Cher Vieux Félin,

Bravo pour ton blog, bravo pour tout, bravo la vie, voilà, voilà.
Je t’écris parce que, comment dire, je me galère.
Je suis étudiante infirmière, et actuellement en stage. Ambiance pourrie de gonzesses, jalousie, hiérarchie qui pourrait faire pisser au froc un légionnaire, cancans, ragots etc. jusque là : normal.
-MAIS- il y a une putain de petite pute de sa race, qui se trouve être celle qui m’encadre, qui s’évertue all the fucking day à mes les péter. Entre opposition passive, sales réflexions de merde, gros taquet dès que je fais un truc, le but du jeu est de me faire chialer dans les toilettes (ce qui n’arrivera pas, je ne suis pas une tarlouze). Alors je serre les dents, les fesses et tout ce qui est serrable pour ne pas lui mettre une tête comme ça ! Jusque là, je gère. Je suis toujours agréable, serviable, I.R.R.E.P.R.O.C.H.A.B.L.E. Mais bordel, je sais que c’est elle qui fera mon appréciation, et ça me semble bien parti pour être daubé du cul ! (je suis certaine que ça a l’air d’être un détail, mais je te jure que c’est au moins aussi grave que la faim dans le monde, la double anale, et le papier autour des petits suisses que, putain depuis le temps, quelqu’un a bien du leur dire que c’était pas pratique !)
Bien consciente qu’une excision à coup de tiroir compromettrait mes chances d’accéder au diplôme, je suis à court d’idée et me trouve au fond du boule de l’impasse.
As-tu une solution, un conseil, du fric à me prêter pour que je lui fasse casser les genoux ?
Merci d’avance.

Ninjaja

Chère Ninjaja,

Tu comprendras aisément que si j’avais du fric à filer, ma première action irait en faveur de l’industrie du tabac et je me réjouirais plutôt de claquer 650€ dans 10 cartouches de tiges que d’aller faire péter les genoux d’une malheureuse infirmière que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, 650€ étant le budget moyen à envisager pour l’intervention du ferrailleur psychotique qui vit caché près des poulaillers dans l’entreprise de Pute. Aussi, quand je crèverai comme tout le monde d’un cancer de la gorge, je pense que j’aurai bien besoin d’une infirmière ainsi donc qui suis-je pour leur vouloir du mal ?

En REVANCHE et ce sera là ma contribution, aux vus de mes petits tracas quotidiens tels que la pluie, mes cheveux blancs, la récente et subite fin de mes droits auprès de la sécu, l’inflation des blondes donc, mon ratio merdique sur torrent411,  la façon de plus en plus obvious qu’a ma chargée de comptes de me piner jusqu’aux omoplates avec des agios carrément FONKYSTYLE, le Trésor Public qui semble vouloir me réduire à la prostitution et encore tout un tas de ces petites coupures au papier, superficielles mais extrêmement douloureuses, je me sens quand même concernée par ton problème de hiérarchie mal baisée.

La hiérarchie mal baisée est un problème strictement inhérent au fait de travailler dans quelque administration publique qu’elle soit. À qui du milieu hospitalier, à qui du social, à qui de l’urbanisme, à qui de la culture, à qui de l’enseignement, j’en passe, j’ai pas la journée. Parce que tu verras jamais quelqu’un de bien baisé faire chier le monde sadiquement, tu peux au moins être sûre que le bât blesse dans ses slips Miss Helen et que le soir, devant le miroir de son armoire à pharmacie, elle se trouve laide. Le problème vient du fait que ces administrations sont une source intarissable de frustrations pour qui y travaille. Là où on administre, l’individu est nié et si ton hydrocéphale t’en fait baver, c’est qu’elle en bave aussi.

Ça va mieux déjà, non ?

Là où ta situation s’avère délicate, c’est que tu es environ une sous-merde aux yeux de l’administration qui t’emploie temporairement et par extension, aux yeux de ta Némésis. Effectivement, quelle meilleure cible, toute trouvée emballée pesée, qu’une jeune stagiaire pleine d’idéaux sentant bon le neuf qui de toutes façons ne sera là que le temps de rendre son déjeuner après avoir fait la toilette de tous les vieux du service gériatrie ? J’extrapole peut-être mais c’est une bonne occasion de décharger des années et des années de frustrations, les stagiaires.  Tes chances d’échapper au syndrome de l’urinoir sont donc bien minces. Mais c’est le dur que tu as choisis.

