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Comme tu peux le constater, j’ai pas grand chose à raconter ces derniers temps étant trop ego-centrée pour parler d’autre chose que de moi-même, j’ai plongé dans un bain de silence – enfin non c’est pas vrai, si tu m’écoutes geindre, j’ai toujours des trucs à raconter, seulement as-tu réellement envie de lire que je conchie ma vie devenue sombre et amère et pleine de regrets poisses? Je ne peux pas écrire ça. Non. Chacun sa merde, après tout – parfois tu fermes ta gueule et c’est très bien pour tout le monde. Enfin tout le monde… Moi j’ai vachement souffert de ce coupage de chique.

Pour te dire la vérité anyway je pouvais pas écrire parce que formuler une pensée autre que suicidaire pour la coucher en .odt ne donnait vraiment rien de bon et même M6 ne voulait pas de ça, pour te dire… Ça m’a rendue fumasse et encore un peu plus suicidaire mais le bon côté des choses: c’est que je te l’ai épargné. Un genre de geste citoyen de bon aloi…

You are very welcome.

Tu peux pas passer ta vie à raconter que t’aimes pas ta vie, ça aussi c’est complètement con. Si ça va pas, tu changes de vie. Plan B: tu fermes ta gueule.
Voilà à peu de choses près pourquoi j’ai arrêté d’écrire.

Pourquoi tu recommences, demanderas-tu si tu lis toujours et je te remercie de me poser la question.
Parce que je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie profondément. Et puis tu me manques solide.

Et aussi j’ai une question.

Étant d’un masochisme assumé, j’en veux pour preuve l’introduction sus rédigée, je ne pouvais pas rester longtemps sans avoir près de moi un petit être indépendant m’apportant la certitude qu’il ne m’aimera jamais autant que je l’aime…
Là où la maternité a échoué, j’ai re-pris un chat.

Je l’ai adoptée sur Facebook vu que tu peux maintenant tout y faire sauf te marrer. Une amie blogueuse reconvertie en Brigitte Bardot l’avait accueillie ses frères et elle et comme ça n’arrive que trop peu en cas d’adoption, je me suis écriée : JE VEUX LA NOIRE, JE VEUX LA NOIRE, JE VEUX LA TOUTE NOIRE.

Un mois plus tard, je prenais 24h de congé exceptionnel pour aller la chercher chez ma pote en Bretagne. 24H de congé, c’était pas arrivé depuis la RDR #2013 alors je te raconte pas l’excitation.

Pour respecter son anonymat, nous l’appellerons Fauskouch. On s’est tout de suite bien entendues, Fauskouch et moi, des points communs à plus savoir qu’en foutre, tiens la captivité par exemple. Elle comblait mes besoins affectifs, je comblais ses besoins en kwiskas. Je l’ai même dressée à l’attaque avant de me rendre compte que j’avais vraiment que des idées à la con et que la maîtresse de Culculine ne me soupçonne d’automutilation. Enfin, un être à insulter à loisir, à susurrer de doux « connasse » à l’oreille pendant qu’elle me déchiquette le bras. Bref, j’aime mon chat. Avec ses qualités : championne ès galipettes avant, nurse attentive au bien-être des enfants et ce même si c’est loin d’être réciproque, douce et belle, comme sa maîtresse. Et je l’aime aussi pour ses défaut : comme son haleine de pigeon, sa façon maladive de me foutre son trou du cul sous le nez à la moindre occasion et surtout son agilité… comment dire sans être vexante… leste as un baobab. Là aussi, un peu comme sa maîtresse.

Fauskouch, ça sort pas de la cuisse de Jupiter et ça sent pas la patte sûre, ça sent l’usine russe.

Souvent, je la regarde se casser la gueule ou s’exploser le crâne en loupant la table basse, je me demande qui sont ses ancêtres et comment ils ont survécu pour que ses gènes arrivent sur mon canapé en velours.

Ma nouvelle amie chat est donc une source de perpétuels questionnements, un peu comme mes enfants encore une fois mais les angoisses en moins et les insultes en plus.

Et celle qui me fait toucher le clavier ce soir n’a pas trouvé de réponse. Ma précédente amie chat bouffait mes mégots de clopes, j’ai ainsi appris que les chats sont les pires drogués de la Terre, celle-ci a une passion pour mon urine. Mais je ne sais pas pourquoi.

Elle me suit aux chiottes. Tous les chats font ça, tu vas me dire.

Non.  Tous les chats ne posent pas systématiment leur pastille au sol dès que leur maîtresse pose culotte et quand ça arrive, tu sens en général un vague mépris dans le regard de l’animal, pas une paire d’yeux trempée d’amour et de fierté. Avec Fauskouch – quand j’urine – on dirait que je guéris le cancer. Avoue que ça perturbe.

Ferme la porte, tu vas me dire.

Là, elle se met à pousser des « Miiiiiii… » de plus en plus désespérés.

Tu t’en fous, tu vas me dire.

Là, elle ouvre la porte. Elle est peut-être un peu biglouche mais elle n’est pas non plus complètement abrutie. Enfin.

Enferme-toi, tu vas me dire.

Je peux pas mon verrou est vicieux, 9/10 j’arrive plus à sortir.

J’ai demandé à Google Pourquoi mon chat me regarde uriner mais il a pas su me dire.

Permets-moi d’émettre quelques hypothèses… ou mieux, donne-moi la réponse.

Maybe c’est une carence, mais en quoi? En sulfates?

Maybe elle cherche à comprendre ce que je fais là mais ça invaliderait l’hypothèse selon laquelle ce chat n’est pas débile.

Maybe c’est sa façon à elle de me montrer que je suis chef.

Maybe cette grosse dégueu aime mon urine.

Dans la nuit, comme tous les quart d’heure, ma vessie se rappelle à mon bon souvenir et je crois avoir été suffisamment rapide et prévoyante pour avoir le temps de m’enfermer aux chiottes avec un cruciforme et une pince plate.

En me retournant, j’ai vu Fauskouch, 6 mois dans sept jours, posée sur la chasse d’eau. J’ai pissé en l’injuriant et après m’être levée, c’est là qu’elle a fait un truc incroyable, c’est là qu’elle a fait cette chose incompréhensible: Fauskouch a plongé dans les gogues.

Pas le temps de m’écrier « AAAAH GROSSE DEGUEU » que paniquée, elle me saute dans les bras avant d’attaquer l’ascension de mon crâne. Je peux pas crier parce que si j’ouvre la bouche, je bois littéralement ma pisse.

Alors je tambourine à la porte des chiottes jusqu’à ce que Pute m’explique comment démonter le verrou.

VF: Je vais vomir, dégueu-dégueu-dégueu-DEGUEU.
Pute: Qu’est-ce qui se passe?
VF: Saloperie de chat, elle a plongé dans les TWALAYTES.
Pute: T’as du PQ sur l’épaule…
VF: Bleuargh…

Des quelques hypothèses et aventures ici relatées: je retiens plusieurs choses.

Le ridicule ne tue pas.
La loose reste mon matériel de prédilection et je me sens prête à embrasser cette condition.
L’urine tache.
Tu m’as manqué(e).

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