : Bah ouais. Toi ?
P : Ouais.
VF : Tu vas me chercher un coca, steuplay ?
P : Fuck you.

Tout ça pour dire que j’ai soif et que je sais pas quoi faire de mon joli mois de juin.
Je crois que je vais commencer par me racheter un clavier.

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