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Papa,

Des nouvelles d’ici bas, à la va vite, pendant que Pute ronfle et pète comme un cocker cacochyme. Je pensais à toi hier soir, devant mon écran alors que les enfants chuchotaient dans le couloir.

C’est sorti de ma bouche à la vitesse du son mais ça semblait plus rapide,  » Pas de messes basses sans curé ». J’aurais juré que tu parlais par ma voix, le même ton reconnu pour avoir été entendu mille fois. La mémoire, les héritages.

Je vais bien.
C’est incroyable mais je vais bien.

Je crois qu’au milieu de cet été enrhumé, avec mes petits tout près de moi, j’ai fait la paix avec un peu de cette colère que je trimballe partout. Alors bien sûr je ne suis pas idiote, je sais bien que c’est temporaire mais je me vautre dans cette trêve avec délectation.

J’achète des fruits. Je cuisine. Je plie. Je range. Je jette. Je trie. J’écris, je me marre et j’ai envie de pleurer tellement ça soulage.

Comme toujours, j’ai pas un kopek mais je m’en fous. Je n’ai besoin de rien. Je suis contente.
Je n’ai pas peur de l’avenir, de mon compte en banque, d’avoir trente et un an, qu’on me dise merde, d’être une mauvaise mère, que les choses ne soient pas telles que je les veux.

Combien de temps ça va durer? Est-ce que le bonheur va se barrer quand il se rendra compte que je l’observe, ébahie et benoite?

Pour cette nuit au moins et sûrement la prochaine, je vais bien.

Bécots.

VF

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