Je te propose donc de joindre aux siennes toutes tes sales frustrations et d’ouvrir avec moi le Grand Livre du Go Fuck A Dog, You Stupid Tramp.

Nous apprenons ainsi que le Grand Livre du Go Fuck A Dog, You Stupid Tramp, que je traduirais par « Baise un Chien, Espèce de Traînée Hydrocéphale » repose sur le principe pilier de l’observation de l’adversaire.

Nous avons déjà vu que ta Némésis baisait mal ou pas et qu’elle ne s’aimait que modérément. C’est déjà un terrain sur lequel tu peux commencer à bâtir des hypothèses sur elle. Parce qu’il faut connaître ton adversaire pour bâtir de bonnes hypothèses, tu dois l’observer avec attention. Toutes les informations que tu pourras collecter sur elle serviront de composte à la pousse de vannes robustes et magnifiques. Des fleurs, ouais.

Ensuite tout dépend de ce que tu veux faire, l’important étant de toujours le faire devant témoins.

La confrontation frontale de front :

Attention cette méthode nécessite un aplomb et un sang-froid important. Les gens ont peur de la vérité et de l’honnêteté dans la parole tant nous sommes employés à mentir sur nous-même et aux autres à longueur de temps. C’est une bonne façon de lui déconseiller de recommencer.
Elle consiste, la prochaine fois qu’il y a une audience suffisante autour de vous au moment où elle te calotte, à calmement et surtout poliment mettre les points sur i et les clitoris sur la table. Tu peux alors faire la liste de tous tes griefs contre elle et ponctuer cette énumération sûrement fastidieuse d’une question ouverte « Dans quelle mesure le fait de m’humilier constamment vous apporte-t-il satisfaction ? ». L’important étant de parler suffisamment fort pour tout le monde en profite tout en la regardant droit dans les yeux. Cette méthode perd tout attrait si l’on fond en larmes subitement ou si ça se produit sans témoin. On perd en crédibilité si on accompagne cette question d’un « grosse pute » ou « je vais te piquer, sale truie ».

Les p’tits trucs de vraie pute de la vie de tous les jours:

Tu peux aussi très bien prendre exactement les mêmes armes que les siennes et passer le temps qu’il te reste à faire de sa vie un enfer hospitalier pavé de bonnes intentions. Les mamelles de cet enfer étant fourberie et obséquiosité, et le lait les fleurs de vannes que tu auras pris soin de faire pousser sur ton temps libre, retournant chacune des informations récoltées sur ton adversaire contre elle, avec une infinie bonté. Exemples :

–          Lui proposer très régulièrement des chewing-gums à elle seule et sans jamais en prendre toi-même.

–          Lui offrir un exemplaire d’Aime-toi, le ciel t’aimera, ou un titre de Cyrulnik tels que Le Vilain Petit Canard ou Un merveilleux malheur.

–          Toujours lui proposer de s’asseoir dès qu’elle entre dans une pièce.

–          Lui proposer régulièrement des lingettes rafraîchissantes spéciales Zone T ou un brumisateur.

–          Lui demander comment ça va ce matin lui frottant le dos ou l’épaule.

–          Lui proposer de lui apprendre à se coiffer.

–          Tous les jours dès 10h40, s’inquiéter régulièrement du déjeuner et de son appétit « ça va, tu tiens le coup, t’as pas trop faim ? »

–          L’éventer avec une feuille de bananier.

–          Lui conseiller de prendre du magnésium.

–          Lui faire des pâtes de fruits maison.

–          Lui dire régulièrement combien tu l’admires « compte tenu des circonstances ».

–          La prévenir chaque matin trois jours avant, à chaque diffusion de Belle Toute Nue.

–          Prendre sa défense : « Moi aussi si j’étais à ta place je serais frustrée ».

–          Ponctuer chaque salut de fin de journée d’un « Bon courage ».

« La boue est faite de nos Fleurs.
Bleues, je le sais. Mais encore ? »

Choisis tes armes.

Amicalement,

VF

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